Pointe-à-Pitre – Darboussier
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Année de l'opération :
2010Numéro d’opération :
23689Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Le projet de construction d’un centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage (Mémorial ACTe) à l’emplacement de l’ancienne usine sucrière de Darboussier au sud de la ville de Pointe à Pitre est l’objet de la prescription. Le site de Darboussier a connu une occupation industrielle continue de la seconde moitié du xviiie à la fin du xxe s. C’est en 1770 que Jean Darboussier y installe une première habitation-sucrerie avec la construction d’une « vinaigrerie » (distillerie) encore conservée aujourd’hui sur le sommet du morne. L’exploitation va prospérer et s’étendre sur près de 3 ha en 1820. Un cimetière familial regroupant dans 2 enclos les tombes des premiers propriétaires du lieu et de leur famille est toujours visible sur le versant sud du morne. Dans les années 1860 Ernest Souques, industriel prospère, s’associe à Jean-François Cail pour implanter sur les terrains démembrés de l’ancienne distillerie Darboussier une grande usine sucrière qui sera inaugurée en 1869. Sa situation en bord de mer favorisera le chargement du sucre pour son acheminement vers les grands ports français. À la mort de Jean-François Cail en 1871, l’usine devient le plus gros employeur de l’île. Après la dernière crise sucrière de 1902, prolongée par de graves conflits sociaux, le site de Darboussier est mis en vente. L’usine passe alors sous le contrôle d’une société anonyme, la SIAPAP. En 1970, la société fusionne avec la Compagnie française des sucreries pour former la société agricole de la Guadeloupe. Celle-ci continuera à faire fonctionner la sucrerie jusqu’en 1981, date de fermeture définitive.
2Les tranchées réalisées sur le morne et sur la plateforme, couvrent un peu plus de 618 m2. Le taux d’ouverture est loin d’être atteint en raison d’un grand nombre de contraintes techniques. Sur le morne, il s’agissait de préserver pour le futur projet plusieurs essences d’arbres et de conserver un périmètre de sécurité autour des bâtiments encore en élévation mais fortement délabrés. Sur la plateforme, en bordure de côte, comme sur l’ensemble du secteur, les vestiges de fondation de bâtiments industrielles et les remblais de plus de 2 m ont rendu difficiles les observations, compliquées aussi par la montée des eaux provoquant l’effondrement des coupes.
3Le morne conserve encore, sur l’extrémité de l’éperon l’ancienne « vinaigrerie » (distillerie), vaste bâtiment en pierre conservant encore ses foudres (barriques), rares vestiges de la première occupation du site. À l’arrière sur le reste en lien avec les bâtiments industriels sous-jacents du morne subsistent 2 autres bâtiments en béton très dégradés. Le plus grand se caractérise par son architecture constituée d’une armature de poteaux métalliques à remplissage de béton. Il ne reste du second bâtiment rectangulaire qu’un mur en béton partiel, avec présence de sanitaire et de carrelage dans une pièce. L’emploi d’armatures métalliques et de béton est caractéristique de l’architecture de la période industrielle du xixe s.
4Les 7 tranchées réalisées dans ce secteur ont révélé un faible recouvrement (d’une épaisseur moyenne de 0,2 m) constitué un limon sableux noirâtre reposant sur le substrat calcaire. Les seules traces découvertes correspondent à des petits fosses carrées, alignées et à égales distances, restes de plantations, visibles sur une ancienne carte postale montrant un alignement d’arbres en avant des bâtiments.
5Les 14 sondages implantés sur la plateforme en contrebas du morne ont confirmé l’épandage de matériaux de démolition des bâtiments de l’usine sur plus de 2 m d’épaisseur. La montée rapide des eaux et l’éboulement des sondages n’a pas permis d’aller au-delà des observations.
Pour citer cet article
Référence électronique
Nathalie Sellier-Segard, « Pointe-à-Pitre – Darboussier » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 28 février 2022, consulté le 08 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/117984
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