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AccueilRégionsAuvergne-Rhône-Alpes201607 – ArdècheSoyons – Le Malpas

2016
07 – Ardèche

Soyons – Le Malpas

Fouille programmée (2016)
Responsable d’opération : Pierre Dutreuil

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Université Lumière Lyon 2

Dutreuil P. 2017 : Soyons, le Malpas, 2015-2016.

Texte intégral

ve-vie s.

1Le site semble avoir été complètement réorganisé et densément occupé aux ve-vie s., en écho à ce qui se passe en même temps dans la « ville-basse ». Des bâtiments en pierres sèches ou semi-excavé sont construits en plusieurs points de l’éperon. La fortification est peut-être toujours en fonctionnement. Sa conservation trop partielle ne permet pas d’y répondre avec certitude.

iiie s.

2Une occupation inattendue du iiie s. a pu être fouillée. Elle se présente sous la forme d’un espace de circulation, un lit de galets, qui se développe en arrière d’un rempart maçonné. Le rempart vient appuyer sa fondation sur la fortification protohistorique, dont il reprend le tracé. De plus, un abondant mobilier a été jeté dans la pente lors la phase de démolition du rempart, notamment un important lot céramique du iiie s. En plus de la céramique, de nombreux objets métalliques ont été découvert dans cette couche dépotoir, dont un petit dépôt en position secondaire comprenant un aureus de Tetricus I, deux petites figurines en bronze, et des monnaies du iiie s. II y avait également des projectiles en plomb, peut-être destinés à être lancé par un fustibale. Une plaque de toiture en plomb indique la présence de bâtiment public imposant sur le site. Des indices d’occupations du iiie s. sont également présents sur l’autre versant du plateau, malheureusement les structures découvertes ne consistent qu’en des lambeaux de sols dont il est difficile de tirer des conclusions sur la nature du site à cette époque.

La Tène finale

3La fouille a apporté la confirmation que le rempart hallstattien a été repris à La Tène finale. Il a été rehaussé et reconstruit en partie avec des blocs plus gros que ceux de l’état hallstattien. L’état laténien du rempart est conservé sur quelques assises du parement interne, contre lesquelles vient se caler un niveau de cailloutis très serré. Ce niveau est un espace de circulation en arrière du rempart, le seul indice pouvant indiquer la présence de bâtiment est un petit espace de 1 m par 1 m dépourvu de cailloutis le long de la coupe nord, et qui pourrait être le négatif d’un bâtiment léger. Un four à vocation culinaire fonctionnant avec ce sol a été découvert dans la partie est de la fouille. Ce four est en relation avec un petit foyer. Tous les deux s’ouvrent sur un espace sur-creuse, en partie fouillé en 2013. Il s’agit d’une aire de travail et de rejets liée au four et au foyer. La présence de bâtiments légers a été confirmée par la découverte, à l’intérieur du plateau, d’un second espace délimité par un alignement de blocs et une « marche » creusée dans le substrat. Un espace de circulation en cailloutis s’étend à l’extérieur de cet espace, et plusieurs trous de poteaux sont rattachables à l’occupation laténienne, sans pour autant qu’il soit possible de tracer un plan de bâtiment.

Hallstatt final

4Contrairement à ce que nous pensions avoir observé en 2013, le rempart hallstattien n’est pas construit seulement en terrasse, mais il possédait, lors d’une seconde phase de construction, un parement interne conservé sur un peu moins d’1 m. Il a été détruit au cours du ve s. av. J.‑C. mais cette destruction ne marque pas l’abandon du site. Nous avons pu observer quelques aménagements du ve s. postérieurs à la destruction du rempart, dont un foyer et un espace délimitant un probable bâtiment léger. Apparemment, les importations méridionales cessent après la destruction de la fortification, alors qu’elles sont présentes dès sa fondation, comme l’atteste la découverte de tesson d’amphore massaliète dans ses niveaux les plus précoces. La nature de l’occupation du site au ve s. av. J.‑C. semble être celle d’un habitat, c’est dans ce sens que vont les études de la céramique et de la faune. Cependant, les structures découvertes sont peu nombreuses, des niveaux de circulation aménagés en cailloutis et quelques trous de poteaux.

Bronze final IIIb

5L’opération de 2015 a permis la documentation d’un système défensif du Bronze final Illb. Il se présente sous la forme d’un fossé défensif, probablement palissade, qui succède à un premier système défensif à l’architecture difficile à déchiffrer qui associe levée de terre et terrassement du substrat. Après l’abandon du fossé, des colluvions contenant du mobilier de l’âge du Bronze final Illb viennent le sceller. Mis à part cette enceinte, les vestiges découverts sur le versant sud consistent exclusivement en du mobilier céramique en position secondaire dans l’ensemble des couches postérieures. Les premières preuves de la présence d’un habitat de l’âge du Bronze final sur le Malpas n’ont été découvertes que lors de la fouille de 2016, aussi bien dans l’ouverture principale sur le versant nord que dans la tranchée d’évaluation à l’est de l’éperon, au bord du plateau.

6Sur le versant nord du plateau, la couche attribuable à l’âge du Bronze final Illb ne subsistait que sous la forme quelques lambeaux plaqués contre le substrat calcaire, la principale découverte consiste en plusieurs structures en creux, des trous de poteaux, qui forment un alignement. Cet alignement est orienté nord-sud, parallèlement à un surcreusement du substrat, avec lequel il forme un espace interprété comme un bâtiment semi-excavé. La présence de bâti sur poteau est confirmée par la découverte, le long de la falaise, de deux trous de poteaux et une tranchée destinée à recevoir une cloison en terre crue.

Fig. 1 – L’éperon du Malpas surplombant le village de Soyons

Fig. 1 – L’éperon du Malpas surplombant le village de Soyons

Cliché : équipe de fouille.

Fig. 2 – À gauche, gros bloc calcaire, état laténien du rempart ; à droite, perforation agrandie artificiellement afin de former un ancrage

Fig. 2 – À gauche, gros bloc calcaire, état laténien du rempart ; à droite, perforation agrandie artificiellement afin de former un ancrage

Clichés : équipe de fouille.

Fig. 3 – Estimation de la hauteur initiale du rempart hallstattien

Fig. 3 – Estimation de la hauteur initiale du rempart hallstattien

DAO : équipe de fouille.

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Bibliographie

Dutreuil P. 2014 : Soyons, le Malpas 2014.

Dutreuil P. 2015 : Soyons, le Malpas 2015, rapport intermédiaire d’opération programmée.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – L’éperon du Malpas surplombant le village de Soyons
Crédits Cliché : équipe de fouille.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/109105/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 123k
Titre Fig. 2 – À gauche, gros bloc calcaire, état laténien du rempart ; à droite, perforation agrandie artificiellement afin de former un ancrage
Crédits Clichés : équipe de fouille.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/109105/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 221k
Titre Fig. 3 – Estimation de la hauteur initiale du rempart hallstattien
Crédits DAO : équipe de fouille.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/109105/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 177k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Pierre Dutreuil, « Soyons – Le Malpas » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 01 mars 2021, consulté le 14 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/109105

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Auteur

Pierre Dutreuil

Université Lumière Lyon 2, ArAr (UMR 5138)

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Pierre Dutreuil

Université Lumière Lyon 2, ArAr (UMR 5138)

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