Hanry A., Ge T., Gueriteau A., Marembert F., Souquet-Leroy I., VigIer S. 2017 : Maouhum et Bidalot, rapport de diagnostic, Inrap GSO, 378 p.
Haut-Mauco – Technopole Agrolandes
Entrées d’index
Année de l'opération :
2018Numéro d’opération :
027530Chronologie :
Préhistoire, Paléolithique, Paléolithique moyen, Paléolithique supérieur, Néolithique, Protohistoire, âge du Bronze, Bronze moyen, âge du Fer, Premier âge du Fer, époque moderne, époque contemporaineNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Cette opération de fouille est située sur la commune de Haut-Mauco à environ 5 km au sud de Mont-de-Marsan. Plus précisément, elle est localisée en bordure ouest de la route départementale 2 x 2 voies D933s menant à Saint-Sever, au lieux-dits « Maouhum » et « Bidalot ».
2Elle fait suite au diagnostic archéologique qui avait permis le repérage de plusieurs occupations humaines allant de la Préhistoire ancienne à l’Époque Moderne dans ce secteur du Marsan (Hanry et al. 2017). Pour la Préhistoire, les vestiges sont représentés par un niveau d’occupation du Paléolithique moyen caractérisé essentiellement par la présence d’une industrie sur galets en quartzite, d’une part, et par plusieurs locus d’occupation du Paléolithique supérieur représentés principalement par de l’outillage en silex d’autre part. Concernant la Protohistoire, quelques structures et niveaux de vestiges mobiliers céramiques et lithiques intéressent les âges du Bronze, notamment l’âge du Bronze moyen ; trois incinérations et quelques épandages de mobilier se rapportent au premier âge du Fer. Enfin, les périodes modernes et contemporaines sont représentées par des structures fossoyées.
3Cette fouille s’inscrit dans le cadre du projet d’aménagement d’une technopole agroalimentaire intitulée « Technopole Agrolandes » couvrant une superficie d’environ 20 ha. Ce projet a été décidé par la Société d’aménagement des territoires et d’équipement des Landes (Satel), une société d’économie mixte réalisant divers aménagements pour le compte des Collectivités. A l’issue du diagnostic de 2017, le service régional de l’archéologie a prescrit un arrêté de fouille portant principalement sur les occupations paléolithiques et protohistoriques du site, soit une emprise de 74 000 m2 répartie en trois sous-ensembles (emprises 1, 2 et 3). L’emprise 1 (1 000 m2) concerne le Paléolithique supérieur, l’emprise 2 (2 500 m2) le Paléolithique moyen, l’emprise 3 (environ 70 000 m2) la Protohistoire et l’Époque Moderne/contemporaine.
4L’opération de fouille a mobilisé des moyens logistiques et humains importants durant près de 8 mois.
5Pour la Préhistoire ancienne, la fouille a permis d’étudier des niveaux d’occupation ayant été peu affectés par les activités agricoles (emprises 2 et 1).
6L’emprise 2 a permis de tester significativement à l’aide de moyens mécaniques lourds (pelle 20 tonnes dotée d’un godet de terrassement à lame lisse) un site du Paléolithique moyen (Moustérien) qui s’est avéré vaste mais relativement perturbé sur le plan pédogénétique. Ce site s’inscrit dans la variabilité de ce qui est connu dans la région. L’assortiment et la quantité des outillages (notamment les racloirs) lui donne toutefois une certaine originalité dont la portée sera évaluée par les études tracéologiques et technologiques. La séquence stratigraphique, décrite par l’étude géologique, fera quant à elle l’objet d’une série de datation par la méthode OSL ; le but étant la constitution d’un cadre chronologique régional fiable.
7L’emprise 1, qui a fait l’objet d’une fouille manuelle fine, contenait les restes de deux ateliers de taille du silex remontant au Paléolithique supérieur. Ces deux ateliers de taille sont contemporains, assez denses et bien préservés. Cette triple caractéristique permet de garantir l’intérêt d’une analyse spatiale, avec l’objectif de comprendre le statut de l’occupation. Les premières observations tendent à montrer que ce site est sans équivalent dans la région, notamment en raison de l’originalité de l’outillage (microlithes spécifiques, pièces esquillées et meules) et des matériaux employés (silex non locaux). Les analyses tracéologiques seront cruciales pour déterminer les activités qui ont été menées sur place, les études paléoenvironnementales permettront d’expliquer le choix du lieu, les analyses pétrographiques donneront une indication sur le territoire de ces Hommes, et les analyses technologiques de la taille du silex diront à quelle période du Paléolithique supérieur se situe cet événement.
8Pour la Protohistoire, nos recherches ont permis la mise au jour de nombreux vestiges mobiliers céramiques et lithiques apparus le plus souvent sous la forme d’épandages ou de manière isolée. Les niveaux archéologiques relevant de la Protohistoire se développent globalement entre 0,30 m et 0,50 m de profondeur. Ils ont été durement affectés par les activités culturales récentes comme anciennes. Seuls quelques niveaux d’occupations et structures en creux préservés ont pu faire l’objet d’une fouille fine, notamment pour la période des âges du Bronze. A l’échelle du site, quelques concentrations de mobiliers protohistoriques pourraient suggérer la présence d’anciennes unités domestiques dont l’analyse spatiale s’attachera à tenter de restituer les limites. Il faut souligner également la mise au jour de quelques sépultures à incinération datant de la première moitié du premier âge du Fer bien que ces dernières aient été fortement dégradées par les travaux agraires.
9Le contexte pédosédimentaire du site, un luvisol sablonneux acide et bioturbé, permet difficilement le repérage des remplissages sédimentaires comblant les structures en creux, notamment celles qui sont antérieures aux périodes historiques. En effet, c’est principalement à partir de l’observation des concentrations de mobiliers (céramiques et lithiques) ou celles de matériaux (éléments lithiques, résidus de charbons de bois) ou bien encore à partir d’observations à caractère taphonomique que l’identification de ces structures en creux a pu être rendue possible au niveau des horizons sédimentaires superficiels. Au niveau de l’horizon B, quelques ensembles sédimentaires, dont la coloration semble évoquer la présence de structures en creux, se démarquent, toutefois ces dernières sont généralement exemptes de mobiliers et s’apparenteraient davantage à des chablis plutôt qu’à des fosses.
10Sur le plan analytique, certaines études paléoenvironnementales, initialement envisagées dans le cadre de cette fouille, ne pourront être entreprises raisonnablement étant donné le risque très élevé de pollution per descensum. Les premiers tests effectués dans le cadre d’une analyse carpologique se sont d’ailleurs avérés être particulièrement défavorables à leur réalisation. Il serait donc bien incertain voire aberrant de lancer des recherches dans ce domaine, a fortiori dans le cadre d’une analyse palynologique, par exemple. En revanche, les analyses radiocarbones et anthracologiques apporteront certainement des informations intéressantes, sans compter celles qui porteront sur le mobilier et les sédiments.
11Enfin pour les périodes modernes et contemporaines, il faut noter la mise au jour de diverses structures en creux (fossés, fosses) témoignant de la présence de formes d’exploitation agropastorales qui se sont développées en marge de l’itinéraire Mont-de-Marsan/Saint-Sever. Une étude documentaire portera sur ce secteur.
12La phase étude de cette opération de fouille est actuellement en cours, et même si l’état de conservation des vestiges immobiliers du site s’avère être relativement médiocre et lacunaire à l’issue de nos recherches de terrain, les analyses et les résultats finaux de cette opération, notamment pour la Préhistoire, contribueront sans aucun doute à une meilleure connaissance des populations anciennes du Marsan.
Pour citer cet article
Référence électronique
Jean-François Chopin, Christophe Fourloubey, « Haut-Mauco – Technopole Agrolandes » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 29 août 2021, consulté le 11 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/102124
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