Villeneuve-Saint-Germain – Le Fond du Ham
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Année de l'opération :
2010Numéro d’opération :
9877Nature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Texte intégral
1Le projet MASSIV-ANV de l’ASAVA a débuté en 2007 par une année probatoire. L’année 2010 a constitué la dernière année du programme triennal initialement formalisé. On rappellera qu’il s’agit d’une enquête sur les « fossés en croix » du site, qui vise à préciser les propriétés intrinsèques et extrinsèques de ces structures si originales. Les fossés servent de « fil rouge » à ce projet afin d’appréhender, après les fouilles des années 1970 et 1980, un site dont on a, au passage, porté la superficie potentielle à plus de 100 ha au lieu des 70 ha couramment retenus : même si une partie significative du site a été détruite, y compris très récemment, une telle surface réclame un cadre problématique très précis. Les nouvelles fouilles visent aussi bien à produire de nouvelles données sur les fossés qu’à permettre l’utilisation, de façon critique et « recadrée », des données produites par les fouilles anciennes (fouilles de Jean Debord et fouilles de l’URA 12 du CNRS), notamment afin de disposer d’un plan précis et géoréférencé des structures de l’oppidum. Les premières années ont permis d’obtenir des résultats significatifs quant à ces fossés. C’est d’abord la présence d’un cuvelage à l’extrémité du fossé est, dans le secteur du « carrefour », qui a été mise en évidence. Les sondages limités réalisés dans le fossé ouest près de l’extrémité ont confirmé la présence d’un tel aménagement et permis de démontrer que les poteaux étaient creusés dans la paroi des fossés et non dans le fossé, avant tout comme supports verticaux du cuvelage. Ensuite, c’est l’extrémité nord du fossé nord, près de l’Aisne, qui a été explorée, à la suite de sa localisation sur une photo aérienne de l’IGN : la plupart des indices nécessaires pour soutenir l’hypothèse d’un cuvelage continu jusqu’à cette extrémité (à près de 900 m de l’extrémité sud de cette structure, s’il s’agit bien d’un fossé en une seule partie !) ont été reconnus en fouille. Enfin, les fouilles de 2009, qui ont porté sur des tronçons des fossés nord et ouest, ont permis de repérer des cloisons transversales entre paires de poteaux de paroi (fossé nord) et des problèmes de profondeur relative de certains poteaux de paroi par rapport à la profondeur du fossé (fossés nord et ouest) ce qui paraît exclure, là où ce caractère est avéré, la présence d’une superstructure aérienne conséquente au-dessus des fossés. Ce sont ces points que les fouilles 2010 devaient explorer, d’une part sur des tronçons préservés du fossé sud (secteur 2010-I) sur lequel nous n’avions fait encore aucune observation, et d’autre part, sur quelques mètres encore à peu près intacts du fossé nord (secteur 2010II), de part et d’autre de ce qui avait été fouillé en 2009. Le secteur 2010-I correspond à un décapage pour l’essentiel tout en longueur d’environ 475 m2, avec une emprise hors tout de plus de 62 m dans une direction globalement nord-sud et de près de 30 m (au maximum), dans la direction est-ouest. Il reprend assez précisément le décapage réalisé en 1983 par Jean Debord sur la seconde partie du fossé sud et le prolonge le plus possible vers le sud. En fonction de ce qui avait été fouillé intégralement ou partiellement par Jean Debord, il a été possible de réaliser plusieurs sondages, transversaux mais surtout longitudinaux sur des demi-largeurs de fossé. Lorsque c’était possible, les sondages étaient implantés en fonction des poteaux latéraux, ce qui assurait de mettre en évidence les poteaux de paroi dans les demi-sections transversales. La plupart du temps, ces poteaux sont profondément enfoncés sous le niveau du fond du fossé, ce qui est compatible avec une superstructure aérienne significative. Cependant, même sur le fossé sud, certains poteaux de paroi sont bien trop superficiels pour qu’une telle superstructure – si elle était présente – ait pu être continue : des poteaux latéraux, non repérés par Jean Debord au moment du premier décapage, pourraient correspondre à des absences vraies. À partir de ce décapage longitudinal, une fenêtre transversale a été ouverte, sur une faible longueur, dans l’espoir – vain – de recouper un décapage effectué en 1980 par J. Debord. À cette occasion, une découverte très importante a été faite sous la forme d’une maison néolithique VSG attestée par une tierce de gros poteaux internes, deux autres poteaux centraux et une demi-douzaine de poteaux répartis sur les parois nord et sud : les structures du second âge du Fer en ont fait disparaître plusieurs. Cette maison appartient vraisemblablement à une rangée de bâtiments située à une centaine de mètres plus à l’ouest de la précédente, mise en évidence dans les années 1970, et permet d’envisager un village sensiblement plus étendu qu’initialement proposé. Le secteur 2010-II est un décapage assez étroit d’environ 170 m2 pour une emprise hors tout de près de 30 m sur 12 qui reprend une partie du décapage de l’an passé (secteur 2009-I) et l’étend vers le sud, et une partie du décapage réalisé par Jean Debord en 1981. En plus d’observations complémentaires sur certaines sections de l’an passé, deux sondages sur des demi-longueurs de fossé ont été réalisés, à la fois plus au sud et plus au nord, immédiatement en limite de carrière : il s’agissait là encore d’insérer des sondages entre les parties détruites et les parties intégralement ou partiellement fouillées par Jean Debord. Deux principaux résultats ont été obtenus. D’une part, la confirmation de la présence de cloisons transversales dans cette partie du fossé nord ; des blocs de pierre ont notamment été mis au jour précisément entre des paires de poteaux de paroi, alors que de tels blocs sont absents du remplissage du fossé. D’autre part, les poteaux de paroi présentent vers le nord, une profondeur faible par rapport au fond du fossé ; le changement se manifeste entre les deux sondages, et l’on pourrait faire l’hypothèse d’une superstructure aérienne se limitant à quelques dizaines de mètres à partir du carrefour. Au total, les fouilles de 2010 ont confirmé que les fossés étaient cuvelés, qu’ils pouvaient être interrompus par des cloisons transversales, que la question d’une superstructure aérienne était posée, et qu’ils avaient pu être associés à des usages hétérogènes.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Tierce de poteaux centraux appartenant à la maison néolithique |
| Crédits | Cliché : G. Auxiette (Inrap), P. Ruby (université Paris 1). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/129017/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 855k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Pascal Ruby, Ginette Auxiette, « Villeneuve-Saint-Germain – Le Fond du Ham » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Hauts-de-France, mis en ligne le 28 novembre 2022, consulté le 15 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/129017
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