Saint-Martin – Hope Estate
Notes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Afan
Texte intégral
1Cette première campagne de fouille, de l’opération pluriannuelle 1997-1999 avait comme objectif principal de déterminer l’extension générale du site. À ce stade des recherches, les sondages mettaient alors en évidence un ensemble d’environ 6 000 m2 livrant du matériel archéologique amérindien, apparemment sans organisation cohérente. La chronologie de l’occupation correspond aux sous-séries Huécoïde ou Huécan-Saladoïde et Cédrosan-Saladoïde ancien et moyen, s’échelonnant entre 450 av. J.-C. et 600 apr. J.-C.
2L’organisation spatiale du site, aire d’habitat et répartition des dépotoirs, a pu être mise en évidence grâce à « la méthode des micro-carottages ». Cette méthode consiste à extraire des échantillons de sol à l’aide d’un tube d’acier battu. Le tube, d’un diamètre de 1,5 cm, est enfoncé verticalement par battage sur une profondeur de 10 cm, puis retiré. L’échantillon est extrait et après enregistrement des données, une nouvelle passe de 10 cm est réalisée et ainsi de suite jusqu’à la granodiorite, le substratum. Les données sont rapidement saisies sur des fiches-type où les caractéristiques du sédiment et la présence des divers mobiliers sont enregistrées. Plus de 200 micro-carottages ont ainsi été réalisés. Après un traitement informatique, les données sont visualisées sur une carte. Le résultat de cette étude aboutit à une vision globale de la répartition des dépôts archéologiques d’après leurs épaisseurs au-dessus du substratum, déterminant de ce fait l’extension générale du site.
3La carte a donc révélé deux ceintures de dépotoirs, formées d’amas contigus, en arc de cercle, longues de 120 m et larges de 15 à 30 m, apparaissant nettement de part et d’autre des plateaux, enserrant une région de forme ovale correspondant vraisemblablement à l’emplacement des villages successifs. La longue bande de dépotoirs située sur les pentes ouest des plateaux était jusqu’alors inconnue. À l’est, on découvre également un grand dépotoir au sud des sondages existants.
4La répartition spatiale de ces dépotoirs est directement liée à la topographie du site. Les zones en relief situées au nord et au sud sont exemptes de zones de rejets. Les relations entre les zones de rejets et l’aire centrale d’habitat se fait de façon centrifuge de l’intérieur du plateau vers les pentes.
5La partie horizontale du plateau est recouverte de dépôts pelliculaires argilo-sableux de 5 à 20 cm d’épaisseur, ne renfermant que de rares fragments d’artefacts amérindiens érodés, mêlés à du mobilier colonial et contemporain. En revanche, sur les pentes du plateau, les dépôts archéologiques limono-sableux atteignent 75 cm d’épaisseur et contiennent de nombreux artefacts de grandes dimensions. Ces niveaux sont interprétés comme des dépotoirs constitués d’une multitude de lentilles de déchets. La mise en place de ces dépotoirs est complexe. Il s’agit de rejets quotidiens se recouvrant les uns les autres et scellés par une sédimentation limono-sableuse, contemporaine, mise en place par ruissellement. Cela abouti à la formation de dépôts lenticulaires hétérogènes.
6Les sondages de la campagne de 1997 ont été implantés en fonction de ces nouvelles données afin de confirmer les résultats de la carte des micro-carottages. Ces sondages ont mis en évidence de nouveaux dépotoirs riches en mobilier et présentant de nombreux critères taphonomiques de non remaniement des dépôts.
7La carte des micro-carottages a également révélé la présence d’une grande fosse dépotoir d’époque coloniale. Elle est datée aux alentours de 1650 grâce à un médaillon de Bouteille de grès « Baardmannen » portant un lion rampant entouré d’une bordure de rosettes. Le mobilier se compose également de pipes, de pierre à fusils, de boucles de chaussures, de balles de mousquet, d’outils...
8Le site de Hope Estate apparaît comme l’un des gisements majeurs : il présente à la fois la succession des premières phases céramiques de l’arc des Petites Antilles, d’autre part l’organisation générale du site a pu être mise en évidence pour ces phases anciennes encore mal connues. Sa position géographique dans l’intérieur de l’île à 2,5 km de la côte sur un plateau à 70 m d’altitude en fait un site particulier, du point de vue de la gestion des matières premières et alimentaires. Les recherches sur le site se poursuivent tous les ans grâce au soutien de l’Association Archéologique Hope Estate.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan du site |
| Crédits | DAO : Afan. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/114103/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 347k |
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| Titre | Fig. 2 – Pot verseur Cédrosan-Saladoïde |
| Légende | Épaisseur des dépôts archéologiques. |
| Crédits | Cliché : Afan. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/114103/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 305k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Dominique Bonnissent, Valérie Boulfroy, François-Xavier Chauvière, Sandrine Grouard, Christophe Henocq, Nathalie Serrand et Christian Stouvenot, « Saint-Martin – Hope Estate » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 01 mars 2022, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/114103
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