Ressons-sur-Matz – Place André-Léger, rue de Belloy
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Année de l'opération :
2010Numéro d’opération :
9896Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Le projet de réaménagement par la SODEARIF d’un îlot de 500 m2 localisé sur le flanc sud de l’église de Ressons-sur-Matz, entre la place principale André-Léger et la rue de Belloy, est à l’origine d’un diagnostic archéologique : il s’est révélé positif avec plus de 150 occurrences recensées et concentrées dans deux des quatre sondages réalisés. Une visite des caves corrélée à la description de 1887 de l’historien local A. Tassin, témoigne de la subsistance de vestiges médiévaux sous les maisons bordant la Place André Léger. Certaines tranchées ont révélé l’aménagement de plusieurs parcelles constituant un îlot le long du flanc sud de l’église dont l’orientation fixe les axes du maillage. Il semble s’écouler un siècle entre la construction de l’édifice religieux au xiie s. et les premières implantations qu’un rare mobilier céramique permet de situer au xiiie s. Cette ville traversée a priori par l’ancienne voie antique de Senlis à Roiglise semble tout à la fois être victime de son emplacement stratégique et de sa localisation dans le domaine de la Couronne de France, en limite du territoire de Noyon et ce, malgré l’édification de ses fortifications. Les promoteurs et la date de création de ces dernières ne sont pas connus (fin du Moyen Âge-début du bas Moyen Âge ?). Les stratigraphies dégagées montrent dès la première phase d’occupation et jusque pendant la période moderne de nombreuses phases d’incendies, de démolition et de reconstruction. Les remblais et vestiges ont livré peu de mobilier permettant d’être précis dans leurs datations. Les destructions des registres paroissiaux dans les années qui suivirent la Révolution et des archives de la commune au cours de la Première Guerre mondiale, font qu’il s’avère délicat de relier les événements dramatiques révélés par les coupes et des événement historiques attestés. Si la parcelle 1192, en dehors de l’espace bordant la place n’a livré qu’un puits maçonné en pierre de taille et montré les vestiges en élévation d’un mur de parcellaire de la période moderne, il en va tout autrement de la parcelle 2373. Une déclivité du terrain, proche de 1,75 m, constante sur la totalité du versant suggère deux hypothèses : la présence d’un talweg dirigeant les eaux de ruissellement du versant vers le Matz ou une carrière d’extraction de matériaux pour la construction de l’église. Après le dépôt d’une strate de colluvions dans cette déclivité, on note la présence d’un fossé et la présence d’un bâtiment légèrement excavé. Un trou de poteau contemporain suggère la présence d’autres édifices à ossature de bois. L’angle d’un bâtiment avec cave et mur en pierre calcaire de 0,80 m de large témoigne de l’existence d’un édifice soigné et important donnant sur la place. Des incendies successifs permettent d’identifier l’espace comme une cour, exhaussée après chaque incident. Sur ces aménagements, on observe de fins lits d’occupations avec des décompositions organiques qui pourraient signaler la présence de quelques animaux abrités dans des écuries ou étables. Au bas Moyen Âge, de nouvelles constructions voient le jour avec un bâtiment sur cave en fond de cour qui est associé à un puits et un bâtiment sur fondation en calcaire qui possède une cave. Ces installations sont détruites à la fin du xve s. ou au début du xvie s. Il est possible qu’un morcellement de la parcelle 2273 se mette en place dès cette phase avec la présence d’une tranchée de récupération de mur présente à l’ouest de l’édifice 158. Le mobilier céramique découvert dans les aménagements proches de la place, objets glaçurés ou très hautement décorés ou en grès, témoigne du niveau de vie aisé de ses occupants. Il est vraisemblable que la migration des habitants de Bayancourt vers la cité fortifiée dans le courant des xive et xve s. ait activé la reconstruction et le développement des différents quartiers. À la période moderne, les murs de parcellaires sont reconstruits en pierre de taille, des puits maçonnés en pierre calcaire sont creusés dans plusieurs enclaves. Un bâtiment sur vide sanitaire est installé, tandis que des nouveaux aménagements en bordure de la place, il ne subsiste que des fosses et des décombres suite à l’invasion des troupes espagnoles de 1636 ou des incendies de 1698 ou 1731. Au xixe s., la gendarmerie est implantée dans l’édifice donnant sur la place avec un espace de cour sur l’arrière du bâtiment. Derrière cette cour, l’une des tranchées montre un espace de jardin bordant une cour fermée par un mur à l’est. Cet espace est relié par une porte au 1er étage de la prison pour femmes de la ville, les hommes étant conduits à celle de Bayancourt. Au xxe s., la gendarmerie deviendra un hôtel puis la boutique d’un photographe derrière laquelle seront aménagés des jardins puis un portail et des annexes en bordure de la rue de Belloy. Le diagnostic archéologique a révélé l’importance du potentiel archéologique du quartier soumis au réaménagement. Certes, les ouvertures restreintes dans le peu d’espace disponible pour les investigations soulèvent plus de problématiques que de réponses mais signalent que des fouilles sur l’emplacement du bâti communal permettraient d’appréhender l’histoire de la ville alors que toute documentation ancienne a disparu.
Pour citer cet article
Référence électronique
Martine Derbois, « Ressons-sur-Matz – Place André-Léger, rue de Belloy » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Hauts-de-France, mis en ligne le 28 novembre 2022, consulté le 05 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/129443
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