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2015
Littoral Mer du Nord, Manche, Atlantique

Au large de Port-des-Barques – Plateau des Palles et roche du Charenton

Prospection au sonar à balayage (2015)
Responsable d’opération : Pierre-Emmanuel Augé

Entrées d’index

Année de l'opération :

2015

Numéro d’opération :

302629

Chronologie :

époque contemporaine

Nature de l'opération :

prospection géophysique
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Texte intégral

Localisation, intérêt et objectifs de la prospection

1La prospection au sonar à balayage latéral et les plongées de vérification des anomalies détectées se sont déroulées du 24 au 27 juin et du 20 au 22 août 2015. Elles concernent toujours les secteurs du plateau des Palles et de la roche du Charenton situés dans le prolongement de l’île Madame (commune de Port-des-Barques). La zone de recherche est relativement vaste avec une superficie d’environ 5 km2. Les points choisis à l’intérieur de ce périmètre correspondent aux anomalies repérées depuis la première mission de 2013. Ceux-ci sont vraisemblablement associés aux épaves de la bataille de l’île d’Aix (dite des Brûlots) survenue le 12 avril 1809 et qui vit la défaite de la flotte napoléonienne contre la flotte anglaise. Il nous semble intéressant de continuer à vérifier la corrélation entre les mentions d’épaves repérées sur une carte marine de Beautemps-Beaupré datée de 1824 et celle de la bataille navale où figurent les quatre vaisseaux français échoués et détruits dans cette zone lors de ces combats. En effet, les premières plongées effectuées en 2013 ont permis de confirmer la présence de bâtiments ou parties de bâtiments à l’emplacement (ou dans un rayon de 50 m) de deux des mentions d’épaves de Beautemps-Beaupré. Dès lors, il est permis d’envisager la présence de structures anciennes sur les deux autres sigles ou aux alentours.

2Les objectifs de cette opération 2015 étaient de poursuivre la prospection au sonar de la zone de la bataille, en prêtant une attention toute particulière aux anomalies détectées par le sonar et ce, afin de vérifier d’éventuelles structures de navire ou d’amas de pierres de lest pouvant appartenir aux vaisseaux de guerre français (Calcutta, Jean Bart, Ville de Varsovie, Aquilon et Tonnerre) et aux autres bâtiments (brûlots, etc.) engagés et naufragés lors de ces combats du 12 avril 1809. L’intérêt étant d’obtenir en 2016 un recensement le plus exhaustif possible de l’ensemble des artefacts et de produire un plan général des vestiges dans ce contexte d’une bataille navale d’importance, ainsi que de déterminer l’emprise des sites éventuels, et la nature exacte des vestiges en présence (fragments d’architecture, mobilier).

Déroulement des opérations de prospection au sonar et de plongée

3Les opérations se sont déroulées sur quatre journées au mois de juin et sur trois journées en août. Les deux missions ont malheureusement dû être écourtées en raison des très mauvaises conditions météorologiques et de l’absence de visibilité lors des plongées. Malgré ces facteurs météorologiques défavorables, il a été décidé de poursuivre la prospection au sonar uniquement sur les zones non couvertes lors des deux précédentes missions (2013-2014) et de compléter celle de la roche de Charenton entourant l’épave 7 et l’anomalie 8.

4À l’issue de cette campagne de prospection, quelques anomalies supplémentaires ont été détectées au sonar. Ces échos semblent correspondre à des vestiges de navires (éléments d’architecture). Ceux-ci appartiennent vraisemblablement aux épaves qui leurs sont proches (épaves 2 et 7) et pour une autre, à ce qui semble être une nouvelle épave (l’anomalie 8). Compte tenu des conditions météorologiques, de l’absence de visibilité sous l’eau et des délais très courts de prospection, il a été décidé de ne plonger que sur les cibles du site de l’épave 7 et sur l’anomalie 8 afin de les observer et de les identifier.

5Sept points de plongée ont été définis sur cette première zone (épave 7) en fonction des anomalies détectées. Les plongeurs ont pu confirmer la présence de très nombreux vestiges en bois, de doublage en cuivre et de très nombreuses chevilles d’accastillage en cuivre dont les plus importantes mesurent plus d’1,20 m de longueur. Une première partie de la structure s’étend sur une vingtaine de mètres de longueur. Elle est concentrée le long d’une banche. Les restes d’un filet de chalut recouvrent la partie des structures en bois en élévation sur une hauteur d’au moins 1 m. Le filet est pris dans des membrures et dans des chevilles en cuivre. Une infime partie de celui-ci a pu être dégagée après plus d’une heure de plongée. Les membrures en bois sont particulièrement concrétionnées ou recouvertes d’une importante couche de sédiment (vase). À une vingtaine de mètres dans le nord-est, les plongeurs ont identifié un deuxième ensemble de membrures et de chevilles d’accastillage. Entre les deux, de nombreux autres éléments de bois sont décelables sous la vase. Il semble que nous soyons en présence d’éléments appartenant à un même navire (épave 7). Plus à l’est, sur un plateau calcaire, sont dispersés d’autres éléments composant un troisième ensemble moins important mais qui pourrait lui aussi appartenir à cette même épave.

6Quant à l’anomalie 8, elle est formée de deux petits tumuli distincts de 40 m. Seul l’un d’eux a fait l’objet d’une plongée de vérification. Il se compose de très nombreux morceaux de bois concrétionnés appartenant à ce qui s’apparente à une structure de navire. Des artefacts ont été trouvés sur ce site (chevilles d’accastillage en cuivre isolées ou prises dans des membrures, briques réfractaires).

7La localisation de ces deux épaves ou parties d’épaves correspond sur la carte de la bataille navale à celle du Ville de Varsovie, vaisseau de 80 canons, type Tonnant. En l’absence d’éléments probants d’identification, il n’est pas possible de savoir si l’on est en présence de deux épaves différentes, dont l’une serait ce vaisseau ou bien si l’on se trouve devant un même bâtiment qui, après avoir explosé, se serait disloqué et éparpillé sur la zone (rayon de 100 m).

Perspectives 2016

8L’année 2016 sera consacrée à la poursuite de la prospection au sonar et à celle des plongées de vérification. L’objectif est de localiser et identifier tous les artefacts de la zone couverte au sonar afin d’obtenir une cartographie et une bathymétrie de l’ensemble de la zone de recherche. Le but principal de cette prochaine campagne est de pouvoir interpréter la nature exacte de ces sites, de déterminer l’appartenance ou non de ces épaves à l’épisode de la bataille de l’île d’Aix et d’en identifier les bâtiments. Elle sera complétée par une étude dans les archives.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Pierre-Emmanuel Augé, « Au large de Port-des-Barques – Plateau des Palles et roche du Charenton » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 18 janvier 2023, consulté le 18 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/133999

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Auteur

Pierre-Emmanuel Augé

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Responsable d’opération

Pierre-Emmanuel Augé

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

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Droits d’auteur

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