1Le lancement des opérations d’identification des vestiges liés aux casinos de la jetée-promenade marque le début du deuxième projet scientifique pluriannuel porté par la cellule sous-marine du service d’archéologie Nice-Côte d’Azur. Cette opération s’inscrit désormais dans le vaste et long projet de classement de la Promenade des Anglais et de la ville d’hiver au patrimoine mondial de l’Unesco. Au sein de notre service cette opération porte la référence ASM 04-15.
2Établissement phare de l’offre de divertissement proposée aux riches touristes étrangers fréquentant la capitale de la Côte d’Azur à la fin du xixe s. et le début du xxe s., la jetée-promenade demeure l’une des constructions emblématiques de l’histoire contemporaine niçoise.
3Repérés au cours de plongées de prospection menées en 2009 et 2010 (Morabito, Debaux 2009, 2010a et b), les vestiges présents au large de la plage du Centenaire, à l’embouchure du Paillon, n’ont jamais fait l’objet d’une étude complète mêlant opérations de terrain et études documentaires. L’opération d’identification lancée cette année permet de combler cette lacune. Outre les opérations de terrain qui ont mobilisé une équipe de 15 plongeurs durant trois semaines et apporté des informations sur le site lui-même, l’étude documentaire débutée par Jean-Paul Potron permet d’apporter de nombreuses précisions sur le passé du premier de ces établissements. Il est en effet nécessaire de parler d’établissements au pluriel puisque le casino de la jetée-promenade, connu à travers de nombreux clichés, peintures et autres affiches publicitaires de la première moitié du xxe s., n’est que le second établissement édifié à cet emplacement. Le premier casino, construit entre 1881 et 1883, a été totalement détruit par un incendie. Oublié de la population, documenté et peu photographié, ce premier établissement est au centre de nos travaux.
4Deux campagnes ont été organisées cette année, l’une de deux semaines entre avril et mai, l’autre d’une semaine au cours du mois d’octobre. Ce site s’avère d’une très grande ampleur. Localisé à l’embouchure ouest du Paillon, au large de la plage dite du Centenaire, il couvre plus de 5 000 m2. Ces deux premières campagnes ont été consacrées à sa topographie. Seuls éléments facilement reconnaissables et ayant une forte probabilité de se situer toujours dans leur emplacement initial, les piliers ont été la base de notre travail de topographie pour prendre la mesure de ce vaste site au profil chaotique.
5Le sol marin alterne entre zones de sédiment et zones composées de fragments de sol et de poutrelles ou autres matériaux de construction, issus de la destruction du second casino en 1944. Notre volonté a été de déterminer des zones potentielles de sondage pour 2016, la problématique de mettre au jour des vestiges assurément issus du premier casino étant à l’origine de nos travaux sur zone. Cinq zones possibles d’implantation de sondages ont été retenues pour nos campagnes 2016.
6Durant la campagne d’avril-mai, nos premières plongées ont malheureusement mis en évidence le pillage du site. Les prospections de 2009 et 2010 nous avaient permis de mettre en évidence la présence d’un nombreux mobilier céramique et verre en surface du site, particulièrement des objets quasiment intacts. Il n’en est rien désormais. Si certains de ces objets ont pu disparaître sous l’effet de coups de mer la majeure partie a dû être ramassée par des plongeurs indélicats, désirant conserver un « souvenir » de cet établissement. Alerté par nos soins, le Drassm nous a autorisé à récupérer les pièces les plus intéressantes encore présentes en surface. Nous avons pratiqué ce prélèvement lors de la campagne d’octobre, selon les prescriptions faites.