Navigation – Plan du site

AccueilRégionsEspace Caraïbes1996GuadeloupePremiers établissements européens...

1996
Guadeloupe

Premiers établissements européens en Guadeloupe

Prospection thématique (1996)
Responsable d’opération : Xavier Rousseau

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture

Texte intégral

1Depuis le début de ce programme de recherche nous nous sommes intéressé en priorité aux établissements de la Côte-sous-le-Vent occupée dès les premières années de la colonisation. Les lieux d’implantations (Pointe Allègre, Vieux-Fort, Vieux-Habitants, Baillif et Basse-Terre) ont pu être identifiés grâce aux archives et aux récits laissés par les chroniqueurs. Nous possédons quelques descriptions succinctes des bourgs et de certains édifices remarquables. Mais leur localisation précise n’est pas chose aisée, d’autant que plusieurs d’entre eux ont, semble-t-il, été déplacés au cours du temps.

Fig. 1 – Localisation des premières implantations en Basse-Terre

Fig. 1 – Localisation des premières implantations en Basse-Terre

DAO : SRA Guadeloupe.

Pointe Allègre

2Nos recherches pour la localisation du Petit Fort construit par Duplessis à son arrivée en Guadeloupe se poursuivent. Au cours d’une visite effectuée sur place en compagnie de Monsieur Albert Hesse du Centre de Recherches géophysiques de Garchy, nous avons étudié la possibilité d’utilisation de méthodes géophysiques pour retrouver d’éventuelles traces du fortin. En raison des caractéristiques locales (champ magnétique très perturbé) seule une prospection thermique aéroportée serait envisageable, à condition toutefois de restreindre les secteurs d’investigation. Les modifications importantes du paysage côtier, engendrées par le passage des cyclones Luis et Marylin en 1995, rendent encore plus difficile l’interprétation des descriptions sommaires de ce lieu d’implantation historique.

Baillif

3Une intervention archéologique menée en février 1996 sur les berges de la rivière du Baillif, pour étudier des vestiges mis au jour par la crue occasionnée par le cyclone Marylin a fait apparaître des niveaux d’occupation d’époque coloniale. Des rectifications de coupe le long de la berge ont permis de retrouver les restes d’une canalisation maçonnée, un niveau de sol damé recouvert d’une couche d’incendie et un dépotoir de céramique. D’autres vestiges : murs, sol dallé ont également été observés lors de travaux réalisés par des riverains. Ces structures appartiennent au bourg de Baillif qui s’implanta de part et d’autre de la rivière du Baillif à proximité du couvent des jacobins, sur les terres qui leurs furent concédées en 1636. En dépit d’une situation naturelle avantageuse, le bourg de Baillif se vit rapidement supplanté par celui de Basse-Terre créé par le gouverneur Charles Houël vers 1650. Ravagé par des crues, brûlé et pillé par les Anglais en 1961 et 1703, le bourg ne se relèvera que lentement au cours du xviiie s., essentiellement sur la rive gauche de la rivière.

Basse-Terre

4L’étude documentaire concernant le bourg de Basse-Terre au xviie s. est pratiquement achevée, ce qui nous a permis d’identifier et de localiser, avec plus ou moins de précision, les principaux édifices de la ville ancienne et de restituer la trame urbaine de l’époque. Nous avons pu ainsi déterminer les secteurs archéologiquement sensibles que nous souhaiterions fouiller.

5Des sondages ont été réalisés sur une parcelle située dans le quartier du Carmel, à proximité de l’église des jésuites, dans la partie la plus ancienne du bourg de Basse-Terre. Cette opération visait à évaluer l’état de conservation des niveaux archéologiques dans un secteur encore peu urbanisé mais appelé à l’être dans un futur proche. Les résultats se révélèrent négatifs, le terrain naturel apparaissant à quelques centimètres sous le sol actuel. Seules quelques poches contenant de la céramique xviie ou xviiie s. ont été retrouvées. Il semblerait que le terrain naturel qui formait une double pente vers le nord et l’ouest ait été décaissé pour établir des terrasses successives.

Archives

6Les recherches en archives, centrées désormais sur les établissements déjà identifiés, se sont poursuivies. Les recensements et les rapports sur la colonie dressés par les autorités civiles ou militaires constituent des sources de renseignements précieuses. L’intervention archéologique sur le site de Baillif nous a amené à entreprendre une étude plus poussée de ce bourg qui s’est avérée fructueuse.

Côte-au-Vent

7La côte-au-Vent ou Capesterre de la Guadeloupe proprement dite a, elle aussi, été habitée par les Français dès les premières années de la colonisation. Sous la conduite du gouverneur de l’Olive, les survivants de la désastreuse installation de la Pointe Allègre décidèrent d’attaquer et de piller les villages amérindiens situés pour la plupart sur la côte est de la Guadeloupe proprement dite. Après avoir chassé les Caraïbes, les colons commencèrent à défricher la région. Ils s’établirent à Sainte-Marie, à Capesterre et à Trois-Rivières.

8Les archives et les descriptions laissées par les chroniqueurs mentionnent plusieurs établissements que nous nous efforcerons de localiser plus précisément : le fort de Sainte-Marie, le couvent des pères dominicains au bourg de Capesterre, l’habitation du gouverneur Houël et celle des Boisseret...

9D’autres recherches seraient à mener également sur la colonisation dans les îles voisines, en particulier aux Saintes et à Marie-Galante, occupées à l’époque du gouverneur Houël.

10À titre comparatif nous avons élargi notre étude aux autres îles de la Caraïbes ainsi qu’au Canada pour mieux comprendre le processus de colonisation mis en œuvre par les Européens au xviie s. Des comparaisons intéressantes paraissent pouvoir être faites sur la typologie des bourgs, des forts et des chapelles.

Fig. 2 – Vue du Fort de la Magdelaine et du Bourg, Rade et Rivière du Bailli. À la Guadeloupe, 1667 [Blondel]

Fig. 2 – Vue du Fort de la Magdelaine et du Bourg, Rade et Rivière du Bailli. À la Guadeloupe, 1667 [Blondel]
Haut de page

Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Localisation des premières implantations en Basse-Terre
Crédits DAO : SRA Guadeloupe.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/113686/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 180k
Titre Fig. 2 – Vue du Fort de la Magdelaine et du Bourg, Rade et Rivière du Bailli. À la Guadeloupe, 1667 [Blondel]
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/113686/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 640k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Xavier Rousseau, « Premiers établissements européens en Guadeloupe » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 01 mars 2022, consulté le 19 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/113686

Haut de page

Auteur

Xavier Rousseau

Dac Guadeloupe (service régional de l’archéologie)

Articles du même auteur

Haut de page

Responsable d’opération

Xavier Rousseau

Dac Guadeloupe (service régional de l’archéologie)

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

Haut de page

Droits d’auteur

Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search