R. Rollinger. Continuity of Empire (?) Assyria, Media, Persia. Padova, S.a.r.g.o.n. Editrice e Libreria, 2003, XI-468 p., bibliographie, indices, 22 Pl. (History of the Ancient Near East / Monographs – V).
Texte intégral
1Un livre important qui fera date pour l’histoire du Proche-Orient au 1er mill. av. J.-C. et pour les méthodes de l’historien de l’antiquité (historiens des textes et des artefacts). Les éditeurs comme les contributeurs à l’ouvrage reconnaissent le rôle pionnier joué par Heleen Sancisi-Weerdenburg qui, dans un premier article déjà en 1988, posait la question « Was there ever a Median Empire ? ». Le point d’interrogation du titre du livre concerne à la fois «continuity » et « empire », tandis que la séquence du sous-titre renvoie en fait essentiellement à la Médie, l’objet du débat. Ce qui est en question, et parfois sérieusement mis en doute, c’est la réalité de la Médie, en tant qu’empire, peuple, territoire et extension de celui-ci, notre vision étant encore très largement conditionnée par Hérodote.
2Le rôle des Mèdes dans les affaires orientales entre 610 et 550, analysé dans les textes (tous extérieurs à la Médie qui n’en a encore fourni aucun), sera donc interprété selon la réponse que l’on donne à ces questions et la critique faite sur ces textes. Les sources primaires les concernant n’ont guère augmenté ces dernières décennies, puisque seules des données archéologiques autour de Hamadan leur sont attribuées ; en revanche, la réévaluation et la critique des sources assyriennes, néo-babyloniennes, quelques unes élamites, et achéménides – sources qui sont respectivement antérieures, contemporaines et postérieures – permettent, non pas de résoudre l’énigme mède, mais de poser les bonnes questions. Les acquis de ce colloque sont donc moins des données nouvelles que des interprétations nouvelles, la clarification de certains points et une meilleure hiérarchisation des sources et leur mise en perspective. Comme presque toutes les contributions apportent une pierre à l’édifice, la plupart fait l’objet d’un compte-rendu ici (cf. c.r. n° 91, 99, 102, 103, 108, 112, 114, 116, 119, 124, 125, 126, 127, 129, 130, 131, 132, 137, 140, 142). Il arrive qu’il y ait un désaccord réel entre deux études, mais il est bon de confronter les points de vue, avec l’argumentation propre à chaque série de sources. On observe cependant que les contributions d’archéologues, moins nombreuses que celles des historiens de textes, sont aussi moins productives : 1) les données au demeurant peu nombreuses, sont déjà publiées ; 2) plusieurs articles ne s’interrogent pas réellement sur l’existence de « l’empire mède » ; 3) et, en aucun cas, les données de l’archéologie ne peuvent à elles seules définir clairement une ethnie.
3Il faut lire d’abord l’Afterword des éditeurs qui exprime l’historique du projet, les interrogations qui l’ont suscité, puis ont déterminé la méthode appliquée au colloque, ainsi que le choix des intervenants, historiens, philologues, archéologues. On aurait aimé que cette postface résume aussi les acquis importants de la réunion, mais les éditeurs ont choisi plus modestement de faire de ce livre un nouveau départ, tant au plan de la méthodologie qu’à celui de nouvelles pistes de recherche.
Pour citer cet article
Référence électronique
Rémy Boucharlat, « R. Rollinger. Continuity of Empire (?) Assyria, Media, Persia. Padova, S.a.r.g.o.n. Editrice e Libreria, 2003, XI-468 p., bibliographie, indices, 22 Pl. (History of the Ancient Near East / Monographs – V). », Abstracta Iranica [En ligne], Volume 26 | 2005, document 117, mis en ligne le 08 décembre 2005, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/abstractairanica/3356 ; DOI : https://doi.org/10.4000/abstractairanica.3356
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