Prémontré – Abbaye de Prémontré, centre hospitalier (phase 1)
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Année de l'opération :
2010Numéro d’opération :
10007Nature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Conseil général de l’Aisne
Texte intégral
1Cette opération fait suite aux deux diagnostics réalisés en 2008 et 2009 par le pôle archéologique du Département de l’Aisne dans le cadre du réaménagement de l’hôpital de Prémontré.
2Des solutions techniques permettant une bonne conservation des vestiges ayant été proposées par l’Établissement public de santé mentale départemental de l’Aisne (EPSMDA), maître d’ouvrage du chantier, un suivi de chantier a été prescrit par l’État. Les travaux sont prévus en trois temps jusque courant 2013. La première phase, relative aux bâtiments A, B et C, s’est poursuivie entre octobre 2010 et avril 2011. Au cours des travaux, des prescriptions complémentaires ont été nécessaires pour la réalisation des tranchées de réseau et pour la fouille des sépultures découvertes dans l’aile nord du bâtiment B.
3La campagne de 2010 a permis de mener des investigations archéologiques dans un secteur au nord-ouest de l’église qui n’avait pas été étudié lors des interventions de 2008 et 2009 (bâtiment A). Les travaux se sont également déroulés dans la partie occidentale de l’église abbatiale et dans ses abords immédiats (bâtiment B). Le reste des observations archéologiques a concerné l’espace à l’est de l’église abbatiale (bâtiment C). Les vestiges bâtis les plus anciens ont été mis au jour à l’emplacement du futur bas-côté sud de l’église abbatiale. Deux dépressions comblées au xiie s. ont également été fouillées au nord de l’église. La découverte des différentes fondations de mur appartenant à la partie occidentale de l’église abbatiale permet de positionner avec précision cet édifice construit, selon les sources historiques, dans les années 1134-1151. Le mode de construction très spécifique de ces soubassements a ainsi pu être détaillé. En plus des murs périphériques, d’épaisses fondations à profil en redent ont été bâties pour soutenir les piliers séparant la nef principale des bas-côtés. L’utilisation de blocs en remploi dans les deux assises supérieures de ces murs permet de documenter une phase de travaux à la fin du xiiie s. L’intérieur de l’église a servi de lieu d’inhumation. Si d’autres sépultures ont également été aménagées à l’ouest et au nord-ouest de l’église, la concentration la plus importante de tombes, correspondant au cimetière, a été dégagée directement au nord. Les inhumations les plus anciennes datent des premiers temps de l’abbaye et l’essentiel des tombes découvertes peut être attribué aux xiie et xiiie s. Quelques rares sépultures plus tardives ont toutefois été identifiées. L’étude anthropologique conclut à une population mixte de moines et de laïcs. Des vestiges ténus ont, avec prudence, été attribués au cloître qui se développait au sud de l’église. Les restes de la porte Saint-Jean, construite dans les années 1304-1327, ont été vraisemblablement identifiés ainsi que ceux d’une remise (bâtiment A). Ces vestiges permettent de préciser l’organisation de ce secteur fortement modifié au xviiie s. Dans les années 1758-1769, cette porte a été arasée et la grange Saint-Jean, toujours en élévation, a été bâtie en bordure nord de la grande cour de l’abbaye, le long de laquelle les différentes circaries ont été construites. Au nord de l’église et à l’ouest du cimetière, la présence d’un bâtiment a pu être appréhendée grâce à l’implantation des inhumations et à la présence de maçonneries. Cette construction, interprétée comme la circarie de Pologne et de Livonie, figure sur la gravure exécutée par Barbaran en 1656. Au Moyen Âge, l’espace à l’est de l’église pourrait avoir été réservé à des activités agricoles ou laissé en herbe. Une citerne y est établie au xve s. Un fragment d’ardoise gravée de notations musicales, objet exceptionnel par sa rareté, a été découvert dans les niveaux relatifs à la mise en place de cette construction. Dans la seconde moitié du xvie s. ou au plus tard vers 1620, ce secteur est réorganisé et laisse place à un jardin d’agrément dans lequel un bassin ornemental quadrilobé est installé.
4Quelques rares constructions relatives à la verrerie ont aussi été mises au jour. Les murs gouttereaux et de façade de l’église ne semblent pas avoir été définitivement arasés avant 1855 comme le suggère une gravure. Un mur de clôture est érigé au nord du bas-côté nord et une construction est édifiée entre ce mur et celui de l’église. Des radiers, supports d’aménagements indéterminés, ont été dégagés à l’ouest de l’église abbatiale ou à l’intérieur de la nef principale. L’espace à l’intérieur du cloître connaît également d’importantes transformations.
5Enfin, quelques structures témoignent de modifications survenues depuis les années 1864-1867, dates d’aménagement de l’hôpital.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Clef de voûte |
| Crédits | Cliché : J. Hubert (Conseil général de l’Aisne). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/128932/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 674k |
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| Titre | Fig. 2 – Secteur nord du cimetière |
| Crédits | Cliché : T. Galmiche (Conseil général de l’Aisne). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/128932/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 685k |
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| Titre | Fig. 3 – Ardoise gravée de notations musicales |
| Crédits | Cliché : T. Galmiche (Conseil général de l’Aisne) ; relevé : V. Buccio, C. Gaultier. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/128932/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 715k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Thierry Galmiche, « Prémontré – Abbaye de Prémontré, centre hospitalier (phase 1) » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Hauts-de-France, mis en ligne le 28 novembre 2022, consulté le 07 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/128932
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