1Occupation majeure de la fin de l’âge du Fer du territoire des Vellaves, le Camp d’Antoune est un site de hauteur fortifié implanté à plus de 1 000 m d’altitude surplombant la vallée de la Loire. Connu depuis le xviiie s., ce site a fait l’objet de différents types d’investigations. Les données recueillies permettent d’envisager son statut d’oppidum localisé à la limite de la province romaine de Transalpine à partir de la fin du iie s. avant J.-C. Les différentes campagnes de recherche réalisées depuis 2007 ont permis de proposer une occupation aux iie-ier s. av. J.-C. ainsi qu’aux iie-iiie s. apr. J.-C., (Kurzaj 2008, 2011, 2013, 2021).
2Hormis les données récoltées à proximité du rempart, l’occupation interne du site est méconnue du fait notamment de la densité du couvert forestier. La connaissance de la structuration et de la nature de l’occupation de ce site de hauteur revêt pourtant une importance majeure pour la compréhension de l’organisation du territoire vellave au ier s. av. J.-C. Si différentes caractéristiques permettent d’envisager son statut d’oppidum (superficie, fortification, chronologie), nous ne disposions d’aucune donnée permettant d’en comprendre sa fonction : agglomération, site cultuel, militaire, site refuge, lieu de pacage....
3Le programme de prospection thématique 2021 répondait donc à un double objectif. À partir de l’exploitation d’un relevé LiDAR (fig. 1), il s’agissait d’observer, lors d’une prospection pédestre, la nature des anomalies topographiques repérées afin de distinguer les éléments relevant du terrain naturel, de ceux correspondant à des aménagements anthropiques. Le traitement et l’analyse des données obtenues sur le terrain devait permettre de déterminer les zones étant les plus propices pour l’ouverture de nouvelles fenêtres d’investigations pour des campagnes ultérieures.
Fig. 1 – Anomalie topographique repérées sur fond LiDAR
DAO : M.-C. Kurzaj (Grav/Archeodunum).
4Au total, 1 120 points ont été relevés sur le terrain à l’aide d’un GPS correspondant à 155 anomalies topographiques, qui se répartissent en différentes catégories. Les différents tronçons du système défensif ont pu être relevés et sa configuration a pu été analysée sur la base de MNT. Ainsi les interactions s’opérant entre les différentes lignes défensives ont pu être examinées et des modalités d’accès proposés (fig. 2). Une voie de communication a d’ailleurs été identifiée au pied de l’oppidum.
Fig. 2 – Vue 3D du système défensif nord
DAO : M.-C. Kurzaj (Grav/Archeodunum).
5Des systèmes de soutènements en pierres sèches ont également été documentés et pourraient avoir une origine ancienne. Les vestiges de l’occupation agro-pastorale postérieure ont également été examinés et se composent d’un ensemble de murets de parcelles, de chibottes et de tas d’épierrement. Parmi eux, certaines structures pourraient avoir une origine plus ancienne. Il s’agit notamment d’un aménagement en pierres sèches dont les premiers états pourraient correspondre à une tour ou à un bastion (fig. 3). D’autres empierrements correspondent à des constructions en pierres sèches, aujourd’hui comblées.
Fig. 3 – Substruction en pierre sèche
Cliché : M.-C. Kurzaj (Grav/Archeodunum).
6Cette campagne de prospection a donc permis pour la première fois d’investiguer l’intérieur du plateau. Les résultats sont tout à fait pertinents pour la compréhension de l’occupation du site. Si de nombreux vestiges sont les témoins d’activités agro-pastorales à une période encore non datable (médiéval, moderne ?), d’autres aménagements semblent liés à l’occupation de la fin de l’âge du Fer.