Capesterre-Belle-Eau – Zac des Sources Pérou
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Année de l'opération :
2014Numéro d’opération :
23414Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Ce diagnostic a été réalisé préalablement à la construction d’une vaste zone d’activités portant sur 20 ha. L’emprise archéologique est localisée sur la commune de Capesterre-Belle-Eau, située sur la côte au vent de la Basse-Terre. Le terrain est situé à environ 500 m du rivage marin et s’étend à quelque 200 m de la rive droite de la rivière Pérou.
2Les terrains se présentent sous la forme d’un plateau marqué d’une faible déclivité vers l’est et vers le nord dont l’altitude oscille entre 28 et 41 m NGG. Les 102 tranchées réalisées ont mis en évidence sur une superficie estimée à près de 6 ha, les vestiges d’un vaste village amérindien occupant un large replat (fig. 1). Les labours ont remanié sur 40 à 50 cm de profondeur les niveaux d’occupations. Ils reposent directement sur le substrat formé de limon argileux brun-orangé et de blocs d’andésites. Les structures apparaissent à la surface de ces niveaux de limons entre 30 et 40 cm de profondeur. Sporadiquement, sous l’horizon de labour, apparaît un niveau de limon très argileux et compact, conservé à la faveur de petites dépressions qui pourraient correspondre à un niveau de circulation partiellement arasé par les labours. Il correspond à l’apparition des structures en creux dans ces sondages.
3La stratigraphie n’est préservée que sous forme de remplissage des structures en creux. Les niveaux d’ouverture ont disparu ne laissant très souvent que la partie basale. Cet ensemble constitue une zone d’habitat matérialisée par des concentrations de trous de poteau appartenant probablement à des carbets. Les trois dépotoirs dispersés sur l’emprise sont apparus comme des nappes de colluvions remaniées sous le sol actuel sur environ 40 cm d’épaisseur. Ces dépotoirs, localisés hors des zones de concentration de trous de poteau, offrent un mobilier céramique et lithique abondant. L’occupation amérindienne est caractérisée par 567 structures. 117 d’entre elles témoignent, par la présence de mobilier amérindien (céramique et lithique), d’une présence humaine dont la chronologie s’étend du Cédrosan-saladoïde ancien au Néoindien récent. Les différentes zones d’activités ont été identifiées par 114 fosses, 368 trous de poteau, 62 trous de piquet, 3 zones de rejet, 8 dépôts de céramiques, 2 sépultures avec conservation partielle d’ossements.
4Le mobilier archéologique collecté comprend 2 023 objets céramiques ou lithiques. Les éléments coquilliers, souvent très abondants dans ce type de contexte, n’ont pas été conservés en raison de la nature acide du terrain. La céramique présente des altérations de surface très importantes. Les formes, les décors peints ou incisés font état d’au moins trois phases d’occupations ; l’une affiliée au Cédrosan-saladoïde ancien, l’autre avec des éléments cédrosan-saladoïdes indéterminés et une phase plus tardive du Néoindien récent. Le mobilier lithique est amérindienne constitué d’un large panel d’outils transformés avec toutefois quelques particularités comme celle d’une probable chaîne opératoire de production de lame sur silex peu rencontrée dans ces contextes culturels (fig. 2). À noter la présence d’un objet atypique : un galet perforé (fig. 3 ; peson ?). On note la présence de matière première d’origine guadeloupéenne (andésite à grain fin) et de silex provenant probablement de l’île d’Antigua. Sur l’emprise, et selon les premières observations, des ossements humains ont été découverts dans un petit récipient en terre cuite déposé dans une fosse. On note également la présence d’une sépulture comportant une céramique renversée sur des restes d’ossements très fragmentés (fig. 4). La découverte de ces restes est exceptionnelle dans un environnement peu propice à leur conservation. Les autres dépôts de céramiques qui les accompagnent sont autant de marqueurs chronologiques pouvant renseigner des pratiques funéraires spécifiques.
5Enfin, quelques structures isolées de la période coloniale (murs) ont été identifiées à l’extrémité sud-est de l’emprise. Elles sont attribuées au xixe s.
6L’ensemble des découvertes réalisées sur l’emprise des « Sources Pérou » constitue un grand ensemble inédit. Il offre la vision quasi complète, d’une installation ayant perduré et évolué durant le premier millénaire de notre ère, depuis le Cédrosan-saladoïde jusqu’au Néoindien récent. La diversité des découvertes et leur distribution sur une superficie de 6 ha constitue un ensemble inédit à l’échelle des Petites Antilles.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan de l’extension de l’occupation |
| Crédits | DAO : Inrap. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/115944/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,0M |
| Titre | Fig. 2 – Lame en silex |
| Crédits | Cliché : Inrap. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/115944/img-2.JPG |
| Fichier | image/jpeg, 216k |
| Titre | Fig. 3 – Peson (?) en roche volcanique |
| Crédits | Cliché : Inrap. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/115944/img-3.JPG |
| Fichier | image/jpeg, 283k |
| Titre | Fig. 4 – Dépôt de céramique renversée sur des ossements fragmentés |
| Crédits | Cliché : Inrap. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/115944/img-4.JPG |
| Fichier | image/jpeg, 1,6M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Nathalie Sellier-Segard, « Capesterre-Belle-Eau – Zac des Sources Pérou » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 23 février 2022, consulté le 09 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/115944
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