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4. Histoire, Période Musulmane
4.2. Histoire du XVe au XIXe siècle
4.2.1. Safavides et Qâjârs
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Rudi Matthee. « The Safavid-Ottoman Frontier: Iraq-i ‘Arab as Seen by the Safavids ». International Journal of Turkish Studies, 9/1-2 (2003), pp. 157-173.

Maria Szuppe

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Texte intégral

1Article consacré au regard des historiographes safavides sur la région de l’Erāq-e ‘Arab où se situent les lieux saints du chiisme, religion officielle de la dynastie safavide. L’importance symbolique, religieuse, stratégique, et économique de la région dans le contexte particulier du conflit frontalier safavido-ottoman est-elle perçue par cette historiographie ? Si oui, comment l’est-elle et n’a-t-elle pas plutôt été forgée au cours du temps ? Dans ce conflit, les Safavides sont généralement en position de faiblesse, et ils ne tiennent la région que dans de courtes périodes au cours du 16e s., pour en perdre définitivement le contrôle au 17e s. L’effort que les Ottomans consentent à faire pour garder la région dans leurs frontières, alors que leurs intérêts militaires se concentrent surtout sur l’Anatolie et sur le flanc européen, réside principalement dans le fait qu’elle assure l’accès terrestre à Basra, le port ottoman dans le Golfe persique. R. Matthee suit l’évolution du regard safavide sur l’Erāq-e ‘Arab à travers les différents ouvrages historiques et géographiques, à partir d’un exemple très intéressant : comment sont décrites et, surtout, justifiées les campagnes safavides pour la (re-)prise de Bagdad. Il souligne ici un fait assez remarquable qui est le peu d’attention que reçoivent dans ces écrits les lieux saints tels que les Atabat, Najaf ou Kerbela, par rapport à Bagdad. Progressivement, les justifications politiques ou stratégiques des premiers temps s’effacent pour laisser plus de place aux éléments religieux, au fur et à mesure de la construction de la tradition safavide chiite et de la mise en place de la propagande royale safavide. Cependant, il apparaît aussi que, dans la mesure où la région n’est pas prioritaire stratégiquement (l’Anatolie et l’Azerbaydjan sont plus importants), ni économiquement (il existe des alternatives pour les routes commerciales vers la Méditerranée), les considérations de l’idéologie chiite ne suffisent pas en pratique à faire de la région une priorité de conquête. Ainsi, l’Erāq-e ‘Arab n’entre pas véritablement dans la « vision safavide ».

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Pour citer cet article

Référence électronique

Maria Szuppe, « Rudi Matthee. « The Safavid-Ottoman Frontier: Iraq-i ‘Arab as Seen by the Safavids ». International Journal of Turkish Studies, 9/1-2 (2003), pp. 157-173. »Abstracta Iranica [En ligne], Volume 26 | 2005, document 235, mis en ligne le 08 décembre 2005, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/abstractairanica/2789 ; DOI : https://doi.org/10.4000/abstractairanica.2789

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Auteur

Maria Szuppe

CNRS - Paris

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Droits d’auteur

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