Navigation – Plan du site

AccueilRégionsEspace Caraïbes2010GuadeloupeSaint-François – Abri de l’Anse à...

2010
Guadeloupe

Saint-François – Abri de l’Anse à la Gourde

Sondage (2010)
Responsable d’opération : Sandrine Grouard
Notice rédigée avec Karyne Debue, Yodrick Franel, Arnaud Lenoble, Alain Queffelec et Nathalie Serrand

Entrées d’index

Année de l'opération :

2010

Numéro d’opération :

23754

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
Haut de page

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Muséum national d’histoire naturelle

Texte intégral

1La campagne de fouilles 2010 de l’abri de l’Anse à la Gourde a été réalisée dans le cadre d’un projet collectif de Recherche « Cavités naturelles de Guadeloupe : aspects fauniques, archéologiques et géologiques » (co-dir. A. Lenoble, S. Grouard, P. Fouéré et P. Courtaud), concernant l’étude des cavités karstiques de l’archipel guadeloupéen.

2L’abri est localisé à quelques centaines de m de l’habitat précolombien connu à l’ouest du site de plein air, sur la côte nord-ouest de Grande Terre, hors de la zone d’emprise du site. Le sondage réalisé a livré un niveau anthropique, daté du néoindien par les rares tessons de céramique, associé à des restes de faune crustacée et vertébrée, dont du chien et des rongeurs, ainsi qu’un foyer d’époque colonial.

3Le site est localisé à 40 m du littoral, en recul du cordon dunaire actuel. L’abri s’ouvre au pied d’un petit versant représentant la falaise dégradée façonnée par le dernier haut niveau marin, il y a 125 000 ans. La cavité est large de 10 m sur 5 m de profondeur. La voûte est basse (~0,5 m). L’alignement des différentes entrées sur une ligne de fracture indique que cette grotte s’est formée par dissolution d’un plan de glissement dans la masse rocheuse.

4Le sondage est de 1 m2 et, en raison de l’étroitesse de l’accès à l’abri, seul un fouilleur pouvait loger sous l’abri.

5L’ensemble du sédiment a été tamisé au tamis de chantier à 2,8 mm. Les vertébrés, les crustacés et les échinodermes, sont en cours d’étude par Sandrine Grouard et les mollusques par Nathalie Serrand. Les sédiments tamisés et triés sur place ont été mis dans des sacs à gravats fermés et placés au fond du sondage puis recouverts de sable dans l’éventualité d’une réouverture ultérieure de l’abri.

6Le remplissage du sondage, qui a atteint le rocher, est d’une puissance de 0,65 m. Les sédiments accumulés dans la cavité sont des colluvions. Les tempêtes contribuent, pour une partie minoritaire, à l’accrétion des dépôts (fraction de sables marins). Il est ainsi possible que la sédimentation des unités 1 et 3 soit le fait de quelques événements rares ayant un fort impact sur le paysage (tempêtes ou cyclones).

7Sous un limon brun massif carbonaté (unité 1), un horizon d’accumulation de gypse entre 10 et 20 cm de profondeur forme un voile blanc sur les faces des pores et des cailloux. Des éléments archéologiques et fauniques ont été trouvés en très faible quantité et plutôt remaniés. L’unité 2 est une couche de limons fins massifs brun gris sombre comprenant une structure de combustion. Elle se présente sous la forme d’une lentille charbonneuse épaisse de 6 à 7 cm sur 50 cm de largeur, couverte d’une accumulation de cendres blanches sur 5 cm d’épaisseur, puis de cendres grises indurées sur 1 cm. Des éléments archéologiques et fauniques y ont été recueillis en quantité : pierres rubéfiées dont 2 tessons érodés d’une platine en céramique amérindienne tardive, des restes de chiens, de rats des rizières, d’agoutis, des pinces de crabes et des gastéropodes. Enfin, l’unité 3, subdivisée en 3 unités stratigraphiques est un limon brun massif carbonaté à sables et à granules calcaires correspondant à un horizon d’accumulation de carbonates. Les éléments archéologiques et fauniques y sont de plus en plus rares.

8La séquence préservée dans l’abri documente une évolution du milieu. En effet, l’horizon humifère de l’unité 2 témoigne d’une amélioration climatique par fixation du couvert végétal qui, sur le littoral oriental aride de Grande-Terre, résulte très vraisemblablement d’une augmentation de la pluviosité. Il est à noter que c’est au cours de cette période climatique que la structure de combustion a été mise en place. La présence de matériel archéologique et faunique montre que cette évolution est celle des derniers siècles. La datation réalisée au centre de datation par le radiocarbone de Lyon, sur programme Artemis, d’un charbon provenant de l’US102 (Lyon-8468 (GrA) : 115 ± 30 BP) a livré une date comprise entre 1676 et 1887 apr. J.-C. à 95 %.

9La date ne permet pas de proposer un lien direct entre l’utilisation de la cavité et le site d’habitation néoindien récent (Troumassoïde) localisé sur la même anse (bien que des migrations de charbons et des contaminations soient possibles). La localisation de cet abri face à la mer et le contenu de son remplissage permettent de proposer une hypothèse de fonction. Il a pu servir de protection contre les intempéries et pour l’aménagement d’un foyer, à proximité de la côte et des récifs coralliens, visible par les pêcheurs en mer, depuis la Désirade, à une période postérieure à celle du site (période historique).

10Ce petit abri a livré une stratigraphie peu développée, mais intéressante, en raison de la présence d’un petit foyer et de quelques restes fauniques et céramiques associés. Ces restes attestent donc de la présence de ces espèces au cours des périodes historiques. Une datation d’un reste de rat des rizières permettra de dater directement ce taxon dans ce contexte. Cette séquence, bien que modeste, contribue ainsi à enrichir 2 problématiques archéologiques de Guadeloupe : l’histoire du peuplement animal (de la végétation et du climat) de la Guadeloupe et les différentes utilisations des cavités par les hommes.

Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Sandrine Grouard, Karyne Debue, Yodrick Franel, Arnaud Lenoble, Alain Queffelec et Nathalie Serrand, « Saint-François – Abri de l’Anse à la Gourde » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 28 février 2022, consulté le 11 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/118019

Haut de page

Auteurs

Sandrine Grouard

MNHN, UMR 7209

Articles du même auteur

Karyne Debue

CNRS, MNHN, UMR 7209 AASPE

Yodrick Franel

Inrap

Arnaud Lenoble

CNRS, UMR 5199 Pacea

Articles du même auteur

Alain Queffelec

CNRS, UMR 5199 Pacea

Articles du même auteur

Nathalie Serrand

Inrap

Articles du même auteur

Haut de page

Responsable d’opération

Sandrine Grouard

MNHN, UMR 7209

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

Haut de page

Droits d’auteur

Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search