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2019
Martinique

Le Vauclin – Macabou-Mallevault

Opération préventive de diagnostic (2019)
Responsable d’opération : Nathalie Serrand

Entrées d’index

Année de l'opération :

2019

Numéro d’opération :

454

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Texte intégral

1Ce diagnostic a concerné la parcelle V 156 (4 720 m2) au lieu-dit Macabou, commune du Vauclin, sur la côte du Cul-de-Sac de Paquemar. Le secteur alterne prairies, vallons et mornes de faible altitude. L’un d’eux, anciennement dénommé Petite Dune, culmine en extrémité d’emprise où il forme un replat à 26-27 m d’altitude. Le reste du terrain sondé est marqué par le talus du morne puis par une pente douce passant de 26 à 15 m en direction du sud-ouest.

2Le secteur avait fait l’objet de quelques interventions antérieures (Bertholet 2015 ; Dunikowski 2015 ; Serrand 2015) et des indices précolombiens (Malevaux, Paquemar, Macabou et Pointe Faula) y étaient connus ainsi que deux habitations historiques du xviiie s., positionnées sur la carte de Moreau du Temple (1770), Pinel à l’ouest et Duval à l’est. L’habitation Pinel, proche de l’emprise, est actuellement connue sous le nom d’habitation Mallevault. Les vestiges en élévation de sa purgerie, de sa citerne et des moulins à vent et à bêtes subsistent dans la parcelle V 155 voisine. Inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 26 juillet 2004, ils sont intégrés dans une propriété privée. L’habitation aurait été fondée par la famille Pinel Dumanoir aux alentours de 1750 (Huyghues-Belrose 2003) avec une activité sucrière perdurant jusque vers 1880. L’habitation aurait ensuite été abandonnée entre 1882 et 1898 puis devenue propriété de la famille Asselin de 1898 à 1970 avant d’être rachetée par la famille Mangattale.

313 sondages mécaniques (13 % de la surface ; fig. 1) ont révélé un substrat de calcaires volcanoclastiques (reliquats du Complexe de Base et de la Série de Sainte Anne, Miocène inférieur, -22-20 Ma), massifs ou décomposés en blocs altérés, englobés dans une argile brun jaune. Ce substrat est apparu à 0,2-0,3 m sous la surface dans les sondages du sommet du morne (9, 10 et 11), où l’altimétrie égale et le caractère résiduel des vestiges suggèrent un aplanissement récent (au bulldozer ?). Dans la pente intermédiaire, le substrat apparaît entre 0,5 et 0,9 m sous la surface. En bas de pente (sondages 1, 2 et 4), il apparaît plus profondément, à 1,45 m en moyenne. Au-dessus du substrat, les séquences stratigraphiques montrent une argile d’altération, parfois légèrement sableuse, de teinte brun clair à brun jaune ; puis un niveau argileux brun de transition ; enfin, un niveau d’argile limoneuse brun foncé, organique, cumulant sans doute plusieurs niveaux de terre végétale anciens et contemporain. Cet horizon a livré l’essentiel du mobilier.

Fig. 1 – Plan de sondages

Fig. 1 – Plan de sondages

DAO : N. Serrand (Inrap).

4Les sondages de bas de pente n’ont livré que du mobilier historique, issu des unités d’argile limoneuse brune, épaisses à cet endroit. Il y est en position secondaire, vraisemblablement colluvionné des zones occupées plus haut. Ce mobilier compte pour plus d’un tiers des éléments retrouvés sur la parcelle.

5Dans la pente, le sondage 13 est stérile tandis que les sondages 6 et 7 n’ont livré que du mobilier historique. En complément, les sondages 3, 5 et 8 ont révélé des vestiges en creux et maçonnés : deux fosses de calage de poteau et une possible bioturbation dans le sondage 3 ; quatre fosses de calage dans le sondage 5. Les comblements incluent du mobilier historique, des éléments de démolition et des TCA. Dans le sondage 3, une dernière structure, longiligne, orientée nord-ouest – sud-est, est apparentée à un petit fossé de drainage. Son orientation concorde avec celle des éléments maçonnés du sondage 8 auxquels elle pourrait être associée.

6Le sondage 8, outre une fosse de calage ou de plantation, a surtout révélé les vestiges du bâtiment 1, complet (fig. 2). Il s’agit des restes de fondations et de sols enfouis sous une faible épaisseur (20 cm en moyenne) d’un bâtiment historique de 13,9 m par 12,6 m. Son orientation nord-ouest – sud-est est cohérente avec les autres vestiges maçonnés. Les fondations, larges en moyenne de 50 cm, se composent de blocs de calcaire détritique, équarris voire régularisés, variant de 10-20 à 40-50 cm de côté, liés au mortier de chaux gris pulvérulent. Les assises sont assez irrégulières. Ces fondations, retrouvées sur moins de 50 cm de hauteur, sont incluses dans des tranchées plutôt larges, éventuellement étroites à leur base. La fondation d’au moins un mur de refend (M3) a été observée, de même facture et taille. Distant de 3,6 m de la façade ouest, il délimite, de part et d’autre, des systèmes de sols différents : carreaux rougeâtres (sud du mur 1), larges blocs calcaires régularisés (angle nord-est du bâtiment 1), ou encore limon argileux cendreux, gris brun, lité (ouest du mur de refends M3). Ces sols sont posés sur un niveau de préparation de limon argileux brun mêlé à du tuf. Enfin, en haut de pente, sur le talus et sur le plat du morne, le sondage 10 s’est révélé stérile tandis que les sondages 9, 11 et 12 ont livré à la fois du mobilier historique et des structures en creux et maçonnées. Dans le sondage 9, 2 socles carrés maçonnés, distants de 90 cm l’un de l’autre, forment une ligne d’axe nord-est – sud-ouest ; ils se composent de nodules calcaires et de carreaux joints au mortier de sable blanc rosé. Ce même sondage a aussi livré deux fosses de calage peu profondes associées à des éléments de TCA et des blocs calcaires. Dans le sondage 11, les vestiges altérés d’un élément maçonné, d’axe nord-ouest – sud-est, sont apparus. Large de 60 cm, il est composé de blocs calcaires liés au mortier de sable blanc rosé mais interrompu aux deux extrémités. Il n’a pas été retrouvé dans l’extension réalisée dans l’axe de la maçonnerie (11 extension).

Fig. 2 – Bâtiment 1

Fig. 2 – Bâtiment 1

Cliché : N. Serrand (Inrap).

7Pour finir, la partie du sondage 12 en sommet de morne a livré deux structures excavées subcirculaires tandis que la zone de talus contenait les fondations et les premières assises de trois murs, enfouis à faible profondeur (fig. 3). Le bâtiment 3 ainsi délimité présente un axe nord-ouest – sud-est, parallèle à celui du bâtiment 1 du sondage 8. Le mur nord (7) s’adosse au talus et correspond à une portion de façade ; le pignon oriental (6) est long de 5,4 m entre parements externes ; enfin, la portion de façade sud (8) repose sur une fondation qui se situe plus de 80 cm en dessous de celle du mur nord (7). Le prolongement du bâtiment à l’ouest n’est pas connu mais son pignon occidental pourrait correspondre à une maçonnerie ceinte par un figuier maudit, distante de 10 m. Les fondations présentent une largeur moyenne de 70 cm. Elles sont composées de blocs de calcaire détritique, équarris, voire régularisés, variant de 10-20 à 40-50 cm de côté, liés au mortier de chaux gris pulvérulent. Les assises sont assez régulières bien que composées d’éléments hétéroclites en taille et épaisseur. Les vestiges (fondations/murs) se développent sur 120 cm de hauteur. Seule la tranchée de fondation du mur nord (7), a été perçue, en parement interne. Plutôt large, elle entame le substrat et les fondations d’un mur antérieur, M13. Deux structures excavées ont été rencontrées dans l’espace interne ainsi que des niveaux de sol.

Fig. 3 – Bâtiment 3

Fig. 3 – Bâtiment 3

Cliché : N. Serrand (Inrap).

8En complément, des restes de bâtiments en élévation, non signalés en amont de l’intervention, ont été documentés en topographie sans faire l’objet d’une étude de bâti. Le bâtiment 2, à l’ouest, est un pan de mur enserré par un figuier maudit, possible pignon occidental du bâtiment 3. Le bâtiment 4, à l’est, se compose de 4 murs chaînés (M9 à 12) dont l’épaisseur varie entre 40 et 60 cm. Ils présentent un appareil petit à moyen de blocs de calcaire biodétritique, régularisés mais de tailles variables, liés au mortier gris de ciment. Divers éléments architecturaux sont notables comme deux négatifs de poteaux moulés et une loge quadrangulaire, en parement externe du mur 9 ; des reprises en élévation des murs 10 et 11 et la présence de trous de boulin sur le premier. La taille du bâtiment ne peut être définie mais la distance entre les deux façades nord et sud est de 5,4 m entre parements externes, avec un espace interne de 4 m.

9Le mobilier archéologique (n = 569 ; 28 kg), issu de 11 des 13 sondages apparaît dispersé dans la pente, avec 40 % du total retrouvé dans les sondages 1, 2 et 4 de bas de pente. On décompte essentiellement des tessons de céramique (n = 457) auxquels s’ajoutent quelques éléments de verre (38), métal (36), pipe (15), quelques éléments minéraux (11) dont du lithique, quelques fragments de coquille (9) et 3 restes de faune. La céramique est largement dominée par les tessons de formes liées à l’industrie du sucre (n = 203) devant la céramique vernissée et la faïence (150), les éléments de construction ou de pavage (TCA ; 75) et les tessons de céramiques de production locale (24). Ce mobilier est cohérent, qu’il ait été ou non trouvé en association avec les vestiges aménagés, et peut être attribué à la première moitié du xixe s.

10Les vestiges repérés sur la parcelle consistent donc en fosses de calage ou de plantation et en vestiges de fondation de murs de bâtiments : 1 élément sur le replat du morne nord‑est ; les bâtiments 2 à 4 (2 et 3 n’en faisant peut-être qu’un), conservés enfouis ou en partie en élévation sur le talus entre le morne et la pente ; et le bâtiment quadrangulaire 1, complet, dont les fondations sont conservées dans la zone centrale de la pente. Parmi les éléments maçonnés identifiés, les parties en élévation, assez altérées, nécessiteraient un relevé complet et une étude de bâti. Les autres éléments maçonnés, enfouis, le sont à très faible profondeur (maximum 30 cm), ce qui les rend vulnérables. Les axes d’orientation (nord-ouest – sud-est), les dimensions des bâtiments et le mobilier historique associé sont très cohérents. Ils suggèrent l’existence d’un ensemble architectural homogène, dont, toutefois, la fonction n’est pas identifiée. Cet ensemble pourrait être lié à une phase tardive, située dans la première moitié du xixe s., de fonctionnement de l’habitation Pinel voisine.

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Bibliographie

Bertholet P. 2015 : Martinique, Le Vauclin, Mallevault, rapport de diagnostic auprès du SRA Martinique, Inrap, 38 p.

Dunikowski C. 2015 : Martinique, Le Vauclin, Quartier Mallevault 2, rapport de diagnostic auprès du SRA Martinique, Inrap, 51 p.

Huyghues-Belrose V. 2003 : L’Habitation Mallevault dite “Château Malevaut » au Vauclin. Étude historique. Fort-de France, Service des Monuments historiques de la Martinique, 76 p.

Serrand N.2015 : Martinique, Le Vauclin, Mallevault, Lotissement Le Mérou, rapport de diagnostic auprès du SRA Martinique, Inrap, 56 p.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Plan de sondages
Crédits DAO : N. Serrand (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/113476/img-1.jpg
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Titre Fig. 2 – Bâtiment 1
Crédits Cliché : N. Serrand (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/113476/img-2.jpg
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Titre Fig. 3 – Bâtiment 3
Crédits Cliché : N. Serrand (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/113476/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 574k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Nathalie Serrand, « Le Vauclin – Macabou-Mallevault » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 31 janvier 2022, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/113476

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Auteur

Nathalie Serrand

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Responsable d’opération

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