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AccueilRégionsCentre-Val de Loire199137 – Indre-et-LoireCommune de Rigny-Ussé

1991
37 – Indre-et-Loire

Commune de Rigny-Ussé

Fouille programmée (1986) et sauvetage programmé (1991)
Responsable d’opération : Élisabeth Zadora-Rio

Texte intégral

Date de l'opération : 1991 (SP) ; 1986 (FP)
Inventeur(s) : Zadora-Rio Elisabeth

1Trois objectifs principaux guident les recherches entreprises depuis 1986 sur la commune de Rigny-Ussé : reconstituer dans la longue durée l'évolution du terroir communal, étudier les origines et l'évolution topographique d'un centre paroissial et suivre l'évolution des pratiques funéraires depuis le Moyen Âge jusqu'à l'époque contemporaine (Galinié, Zadora-Rio, 1987, 1990, 1991, 1992 ; Zadora-Rio, 1988 ; Zadora-Rio, Galinié et al. 1992).

2Aucune structure antérieure à l'église n'a été mise au jour jusqu'à présent. Des tessons de l'Époque gallo-romaine et, plus encore, du Haut Moyen Âge se trouvent en abondance sur ce site et indiquent que l'église a été construite dans un environnement largement urbanisé. L'église présente des dimensions importantes : la nef (18,30 m x 8 m), est constituée de trois travées voûtées d'ogives. La fouille a révélé trois massifs de maçonnerie perpendiculaires au gouttereau nord, qui constituent certainement les fondations de culées d'arcs-boutants remplacés dans le courant du XIIIe s. par de simples contreforts. L'église de Rigny possède une « fontaine » réputée miraculeuse, qui fut longtemps un but de pèlerinages et de processions. La disposition des lieux n'évoque guère une source aménagée mais on peut se demander s'il ne s'agit pas de l'entrée d'une crypte, qui aurait été condamnée à cause de la remontée de la nappe phréatique. Une tranchée, creusée dans le cimetière le long du gouttereau nord, permet de penser à une tranchée d'assainissement.

3Le cimetière couvre au moins huit siècles, du XIIe s. à 1865 (Fig. n°1 : Les étapes de la réduction du cimetière). On distingue aujourd'hui trois phases dans l'utilisation de l'espace funéraire autour de l'église. La première, médiévale, est celle de la cohabitation des vivants et des morts. Le cimetière médiéval s'étendait librement, sans aucune contrainte spatiale autour de l'église mais il n'était pas réservé uniquement aux inhumations ; quelques fosses à déchets témoignent aussi d'une utilisation profane. L'orientation très variable des fosses indique l'absence de rangées de sépultures et donc d'axes de circulation durables. Des secteurs d'inhumation réservés existent cependant, mais ils révèlent un embryon d'organisation plus qu'une partition rigoureuse. Les limites entre l'espace funéraire et l'espace domestique sont fluctuantes car les maisons qui s'établissent dans le cimetière, sont construites sans aucun égard pour les inhumations. La seconde phase débute à la fin du XVe s. ou au début du XVIe s. avec la construction au nord de l'église d'une clôture en pierre sèche qui sépare le cimetière du presbytère et forme aux XVIe et XVIIe s. la limite de la zone d'inhumation. On peut donc parler d'une restriction et d'une spécialisation de l'espace funéraire à cette époque. La troisième phase correspond au confinement du cimetière à partir du XVIIIe s. En effet, la construction d'un mur de clôture autour du cimetière entraîne sa mise à l'écart de l'église et constitue une frontière jusque-là inconnue à Rigny entre les vivants et les morts.

4À ce jour, aucune zone de fouille du cimetière n'est achevée ; on peut donc seulement présenter les grandes lignes d'une évolution éventuelle des pratiques funéraires. Comme partout après l'an mil, les contenants sont constitués de la fosse seule, de tombes construites dans la fosse et de cercueils déposés dans la fosse. Les sépultures en caisson se répartissent en plusieurs types selon la façon dont la tête du coffre est composée. D'un usage relativement courant pour les adultes, il est plus rare pour les enfants mais le remploi des caissons reste de règle. Du Bas Moyen Âge à 1865, on recense des sépultures en cercueil, des cercueils à clou forgé et des cercueils à clous à la filière. Toutefois, à toutes les époques, on observe une grande stabilité dans la position des corps : le decubitus dorsal est de règle ; seule la position des membres supérieurs connaît un changement notable : du Moyen Âge au XIXe s., ils sont placés haut, avant-bras posés sur les coudes ou croisés sur la poitrine alors qu'au XIXe s., on place les mains jointes sur le pubis. Les dépôts dans les tombes ne concernent que le Moyen Âge et le XIXe s. où vases funéraires et chapelets accompagnent le défunt.

5Après six ans de fouilles, les renseignements sur l'origine du centre paroissial sont faibles : une occupation du site même ou des versants qui le dominent est attestée à l'Époque gallo-romaine et au cours du Moyen Âge par la céramique et les fragments de tegulae, redéposés en abondance dans les couches du cimetière médiéval mais sa nature reste indéterminée. Les raisons qui ont conduit à implanter le centre paroissial dans un lieu si défavorisé par la topographie, l'hydrologie et le potentiel agricole, dépourvu, en outre, de toute valeur défensive, restent inexpliquées. Les problèmes liés à l'environnement se sont certainement aggravés au cours de la période d'occupation du centre paroissial. Le colluvionnement, qui a entraîné une montée importante de la nappe phréatique, est sans doute responsable de la divagation du ruisseau qui baignait le chevet de l'église au XVIIIe s. Le centre paroissial de Rigny a-t-il jamais été un village ? Même avant son déclin, il n'a jamais exercé toutes les fonctions : le pôle administratif et économique était à Ussé. Il apparaît donc comme un cimetière avec quelques maisons, construites sur les sépultures, souvent remplacées par elles. Aucun axe de circulation durable, aucune délimitation de l'espace domestique et funéraire ne s'imposent avant l'époque moderne. D'autres maisons, qui n'ont pas encore été explorées, apparaissent en limite de fouille ; il est possible qu'elles révèlent une organisation de l'espace plus durable.

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Annexe

Fig. n°1 : Les étapes de la réduction du cimetière

Fig. n°1 : Les étapes de la réduction du cimetière

Auteur(s) : Zadora-Rio, Elisabeth. Crédits : GI, 1997 - CNRS Editions, 1998 (1997)

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Table des illustrations

Titre Fig. n°1 : Les étapes de la réduction du cimetière
Crédits Auteur(s) : Zadora-Rio, Elisabeth. Crédits : GI, 1997 - CNRS Editions, 1998 (1997)
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/13054/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 91k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Élisabeth Zadora-Rio, « Commune de Rigny-Ussé » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 01 mars 1997, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/13054

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Élisabeth Zadora-Rio

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