Sur la Prière aux étoiles de Marcel Pagnol
Dans le bonus du DVD de la Fille du puisatier on montre quelques rushes du film interrompu de Pagnol, la Prière aux étoiles. Il s’agit de scènes tournées à Paris – l’une avec Julien Carette en bonimenteur affrontant un de ses semblables en pleine rue devant la station de métro Porte de Saint-Cloud et plusieurs scènes au Luna Park de l’ami de Pagnol Léon Volterra, avec Pierre Blanchar et Josette Day. Dans l’une d’elles, on voit un fakir et un joueur de tambour présenter la voyante Madame Pédoska et inciter les spectateurs à se faire prédire l’avenir. Le fakir n’est autre que Pierre Dac qui se trouve donc encore à Paris en octobre 1941 (alors que ses biographies le disent réfugié à Toulouse) avant de fuir en novembre de la même année la France en raison de la persécution des Juifs ce qui l’amènera, via l’Espagne (où il est incarcéré une première fois, renvoyé en France, à Perpignan, puis une nouvelle fois en 1943 où il gagne le Portugal), à Alger puis Londres où il prendra la parole à la BBC à partir d’octobre 1943 dans l’émission « Ici Londres les Français parlent aux Français » où exerçait déjà l’acteur, critique et réalisateur Jacques B. Brunius et que rallia à son tour Germain Fried (Georges Frank), scénariste et réalisateur qui avait quitté la France en juin 1940. De Pierre Dac on connaît en particulier la réplique qu’il donna à Philippe Henriot en août 1944 qui avait mis en doute le patriotisme des Français libres de Londres.
Cette participation de Pierre Dac – qui semble anticiper le fameux spectacle qu’il conçut et interpréta avec Francis Blanche en 1957, le Sâr Rabindranath Duval – est restée inaperçue jusqu’ici.

