1Cette intervention s’inscrit dans le projet collectif de recherche dirigé par A. Lenoble (Lenoble et al. 2008) intitulé « Cavités naturelles de Guadeloupe : aspects géologiques, fauniques et archéologiques ». Connue de longue date et repérée comme grotte potentiellement occupée par les amérindiens par P. Bodu, puis par C. Stouvenot (Stouvenot et al. 2003) dans le cadre d’un inventaire des cavités naturelles de l’archipel de la Guadeloupe, 4 sondages ont été ouverts en divers endroits de la cavité afin de vérifier la présence de niveaux en place.
2La grotte présente un développement horizontal. L’entrée de la cavité se fait par une tranchée naturelle, longue de quelques m pour une largeur comprise entre 2 et 3 m, correspondant à l’effondrement d’une ancienne première salle. La cavité elle-même comporte une salle principale longue de 20 m pour une largeur maximale de 7 m, perforée à son extrémité par 2 petits avens. Une alvéole prolonge la cavité en direction du sud-ouest tandis qu’un diverticule complète l’ensemble à l’extrémité opposée, séparé de la salle principale par une cloison perforée de nombreuses fenêtres (fig. 1).
Fig. 1 – Plan et coupe de la cavité avec emplacement des sondages
DAO : P. Fouéré (Inrap), Y. Franel (Inrap), A. Lenoble (Pacea), A. Queffelec (Pacea), K. Debue (AASPE).
3Il est rapidement apparu que l’intérieur de la grotte a été vidé de ses sédiments sur près d’un mètre d’épaisseur à l’époque coloniale, probablement pour l’exploitation du guano de chauve-souris. Plusieurs éléments (céramiques, tuyau de pipe, faune, gravures sur les parois…) témoignent des fréquentations historiques et récentes de la grotte. En revanche, au niveau du porche et à l’extérieur (fig. 2), un niveau amérindien a été reconnu, préservé sur une trentaine de cm d’épaisseur au maximum depuis la surface.
Fig. 2 – Porche d’entrée
4Le matériel, uniquement céramique, se rattache principalement au Néoindien récent, toutefois un tesson incisé hachuré trouvé hors contexte témoigne d’une occupation plus ancienne.
5La faune vertébrée et crustacée recueillie est variée, malheureusement en contexte remanié pour l’essentiel. Au total, 207 restes ont été identifiés correspondant à 34 individus au minimum représentant 15 taxons différents. Le matériel présente un mélange de taxons natifs (poisson, crabes, chauves-souris, rats des rizières) avec des espèces introduites par les Amérindiens (agoutis) ou par les Européens à différentes périodes (chèvre, rats, raton laveur, opossum, scinax).