Sāsān Fāṭemī. Mūsīqī va zendegī-ye mūsīqāyī dar Māzandarān : mas’ale-ye taġyirāt. Tehrān, Māhūr, 2002, 184 p., transcriptions musicales, cartes, tableaux. [La musique et la vie musicale du Mâzandarân : le problème du changement]
Texte intégral
1Cette étude de la musique d’une des régions littorales de la mer Caspienne comporte trois chapitres intitulés respectivement « généralités », « les aspects techniques et la vie musicale » et « les changements ». Trois annexes à la fin du livre regroupent les transcriptions musicales, les vers, des cartes et des tableaux.
2Dans l’introduction, l’A. présente un bref aperçu historique, géographique, linguistique, ethnique et économique de la région à travers lequel il souligne la remarquable résistance de la région face aux assauts des grands conquérants et aux musiques des ethnies ayant émigré dans la région presque tout au long de son histoire. La richesse de l’agriculture est une des causes de la faiblesse de l’urbanisation de la région et donc de la préservation des traditions rurales.
3Le premier chapitre présente presque tout le répertoire de la musique du Māzandarān, en une classification croisée des genres musicaux prenant simultanément en compte les critères musicaux et les critères concernant les circonstances de l’exécution musicale. Se focalisant sur une partie du répertoire des chants couramment chantés de Kordkū’ī à Nūr, l’A. fait dans ce chapitre la présentation générale des plus importants d’entre eux, comme Amīrī, Katūlī, Najmā, Ṣanam, etc.
4Le deuxième chapitre est une étude détaillée des caractéristiques poétiques et musicales des chants, et en particulier du rapport parole-musique et ses particularités. Le déroulement des fêtes de mariage et la place qu’occupent différentes musiques en ces circonstances sont décrits à la fin de ce chapitre qui s’achève par une réflexion sur le dynamisme des chants, leurs degrés de complexité et leurs conditions d’écoute. Les genres légers sont plus dynamiques et moins sophistiqués que les autres, ont pour auditeurs plutôt les jeunes et pour contenu poétique les thèmes de la vie quotidienne. Les genres sérieux, moins dynamiques et plus sophistiqués, sont appréciés plutôt par les personnes âgées, abordent des sujets légendaires et ont tendance à sublimer le thème de l’amour.
5Le troisième chapitre analyse les changements qu’ont subi la musique et la vie musicale de la région pendant deux périodes différentes, avant et après la révolution islamique, périodes que l’A. identifie respectivement comme celle de la médiatisation et de la commercialisation de la musique, et celle de l’intellectualisation. Selon lui, ces deux politiques culturelles opposées ont eu des impacts différents sur l’évolution des deux parties principales du répertoire mâzandarânais : la première a favorisé les genres légers en les intégrant aux corpus de la variété urbaine et la deuxième a revivifié les genres sérieux tout en appauvrissant le corpus des genres opposés.
6L’ouvrage est la traduction du mémoire de maîtrise du même titre soutenu par l’A. à l’Université de Paris X, Nanterre, en 1997. Il a été nommé « meilleure recherche de l’année 2002 en musique » par le Ministère de la Culture iranienne.
Pour citer cet article
Référence électronique
Rédaction, « Sāsān Fāṭemī. Mūsīqī va zendegī-ye mūsīqāyī dar Māzandarān : mas’ale-ye taġyirāt. Tehrān, Māhūr, 2002, 184 p., transcriptions musicales, cartes, tableaux. [La musique et la vie musicale du Mâzandarân : le problème du changement] », Abstracta Iranica [En ligne], Volume 26 | 2005, document 475, mis en ligne le 18 novembre 2005, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/abstractairanica/730 ; DOI : https://doi.org/10.4000/abstractairanica.730
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