Domenico Agostini. “Half-human and monstrous races in Zoroastrian tradition”
Domenico Agostini. “Half-human and monstrous races in Zoroastrian tradition”. Journal of the American Oriental Society 139(4), 2019, p.805–817, (Online PDF Version)
Texte intégral
1En replaçant les sources zoroastriennes tardives dans le contexte d’une chaîne de transmission de légendes probablement issues du monde achéménide, l’A. analyse l’ultime développement de la présence des êtres mi-hommes, mi-monstres aux confins des climats du monde. Il propose la comparaison de leurs descriptions dans trois sources moyen-perse, le Draxt ī āsūrīg (l’arbre assyrien), le Bundahišn (première création) et l’Ayādgār ī Jāmāspīg (le mémorial de Jāmāsp), et une source persane, le Šāhnāme. Les peuples de nains, d’« yeux sur la poitrine » et d’hommes à tête de chien se trouvent au-delà des frontières de l’Inde dans la littérature pehlevie comme dans les sources grecques, romaines ainsi que celles des chrétiens nestoriens et éthiopiens. La présence de ces êtres monstrueux dans les sources grecques précédant les versions moyen-perses précitées montre que ces dernières sont les héritières de ces histoires grecques, probablement transmises à l’époque achéménide par des savants présents à la cour perse comme Ctésias et Mégasthènes.
2Quant aux 25 races d’humains décrites dans le Bundahišn - parmi lesquelles se trouvent des nains des forêts munis d’une queue et dont le corps est recouvert de fourrure comme un ours, les hommes ailés ou aquatiques, elles sont géographiquement dispersées parmi les 6 continents comme c’est le cas dans le chapitre 8 du Denkārd qui dit se faire l’écho du Čihr-dād nask de l’avestique perdu. La liste de ces êtres merveilleux telle qu’elle est préservée dans les fragments manichéens sogdiens et moyen-perse suggère également l’origine antique de ces représentations dans le monde iranien et introduit une variante notable par rapport aux modèles classiques, donnant à ces entités une représentation plus proche des divinités indiennes et bouddhiques. Des individus à tête de chien, de taureau ou d’âne se distinguent particulièrement.
3Les êtres merveilleux décrits dans l’Ayādgār ī Jāmāspīg et dans le Šahnāme sont quant à eux plus menaçants et s’inscrivent dans une lutte sociale qui rappelle leur position dans la version syriaque et moyen-perse du roman d’Alexandre et passent définitivement, les nains parfois exceptés, dans le camp des suppôts d’Ahriman.
4Cette analyse des sources littéraires tardo-antique permet alors à l’auteur de démontrer les origines géographiquement distinctives de ces représentations merveilleuses entre celles qui sont décrites dans les textes classiques grecs, latins et syriaques et celles des textes manichéens sogdiens et moyen-perses.
Pour citer cet article
Référence électronique
Florence Somer, « Domenico Agostini. “Half-human and monstrous races in Zoroastrian tradition” », Abstracta Iranica [En ligne], Volume 42-43 | 2021, document 4, mis en ligne le 30 décembre 2021, consulté le 11 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/abstractairanica/54012 ; DOI : https://doi.org/10.4000/abstractairanica.54012
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