Caudebec-lès-Elbeuf – Rue aux Saulniers
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
172974Chronologie :
Préhistoire, Néolithique, Protohistoire, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, époque médiévale, Haut Moyen Âge, époque moderne, époque contemporaineNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Éveha
Texte intégral
1La fouille menée entre février et juin 2019 s’insère dans un contexte déjà documenté : en 1993 avait été repérée une probable villa, immédiatement au nord de la prescription, le long de la rue Lamartine, 1 km à l’est du cœur de l’agglomération d’Uggade. Le diagnostic avait mis en évidence la continuité du site vers le sud, avec une plus grande densité dans la partie septentrionale, avec notamment une continuité de l’ensemble bâti. Le projet d’aménagement, tenant compte de ces contraintes archéologiques, a exclu cette frange pour aboutir à une prescription de 5,3 ha (fig. 1) et soustrayant la continuité planimétrique avec les données antérieures. À 800 m de la Seine sur sa rive droite, le site est implanté sur une terrasse de grave qui règne sur les trois quarts occidentaux du site et surplombe une zone alluvionnaire. Les investigations ont permis de mettre au jour une succession d’occupations s’étendant du Néolithique à la période contemporaine, certaines n’étant qu’erratiques et en retrait des périodes antique et alto-médiévale.
2Une occupation avérée du Bronze ancien est caractérisée essentiellement par un ensemble céramique issu principalement d’un silo. Un bruit de fond attribuable à La Tène ancienne fait suite sans être clairement définie sur le terrain, mais toujours en bordure de la terrasse de grave. La Tène C2/D2 est plus marquée, caractérisée par plusieurs fossés d’axe est-ouest et trois zones bâties ayant livré davantage de mobilier céramique, en bordure de la terrasse de grave et aux extrémités orientale et sud-est de la fouille où, pour le dernier point, elle est associée à une sépulture à inhumation.
3La période antique semble continue avec la Protohistoire récente, tant ses premiers niveaux concentrent un mobilier associé à La Tène finale. Elle s’observe sur l’ensemble du terrain, avec l’installation d’un parcellaire nord-sud et l’aménagement d’un enclos de 140 m de long sur son côté sud, le seul appréhendé intégralement. Le front sud est parcouru par un mur auquel est adjoint une petite construction carrée, en lien avec un accès à l’enclos. Vers l’est, un petit enclos bâti, de 28 x 23 m, suit la même trame parcellaire. Une bande ayant permis d’explorer l’espace jusqu’à la rue Lamartine permet de valider une plus grande densité de vestiges dans la partie septentrionale. L’ensemble traduit un vaste aménagement qui débute autour du milieu du ier s. de notre ère et perdure au Haut-Empire. Une cave, partiellement perçue, a livré un mobilier abondant traduisant plusieurs phases d’occupation qui couvrent les trois premiers quarts du iie s.
4Vers le sud, une petite zone funéraire a livré deux sépultures à crémation, dont l’une contenait un riche mobilier (verre, céramique, métal) attribuable à la seconde moitié du ier s. de notre ère. Une troisième sépulture, aménagée avec des terres cuites architecturales matérialisant un coffre, apparaît comme celle d’un immature. À proximité, une zone de production de chaux a été mise en évidence avec une succession de quatre fours (fig. 2), dont l’un n’a pas été mis en service, se succédant autour d’un même espace de travail, régulièrement repris.
5Plusieurs réaménagements sont perceptibles au Bas-Empire, avec notamment une reprise de l’enclos qui avait connu une phase d’abandon. Les traces perceptibles au travers du mobilier sont cependant plus ténues, mais permettent d’assurer une continuité d’occupation au moins jusqu’au milieu du ive s. de notre ère.
6La transition avec la période médiévale est matérialisée par une zone funéraire, relativement concentrée, avec 16 inhumations réparties en trois pôles étalés sur 600 m2. Pour 10 d’entre elles, le mobilier associé est relativement abondant : parures, armement, outillage, révélant une occupation de la fin du ive et du ve s. Les fosses sont aussi caractérisées par leur qualité. Elles sont larges, profondes et permettent d’accueillir un coffrage, souvent calé par plusieurs pierres. Une sépulture masculine, en position topographique dominante et la seule orientée est-ouest, était caractérisée par un mobilier relativement abondant (fer de lance, francisque, boucle, pyxide). Son aménagement est aussi remarquable par une fosse peu profonde, recouverte d’un apport de terre formant un tumulus estimé à 6 m de diamètre à la base.
7Un hiatus vraisemblable suit cette occupation qui ne reprend qu’à la fin du viie s. et jusqu’au xe s. Plusieurs fours, silos, fonds de cabanes et greniers ont été identifiés, ils sont disséminés sur l’ensemble du terrain, avec une concentration plus importante à l’intérieur de l’enclos antique. Un aménagement plus lourd a été effectué dans le quart nord-ouest de la fouille, avec un important fossé formant un coude, éventuel marqueur d’un enclos dont l’emprise serait en dehors de la fouille. Les parties maçonnées sont récupérées et quelquefois réutilisées en élévation, notamment avec l’aménagement de fours contre le mur qui règne au sud de l’enclos antique. Un puits, dont le cuvelage est aménagé avec des blocs de récupération, a livré un lot de céramiques caractéristiques des productions de l’atelier de La Londe, au viiie s.
8Le IIe millénaire a principalement imprimé la partie sud de la fouille. L’extrémité du parc du château de La Villette, formant une excroissance sur l’ensemble paysager, montre trois phases d’aménagement s’étalant de la fin de la période moderne au xxe s. Il évolue d’un grand arc ouvert sur un chemin menant au nord vers un système quadrangulaire annulant l’accès carrossable et finalement clôturé d’un mur fermant le parc. À chacune des extrémités de cette avancée ont été logés deux bâtiments : une chapelle funéraire à l’ouest, construite après 1788 et utilisée au début du xixe s. pour deux sépultures, et un autre bâtiment, une possible chapelle, ayant connu deux phases d’aménagement, à l’est. Plusieurs fosses de plantation parsèment l’ensemble du terrain et quelques creusements ont recueilli des dépouilles animales jusqu’à une époque récente.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan général de la fouille |
| Crédits | DAO : B. Lepeuple, X. Perrin (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/120479/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 443k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue photogrammétrique des fours à chaux |
| Crédits | Cliché : D. Étienne, N. Saulière. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/120479/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,3M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Bruno Lepeuple, « Caudebec-lès-Elbeuf – Rue aux Saulniers » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 14 mars 2022, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/120479
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