Batteries de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy
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Année de l'opération :
2010Numéro d’opération :
23675Lieux :
France d'outre-mer, Saint-Martin (Antilles Françaises), Saint-Barthélemy (Antilles Françaises)Nature de l'opération :
prospection thématiqueTexte intégral
1Des prospections thématiques sont conduites depuis 2007 sur le littoral de la Guadeloupe et de ses dépendances dans l’objectif de rechercher, répertorier, et analyser les vestiges fortifiés de la défense côtière de l’archipel guadeloupéen à l’époque coloniale. En 2010, la quatrième campagne de prospections s’est portée sur le littoral de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
2Dès la colonisation en 1635, le voisinage des possessions britanniques et donc de la flotte anglaise occasionne le report des conflits européens dans l’archipel : guerre de Succession d’Espagne, guerre de Sept Ans, Révolution, Premier Empire... À ce titre, Saint-Martin et Saint-Barthélemy relèvent d’un registre un peu différent incluant d’autres acteurs, la présence hollandaise pour Saint-Martin et une période suédoise pour Saint-Barthélemy. Dans un contexte de rivalités économiques des produits issus de l’agriculture antillaise, mais également face aux menaces de la piraterie, les côtes sont pourvues de fortifications. Si dans un premier temps la construction d’un fort dans le centre commercial et politique de la colonie est la méthode privilégiée, rapidement cette conception centrée de la défense montre ses limites face à des adversaires pouvant débarquer de toutes parts. Ainsi, au cours du xviiie s., une multitude de batteries d’artilleries sont édifiées sur les pourtours des îles.
3Avant la phase de terrain, a été réalisée une étude des archives militaires, majoritairement conservées au Service Historique de la Défense à Vincennes et aux Archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence. Les rapports d’inspections, cartes stratégiques et projets de fortifications permettent d’établir une cartographie des secteurs occupés par des constructions défensives. Si une première distinction historique permet de différencier projets et sites ayant existé, nous ne sommes pas à l’abri de cas – déjà rencontrés en Guadeloupe – où un ouvrage mentionné comme établi n’a en fait jamais été réalisé et où un édifice noté comme projet a été construit sans laisser de trace écrite. Ainsi, tous les sites mentionnés dans les archives sont prospectés, mais sont visitées aussi toutes les positions qui offrent un intérêt du point de vue de la stratégie côtière, par leur topographie ou leur situation face à des passes maritimes.
4Pour cette mission, une trentaine de kilomètres de littoral a été prospectée. 8 édifices étaient mentionnés dans les archives concernant Saint-Barthélemy et 9 pour Saint-Martin. À l’issue de la prospection, c’est un total de 9 sites présentant des vestiges militaires qui a été enregistré : 6 à Saint-Barthélemy et 3 à Saint-Martin. L’île de Saint-Barthélemy conserve un bâtiment méconnu et pour lequel une étude plus approfondie est envisagée, les ruines d’une forteresse attribuée à l’occupation anglaise qui occupent environ 8 000 m2 sur le morne dominant Gustavia (fig. 1).
5Toutes proportions gardées, le nombre de vestiges correspond globalement à ce qui existe en Guadeloupe sur une surface équivalente. Toutefois en termes de densité une chose est notable : alors qu’en Guadeloupe, et aux Saintes, les fortifications sont disséminées sur presque l’ensemble du littoral, dans les « dépendances du nord » le système défensif est strictement réduit à une défense des zones d’activités commerciales et politiques. En effet, ce n’est que autour de Marigot, Philipsburg (Saint-Martin) et Gustavia (Saint-Barthélemy) que se trouvent des éléments fortifiés. Même ceux qui sont un peu plus éloignés participent à la protection de ces secteurs. Il semblerait donc (hypothèse d’interprétation) que le système de défense terrestre visait plutôt à se protéger de la piraterie, à assurer la marchandise, et moins à défendre la colonie de ces îles d’une prise ennemie. En effet, ces 2 îles sont toujours revenues à la France par le jeu diplomatique et non par la solidité de leur système de défense. Toutefois, le contexte géopolitique et un éventuel appui de la flotte peuvent nuancer cette hypothèse. Les archives suédoises et néerlandaises apporteront peut-être un éclairage supplémentaire.
6Enfin, de nombreux matériels d’artillerie sont présents sur les 2 îles. De qualités et d’états de conservation variables, ils ont abondé l’inventaire des matériels d’artillerie de 16 pièces. Le bon état de conservation de plusieurs canons a permis, non seulement leur datation et leur identification, mais surtout de déterminer leur lieu de production (fonderies) et donc leur provenance comme la fonderie de Ruelle notamment (en Charente), citée dans les archives, mais également des pièces britanniques de la Royal Artillery.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Vestiges de la fortification sur les hauteurs de Gustavia |
| Crédits | Cliché : J. Vidal. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/118059/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 636k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Jonhattan Vidal, « Batteries de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 28 février 2022, consulté le 19 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/118059
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