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11. Littérature
11.1. Littérature persane
11.1.1. Littérature persane classique
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Christine Van Ruymbeke. « Kashifi’s Forgotten Masterpiece : Why Rediscover the Anvār-i Suhaylī ? ». Iranian Studies, vol. 36, n° 4, (December 2003), pp. 571-588.

Justine Landau

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Vā⁽iẓ-i Kāšifī
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Texte intégral

1Au terme de sa vie, Ḥusayn Vā⁽-iẓ Kāšifī travaillait, parallèlement à son miroir des princes Aḫlāq-i Muḥsinī, à remanier le recueil de fables animalières de Kalīla wa Dimna pour en faire goûter la morale et la saveur à la cour de Sulṭān Ḥusayn Bāyqarā. Il l’intitula d’après son destinataire, l’émir Niẓām al-Dīn Amīr Šayḫ Aḥmad Suhaylī, Anvār-i Suhaylī (les lumières de Canope). L’A. retrace brièvement l’histoire des récritures successives de ces fables indiennes à partir de Ibn al-Muqaffā, avant d’examiner en détail la version de Kāšifī. Le Anvār-i Suhaylī, très prisé en son temps et source de traductions turques et indiennes ultérieures, fut néanmoins largement déprécié par les orientalistes du siècle dernier au regard des versions persanes anciennes, prétendues plus sobres. L’A. en propose une relecture en le confrontant à sa source immédiate, la version en prose persane de Abū’l-Ma⁽ālī Naṣr Allāh Munšī. Anvār-i Suhaylī apparaît ici comme un épisode majeur de l’histoire de la réception de ces fables édifiantes, à mesure que l’A. démonte les critiques qui lui furent adressées par ses détracteurs, en trois temps. Commentant la préface de l’ouvrage, Christine Van Ruymbeke propose une nouvelle interprétation du projet formulé par Kāšifī, jusqu’alors mal compris, en termes d’adaptation au style prisé par le public de son temps. S’attachant ensuite à l’examen de la composition de l’ouvrage, et enfin à son style, l’A. met en évidence le travail d’amplification et d’explicitation des apologues entrepris par Kāšifī. L’analyse d’un échantillon de trois histoires illustre les procédés employés pour mettre les fables au goût du jour et intégrer les fondements d’une éthique rationaliste comparable à celle du Aḫlāq-i Muḥsinī. Quant au style orné dont on a pu faire le reproche à Kāšifī, l’A. montre qu’il s’agit d’un trait d’époque, au même titre que l’insertion de vers persans dans la prose. Ironique destin en vérité que celui du Anvār-i Suhaylī : l’ouvrage fut utilisé comme manuel d’enseignement du persan par ceux-là même qui le jugeaient le plus défavorablement, et dans les séminaires de l’East-India Company britannique. On peut juger avec l’A. qu’il mérite du moins d’être reconsidéré.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Justine Landau, « Christine Van Ruymbeke. « Kashifi’s Forgotten Masterpiece : Why Rediscover the Anvār-i Suhaylī ? ». Iranian Studies, vol. 36, n° 4, (December 2003), pp. 571-588. »Abstracta Iranica [En ligne], Volume 26 | 2005, document 394, mis en ligne le 07 décembre 2005, consulté le 14 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/abstractairanica/2155 ; DOI : https://doi.org/10.4000/abstractairanica.2155

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Auteur

Justine Landau

Paris

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