Navigation – Plan du site

AccueilAbstracta IranicaVolume 453. Histoire, Art et Archéologie, ...3.2. Ouest de l’Iran3.2.2. Pré-Achéménides et Achémén...Daniel T. Potts. Aspects of Kinsh...

3. Histoire, Art et Archéologie, Période pré-Islamique
3.2. Ouest de l’Iran
3.2.2. Pré-Achéménides et Achéménides
26

Daniel T. Potts. Aspects of Kinship in Ancient Iran, Iran and the Ancient World

Anahita Zabeti
Référence(s) :

Daniel T. Potts. Aspects of Kinship in Ancient Iran, Iran and the Ancient World. Los Angeles: University of California Press, 2023, 130p. (Iran in the ancient world; 1).

Texte intégral

1Ce livre est le premier volume de la nouvelle série Iran and the Ancient World, qui vise à soutenir et à diffuser des recherches sur l’histoire, les traditions littéraires, la culture matérielle et les religions de l’Iran antique. La série tente à mettre en avant l’interconnexion du monde iranien avec d’autres étendues culturelles contiguës, en favorisant des perspectives comparatives et interdisciplinaires sur des questions d’une grande importance pour les sciences humaines et sociales. Ce livre met en lumière l’importance cruciale des réseaux de parenté comme un élément structurant dans l’Iran ancien. En utilisant une approche interdisciplinaire, combinant l’archéologie, l’anthropologie sociale et l’histoire, il offre vraisemblablement une vision novatrice et complète sur un sujet décisif pour comprendre divers aspects des systèmes de parenté de la préhistoire aux époques élamite, achéménide et sassanide. Ses cinq chapitres représentent des versions révisées des conférences données à l’Université de Californie en mars 2020 dans le cadre de la série de conférences biennales Ehsan Yarshater sous les auspices du Centre Pourdavoud pour l’étude du monde iranien.

2Le premier chapitre introduit le concept central de la parenté comme un principe fondamental dans l’organisation des sociétés anciennes, en particulier en Iran, comparé à la centralité de l'économie dans les sociétés occidentales modernes. Il défend l'idée que les relations sociales et politiques de l'Iran ancien étaient fortement influencées par les liens familiaux. Ce chapitre introduit également des concepts anthropologiques essentiels comme la distinction entre la filiation (les liens directs entre les générations) et la descendance (l’organisation des lignées), en soulignant leurs implications dans l'histoire iranienne.

3Le deuxième chapitre examine les preuves matérielles de la parenté à travers l’analyse des poteries. Les modèles de résidence (patrilocale ou matrilocale) et les pratiques d’exogamie sont étudiés pour reconstruire les structures sociales. Potts suggère que la diversité stylistique dans la poterie pourrait refléter des pratiques d’exogamie, où les femmes ou les hommes migraient vers les communautés de leurs conjoints.

4Dans le chapitre suivant, l’auteur discute des obstacles rencontrés dans l’analyse des structures familiales élamites. Il traite notamment la filiation, les systèmes régissant la descendance, des coutumes particulières telles que le lévirat (la tradition du mariage avec la veuve d’un frère), l’avunculat (le rôle prépondérant de l’oncle maternel), et la position privilégiée du fils de la sœur. Ces éléments révèlent une organisation sociale à la fois singulière et élaborée dans la société élamite. La rareté des documents et des sources écrites de l’époque élamite constitue sur cette thématique un défi majeur entravant une compréhension approfondie de ces dynamiques familiales complexes.

5Le quatrième chapitre explore la parenté et les pratiques matrimoniales de la dynastie achéménide. Il met l’accent sur le mariage préférentiel et les unions entre les membres de la famille proche, une pratique qui pourrait être perçue comme incestueuse par certains. L’étude se penche sur l’arbre généalogique de la famille royale, utilisé comme un outil pour légitimer les droits à la succession et l’accès au trône. Le rôle crucial des femmes en tant que médiatrices dans la formation d’alliances entre les différentes lignées dynastiques est mis en évidence.

6Dans le dernier chapitre, l’auteur aborde les caractéristiques féodales de l’Iran ancien, en se concentrant sur les tamgas, les emblèmes symboliques associés à l’aristocratie et à l’autorité. Il démontre comment ces symboles servaient à établir des rangs sociaux et des relations de suzeraineté, en soulignant les liens entre la parenté et le pouvoir.

7Cette contribution remarquable à l’histoire de l’Iran ancien nous permet de constater l’impact de relations familiales dans les sphères politiques et les structures de pouvoir et d’autorité, le rôle de la parenté dans la vie économique et religieuse et l’évolution des liens de parenté au fil du temps. La méthodologie appliquée, qui combine les perspectives historique et comparative, illustre comment ces agencements sociaux s’inscrivaient dans un cadre plus large, partagés par diverses communautés. Cet ouvrage, en outre, préconise une utilisation plus poussée des concepts anthropologiques dans l’étude des civilisations antiques.

Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Anahita Zabeti, « Daniel T. Potts. Aspects of Kinship in Ancient Iran, Iran and the Ancient World »Abstracta Iranica [En ligne], Volume 45 | 2023, document 26, mis en ligne le 30 juin 2025, consulté le 08 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/abstractairanica/57055 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14ark

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search