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Année de l'opération :
2018Numéro d’opération :
439Nature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Cette opération de fouille préventive a été engagée en amont d’un vaste programme immobilier comprenant un lotissement et une crèche. Il s’inscrit sur l’emprise d’une habitation sucrière emblématique de la Martinique où s’est déroulé en 1717 un des épisodes marquants de l’histoire de la Martinique, la révolte dite du « Gaoulé ». Cet ancien domaine sucrier de O’Mullane apparaît très tôt sur les cartes, notamment sur le terrier de 1671. Toutefois, les vestiges découverts durant le diagnostic (Barthélémy-Moizan 2016) sont relativement tardifs, malgré quelques éléments résiduels et l’essentiel du mobilier reflète une occupation comprise entre la fin du xviiie et le début du xixe s. Ces découvertes sont corroborées par la carte des ingénieurs du Roi de 1770 où les vestiges découverts ne figurent pas encore. Le diagnostic a permis de mettre au jour un ensemble très dense de structures en creux appartenant vraisemblablement à un quartier servile de l’habitation ainsi qu’une case maçonnée associée à une cuisine. La problématique du site consistait à définir les différentes phases d’occupation et à déterminer la nature exacte du bâti sur poteaux ainsi que son organisation et son évolution. En raison de son ampleur (7 000 m2), l’ensemble du quartier servile pouvait espérer être dégagé et permettre d’établir une chronotypologie des différents ensembles ainsi que leur relation avec les unités maçonnées. Le second intérêt de cette fouille réside également dans l’abondance du mobilier découvert, qui bien que résiduel, les sols ayant en grande partie disparu, permet d’approcher le quotidien des populations établies dans les différentes unités mises au jour, ce qui est rarement le cas dans ce type de contexte.
2L’opération archéologique s’est déroulée sur 35 jours ouvrés, du 3 avril au 10 juin 2018, avec un effectif de 7 archéologues dont le responsable d’opération. L’ensemble des 7 000 m2 a été décapé au moyen de deux pelles mécaniques sur chenilles associées à un bulldozer et un chargeur.
3Le décapage a permis de mettre au jour un total de 783 structures en creux dont 718 trous de poteaux soupçonnés ou avérés, 16 fosses et 49 anomalies éliminées après fouille.
4Sur les 718 trous de poteaux recensés lors du décapage, 49 occurrences ont seulement fait l’objet d’un nettoyage de surface et n’ont pas été fouillées en raison de leur situation à l’écart des bâtiments évidents.
5Outre ces structures fossoyées, le gisement est complété par trois bâtiments maçonnés appartenant à deux phases d’occupation différentes qui se superposent localement à des bâtiments sur poteaux.
6Le mobilier comprend 10 165 pièces, toutes catégories confondues, pour un poids total de 194,112 kg réparti en 28 caisses auxquelles il convient d’ajouter, une caisse d’éléments sensibles (bois), une caisse contenant les refus de tamis et une de sédiments destinés à des analyses paléoenvironnementales soit, au total, 31 caisses. Il est majoritairement en situation secondaire et provient essentiellement de la fouille des trous de poteau, des fosses et des couches d’occupation/remblais. Les études sont encore en cours à ce jour, en raison de la crise sanitaire, la présente notice fait donc seulement état de données préliminaires qui seront affinées à l’issue de la rédaction du rapport de fouille.
7L’intervention a révélé plus de 35 bâtiments sur poteaux, plus ou moins complets, qui sont à rattacher au quartier des travailleurs de l’habitation de O’ Mullane, la case de maître ainsi que les infrastructures sucrières se trouvant hors emprise, à l’est de la parcelle concernée.
8Les premières données montrent qu’une partie du mobilier relève de la fin du xviiie s. mais offre également des caractéristiques relativement tardives (plusieurs fosses dépotoirs ayant livré du mobilier de la seconde moitié du xixe s.). L’étude de la céramique associée à celle du métal et du verre (qui sont encore en cours) devra permettre d’affiner ces datations. Toutefois, cette occupation tardive semble confirmée par des documents iconographiques examinés durant la phase d’étude. Elle a permis de montrer que les cases apparaissent après 1770 et avant 1848, soit à la charnière entre la fin du système esclavagiste et la phase post abolitionniste ce qui ouvre la voie à de nouveaux questionnements : quel était alors le statut de ces populations : esclaves ou travailleurs libres, pourquoi un déplacement du quartier servile initialement situé d’après les cartes au nord de la case du maître ?
9Les deux édifices maçonnés sont plus récents et se superposent à des cases sur poteaux. Si leur caractéristique ne laisse aucun doute quant à leur fonction (case à demeurer avec galerie couverte et cuisine détachée, selon un plan classique du schéma de l’habitat colonial des Antilles) qui en était l’occupant ? le géreur de l’habitation ou le contremaître ?
10Parallèlement aux abondantes données de terrain, une étude en archives devrait permettre de compléter nos connaissances sur les occupants de cette partie de l’habitation-sucrerie et son mode de fonctionnement.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan général de la fouille au 1/200e |
| Crédits | DAO: V. Arrighi, C. Etrich (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/113088/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 382k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue générale de la fouille vers le sud-ouest |
| Crédits | Cliché (par drone) : R. Hayot (Mad’in Drone). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/113088/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 228k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Christine Etrich, « Le Diamant – O’Mullane Bas » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 01 février 2022, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/113088
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