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2019
49 – Maine-et-Loire

Les abbayes et les prieurés fortifiés du diocèse d’Angers lors de la guerre de Cent Ans

Prospection thématique (2019)
Responsable d’opération : Floriane Moreau

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Université de Rennes 2

Moreau F. 2019 : Les abbayes et les prieurés fortifiés du diocèse d’Angers lors de la guerre de Cent Ans, rapport de prospection thématique, Rennes, université de Rennes 2, 342 p.

Texte intégral

1Cette prospection thématique a été réalisée dans le cadre d’un mémoire de Master 2. Elle s’est déroulée au sein du diocèse médiéval d’Angers et concerne les abbayes et prieurés fortifiés des trois grands ordres monastiques (bénédictins, augustins, cisterciens) durant la Guerre de Cent Ans (1337-1453). Au cours de cette étude, quinze établissements monastiques fortifiés ont été recensés : six abbayes et neuf prieurés.

2Ces édifices sont répartis de façon très inégale au sein du diocèse (fig. 1). À l’exception de l’abbaye de Saint-Florent-le-Vieil qui se trouve à l’ouest, ils se situent tous dans la partie orientale du diocèse et plus particulièrement dans le sud-est, laissant une large zone ouest dépourvue de fortifications monastiques. Cette répartition correspond aux théâtres d’affrontement militaire et aux zones de passage des troupes puisque l’est du diocèse a été ravagé par ce conflit, tandis que le sud-ouest a plutôt été épargné. Seul le nord-ouest fait exception avec son absence d’édifices fortifiés, alors que cette zone a été fortement touchée. Cette absence de fortification semble pouvoir s’expliquer par les dommages et destructions qui sont moindres dans cette région, comparés à l’est du diocèse.

Fig. 1 – Carte de localisation des édifices monastiques fortifiés dans le diocèse médiéval d’Angers

Fig. 1 – Carte de localisation des édifices monastiques fortifiés dans le diocèse médiéval d’Angers

DAO : F. Moreau (université de Rennes 2).

3Leur présence dans les zones touchées par le conflit n’explique pas à elle seule la fortification de ces édifices. Il s’est avéré qu’aucun d’entre eux ne se trouvait au sein d’une cité remparée ou à proximité d’un site castral. Cette prospection a également mis en évidence la proximité de ces sites abbatiaux et prieuraux fortifiés avec de potentiels point de passage de troupes. La très grande majorité de ces établissements est, en effet, implantée à côté de voies navigables (la Loire, le Thouet, le Loir, l’Èvre et l’Aubance) et/ou d’un réseau viaire primaire ou secondaire plus ou moins dense, les rendant ainsi plus vulnérables. De très rares édifices ont malgré tout été fortifiés alors qu’ils sont totalement isolés du réseau hydrographique navigable ou du réseau viaire.

4L’étude archéologique de ces sites monastiques fortifiés a consisté à recenser les différents éléments défensifs encore visibles sur les sites et les comparer aux sources écrites et iconographiques mentionnant ces mises en défense. De ces comparaisons, il apparaît que la très grande majorité des édifices présentent encore des fortifications, mais celles-ci ne sont souvent que partiellement conservées, en ruines ou alors remaniées. Seul le prieuré de Saint-Rémy-la-Varenne semble se caractériser par un état de conservation relativement bon.

5Les éléments défensifs observés sur l’ensemble des édifices sont divers et variés :

  • les aménagements fortifiés des parties hautes : parapets crénelés et chemins de ronde avec ou sans mâchicoulis sur corbeaux ou sur arcs (fig. 2), les dispositifs de hourds ;
  • les tours d’angles ou de flanquement, les tourelles et les échauguettes ;
  • les ouvertures de tir : archères, arbalétrières ou simples meurtrières, canonnières à fentes longues, moyennes ou courtes ;
  • les fossés et les douves ;
  • les aménagements fortifiés des portes : barbacanes, ponts-levis, châtelets d’entrées (fig. 3) et ouvrages fortifiés des couloirs d’accès (assommoirs, herses).

Fig. 2 – Mâchicoulis sur arcs et sur corbeaux du chevet et du mur gouttereau nord de l’église Saint-Barthélémy au sein de l’abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur

Fig. 2 – Mâchicoulis sur arcs et sur corbeaux du chevet et du mur gouttereau nord de l’église Saint-Barthélémy au sein de l’abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur

Clichés : F. Moreau (université de Rennes 2).

Fig. 3 – Châtelet d’entrée de l’abbaye Notre-Dame-du-Loroux

Fig. 3 – Châtelet d’entrée de l’abbaye Notre-Dame-du-Loroux

Cliché : F. Moreau (université de Rennes 2).

6Tous ces éléments sont construits en pierre de tuffeau, même si l’emploi du bois, aujourd’hui totalement disparu, est essentiel dans la mise en défense, comme le mentionne la documentation historique.

7Ces éléments fortifiés, qu’ils soient érigés sur l’enceinte monastique, les portes, l’église ou les bâtiments monastiques permettent de classer les édifices en trois catégories :

  • les établissements transformés en forteresses, c’est-à-dire défendus par une enceinte munie de tours de flanquement, protégée par un fossé et abritant une tour maîtresse. Dans certains cas, les bâtiments monastiques ont eux aussi été fortifiés.
  • les établissements entourés d’une enceinte fortifiée mais qui n’abritent aucun élément défensif à l’intérieur de la clôture.
  • les prieurés où seule l’église a été mise en état de défense.

8La datation de tous ces éléments, grâce à la typologie et les sources écrites, permet de dégager deux grandes périodes de fortification : 1355-1370 et 1424-1442. Ces deux périodes correspondent aux deux phases d’invasion anglaise en Anjou, ce qui permet alors d’établir une corrélation entre la présence anglaise dans la région et la mise en défense de ces établissements monastiques. La fortification de ces édifices monastiques résulte de la volonté des moines de se protéger et est parfois réalisée en anticipation, tandis que d’autres ont été réalisées dans l’urgence, face au danger imminent occasionné par le passage des armées, voire même pour certains établissements en réaction à une attaque. Deux abbayes font exception (Saint-Maur-sur-Loire et Notre-Dame du Loroux), mises en état de défense par les Anglais afin d’y établir une garnison. Deux chantiers de fortification ont eu lieu en dehors de ces deux périodes : Saint-Florent-lès-Saumur entre 1409 et 1428 et Notre-Dame-du-Loroux à partir de 1446, afin de renforcer un système défensif érigé antérieurement.

9Une fiche de site a été réalisée pour chaque édifice monastique fortifié, retraçant son histoire et l’état des connaissances historiques, et présentant de façon détaillée les différents éléments de fortification, qu’ils soient encore conservés ou seulement connus par la documentation ancienne. Aussi, une datation est proposée à partir de la typochronologie ou des travaux historiques réalisés sur les monuments, de même qu’une contextualisation de cette mise en défense et une description de l’usage de ces fortifications. Chaque fiche se termine par un dossier iconographique avec plans anciens, cadastres, dessins et gravures anciennes ainsi que des photographies.

Fig. 4 – Façade fortifiée de l’église prieurale Notre-Dame de Cunault

Fig. 4 – Façade fortifiée de l’église prieurale Notre-Dame de Cunault

Cliché : F. Moreau (université de Rennes 2).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Carte de localisation des édifices monastiques fortifiés dans le diocèse médiéval d’Angers
Crédits DAO : F. Moreau (université de Rennes 2).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/132436/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 117k
Titre Fig. 2 – Mâchicoulis sur arcs et sur corbeaux du chevet et du mur gouttereau nord de l’église Saint-Barthélémy au sein de l’abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur
Crédits Clichés : F. Moreau (université de Rennes 2).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/132436/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 631k
Titre Fig. 3 – Châtelet d’entrée de l’abbaye Notre-Dame-du-Loroux
Crédits Cliché : F. Moreau (université de Rennes 2).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/132436/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 986k
Titre Fig. 4 – Façade fortifiée de l’église prieurale Notre-Dame de Cunault
Crédits Cliché : F. Moreau (université de Rennes 2).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/132436/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 968k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Floriane Moreau, « Les abbayes et les prieurés fortifiés du diocèse d’Angers lors de la guerre de Cent Ans » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Pays de la Loire, mis en ligne le 28 décembre 2022, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/132436

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Auteur

Floriane Moreau

Université de Rennes 2

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Responsable d’opération

Floriane Moreau

Université de Rennes 2

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