Plan
Haut de pageNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Centre d’études et de recherches archéologiques (CERA)
Texte intégral
1L’habitation-sucrerie de Dizac est située au sud de la ravine Dizac, à flanc de morne, à 3 km environ du bourg du Diamant, à côté de la RD 57, dite de Petite Anse. Appelée autrefois habitation « Plage du Diamant », elle fut exploitée dès la fin du xviie s. et changea plusieurs fois de propriétaire : en 1745 habitation Gadie-Beuze, en 1816 habitation Latournelle, avant d’appartenir aux Dizac en 1850. Elle fonctionna comme raffinerie et distillerie jusque vers le début du xxe s., puis comme distillerie uniquement, en produisant un excellent rhum agricole, jusqu’aux années 1940, avant d’être transportée à Trois-Rivières.
Résultats des fouilles du sauvetage urgent d’avril 1992
2Durant le mois d’avril, du fait d’aménagements prévus par les propriétaires, des fouilles ont été faites sur la structure C de l’usine-sucrerie, structure que nous n’avions pu déterminer lors de nos précédentes investigations de surface. Ceci a permis de retrouver, d’identifier et de dater tout un système de fonctionnement de cette usine.
Le système de chauffe de 1816 à 1886
3L’équipage actuellement dégagé daterait du début du xixe s. Orienté est-ouest, il était chauffé par un seul foyer qui se trouvait sur la grille de l’œuvage ouest. Comme pour la sucrerie de Crève-Cœur la bouche du foyer est perpendiculaire à l’axe de l’équipage. Les gaz et les fumées étaient aspirés par la cheminée ; en effet, selon le principe des « fours tunnels en ligne », la cheminée et le foyer se trouvent chacun à une extrémité de l’installation, avec un dénivelé, favorisant la circulation des gaz chauds et donc, du tirage.
La chaufferie (bâtiment E)
4Située en contrebas de la sucrerie, elle abritait deux grands foyers. D’après les dernières fouilles, nous pouvons conclure que ces deux foyers encore en place ne sont pas contemporains l’un de l’autre. Le grand foyer ouest est indiscutablement contemporain de l’équipage en cours de dégagement ; tandis que le foyer est, plus ancien, est sans rapport avec l’œuvage actuellement en place qui soutenait la chaudière appelée « la Grande ». Il doit donc être rattaché à un état antérieur de l’actuel équipage.
Les évents
5Contrairement à ceux que le Père Labat décrit et que l’or retrouve dans la sucrerie de Crève-Cœur au xviiie s., ces évents ne se situent pas sur le mur pignon dans la chaufferie, mais de l’autre côté de l’équipage sous le plancher de la sucrerie. On y accédait par une trappe pour le nettoyage et la vérification du système de chauffe, en cas de panne de l’équipage et du foyer. Ainsi, il n’était plus nécessaire de boucher ces évents lors du fonctionnement de la sucrerie.
Le conduit de fumée
6Entièrement construit en briques, il est long d’environ 5 m et curviligne. On y remarque une trappe d’obturation sans doute pour le réglage du tirage. Sur le sol du conduit nous avons dégagé un pavage de briques dont les dessins laissent supposer l’existence d’un état antérieur à ce système de chauffe.
La cheminée
7C’est la dernière étape du système de chauffe. Située au nord de l’équipage, elle est de plan carré de 2,60 m. de côté. Sa hauteur approximative compte tenu de l’épaisseur de sa base et de l’importance du tirage, devait dépasser les 6 m et avoisiner les 8 m.
Le second conduit de fumée
8Un second conduit de fumée rejoignait la cheminée. Il est actuellement obturé (côté nord) par un bouchon de maçonnerie en briques. Il implique l’existence d’un second équipage que nous situons provisoirement au sud contre le mur de la sucrerie. L’ouverture de communication avec ce dernier est grossièrement aménagée à l’aide d’un fragment de chaudière en fonte, sur lequel repose une maçonnerie de briques.
9Il se peut donc que nous ayons là les deux équipages mentionnés dans les archives historiques de 1816. Ils auraient pu fonctionner simultanément puis l’un d’eux (l’équipage est) aurait été abandonné alors que l’autre (l’équipage ouest) aurait continué de fonctionner.
Table des illustrations
![]() |
|
|---|---|
| Titre | Fig. 1 – Fonctionnement de la sucrerie Dizac |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/105704/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 408k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Nathalie Vidal, « Le Diamant – Habitation-Sucrerie Dizac » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 14 septembre 2021, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/105704
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Haut de page



