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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
428Nature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Situé sur un site naturel protégé et géré par le Conservatoire du littoral, le cimetière de l’Anse Bellay est localisé dans la partie sud de la baie de Fort-de-France, en arrière de l’Îlet à Ramiers. Implanté sur le cordon littoral, il est en partie détruit par la montée du niveau marin, phénomène qui a permis sa découverte. Des opérations archéologiques y sont menées depuis 2013. La campagne de 2013 l’a sondé sur l’intégralité de son épaisseur, sur une bande de 18 m par 1,5 m, parallèle au front d’érosion et implantée juste en arrière de celui-ci. Celle de 2015 s’est surtout attachée à en reconnaître l’extension.
2Depuis 2017 une opération programmée triennale a permis d’aborder le cimetière sur son intégralité. La campagne de 2019 a permis d’en aborder la partie orientale par un sondage de 35 m2 situé dans la continuité et à l’est des fouilles de 2018. Il a livré 8 sépultures, toutes situées à l’ouest de la fouille, indiquant ainsi la limite est du cimetière.
3La partie nord du cimetière est détruite par l’érosion marine sans qu’il soit possible d’en estimer l’ampleur. La partie conservée, sa frange sud, a une surface de 50 m2. Entièrement fouillée, elle a livré 56 sépultures d’époque coloniale. Les individus sont inhumés sur le dos, excepté un sur son côté droit, chacun dans une fosse. Les membres inférieurs sont en extension, excepté pour 3 individus pour lesquels ils sont légèrement fléchis sur le côté. L’orientation préférentielle est est-ouest, avec toutefois une variabilité assez importante qui devra être analysée plus en détail. Plusieurs recoupements ont été observés, indiquant une durée d’utilisation relativement longue du lieu funéraire. Les ossements mis au jour par les fossoyeurs sont traités en réduction, c’est-à-dire qu’ils sont redéposés dans la tombe de l’individu pour lequel elle est creusée. Elles interrogent également sur la volonté de rapprocher des individus et donc sur la connaissance et la mémoire de l’identité des défunts et de la localisation de leur tombe. Il en est de même, pour la localisation de sépultures de jeunes enfants, au-dessus de celles d’adultes.
4La population inhumée comprend 31 adultes des deux sexes, jeunes et âgés, deux adolescents et 23 enfants dont sept nouveaux nés. Elle ne montre pas de sélection sur le sexe ou sur l’âge comme cela aurait été le cas pour un cimetière militaire par exemple. Deux individus sont porteur d’incisives supérieures taillées en pointe qui révèlent des pratiques initiatiques africaines. De même que pour les scarifications, il est admis qu’à l’époque coloniale, les individus présentant de tels marqueurs culturels soient nés en Afrique et aient ensuite été déportés comme esclaves aux Amériques. Aucun mobilier associé aux défunts, tels que boutons, médailles ou chapelets, communément retrouvés dans d’autres cimetières d’époque coloniale notamment celui de Fond Saint-Jacques, cimetière des esclaves de l’habitation des Dominicains n’a été découvert. L’usage du cercueil n’est pas établi. Les morts sont enterrés dans des linceuls, comme l’indiquent quelques indices taphonomiques concernant les pieds de plusieurs individus. La tombe d’un individu présente un aménagement, probablement de planches de bois clouées, disposées au-dessus du défunt. D’une façon générale, ce sont des pratiques funéraires catholiques, communes à l’époque coloniale dans les Antilles Françaises.
5L’exploration des sources historiques, si elle a permis une contextualisation du site dans son environnement entre le XVIIe et le xixe s., n’a pas apporté d’information directe, ni sur le lieu d’inhumation ni sur son recrutement.
6Ces premiers résultats archéologiques localisation et organisation du cimetière, pratiques funéraires, population convergent vers l’hypothèse d’un cimetière d’esclaves. Celle-ci sera complétée par des analyses anthropologiques physiques et biologiques ainsi que par des analyses génétiques et biochimiques de la population exhumée. Ces études seront mises en place courant 2021.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Fouille des sépultures |
| Crédits | Cliché : T. Romon (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/113396/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 395k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Thomas Romon, « Les Anses-d’Arlet – Anse Bellay » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 31 janvier 2022, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/113396
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