Épaves à grande profondeur de la Corse
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Année de l'opération :
2015Numéro d’opération :
302645, 302855Lieux :
France métropolitaine, Corse, Département de la Haute-Corse, Cap Corse, Aléria, Brando, Bastia, Furiani, CagnanoChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, époque contemporaine, Seconde Guerre mondialeNature de l'opération :
prospection inventairePlan
Haut de pageNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture
Texte intégral
- 6 Phase I : du 14 au 18 avril, un jour et une nuit de transit, trois jours opérationnels. Phase II : (...)
1Comme en 2014, la mission a été partagée en deux phases distinctes de terrain6, très courtes, qui n’ont concerné cette année que des gisements à grande profondeur. Pour la première phase, en avril, nous avions programmé une campagne de couvertures photo et vidéo à haute définition de trois épaves anciennes expertisées entre 2013 et 2014. La seconde phase, en décembre, a bénéficié d’un créneau météo particulièrement favorable pour expertiser une série d’épaves à partir de -300 m, découvertes en majorité par Guido Gay, en particulier celle du Francesco Crispi, découverte et déclarée pendant l’été, qui a été l’occasion d’une première collaboration internationale avec le ministère italien des Biens Culturels.
2Toute la mission (décisions 2015-26, OA 2645 et 2015-147, OA 2855) était sous la responsabilité de Franca Cibecchini à l’exception de l’expertise de l’épave Furiani 2 qui était sous la responsabilité de Michel L’Hour. La mission a été prise en charge par le ministère de la Culture et la Communication.
Relevé photogrammétrique de trois épaves antiques
3La priorité concernant les épaves à grande profondeur de Corse était de procéder à leur documentation. Pour cette raison nous avions prévu de réaliser des couvertures photogrammétriques des trois épaves considérées comme prioritaires, pour leur intérêt scientifique mais aussi pour des raisons de conservation des sites : Aléria 1, Cap Corse 2 et Capo Sagro 2.
4Nous avons surtout ciblé la réalisation des orthophotographies, car nous voulions assurer avant tout un relevé précis. Nous avons lancé une lettre de consultation publique que l’Inrap a remportée en la personne de Maxime Seguin.
5Le lever photogrammétrique des épaves a été réalisé à l’aide du ROV Work class, Perseo GTV (Société Copetech). Un appareil reflex numérique Nikon D810 équipé d’un objectif AF Nikkor 20 mm a été utilisé pour l’acquisition des images. Cet appareil était situé dans un caisson étanche, fixé sur le ROV, capable de supporter des pressions jusqu’à 1 500 m de profondeur. Ce caisson était orientable de 0 à 30° par rapport à la verticale.
6Le déclenchement des prises de vues a été réalisé à l’aide d’un intervallomètre. Trois cadences étaient préprogrammées et un déclenchement manuel était également possible. La fréquence de déclenchement était de 1,1 image/seconde. L’éclairage des zones à photographier a été assuré par deux projecteurs, fixés sur des tiges en carbone ajoutées au ROV. La puissance d’éclairage était modulable en fonction des besoins et elle a été réglée afin de minimiser les phénomènes de contrastes au niveau des ombres portées. N’ayant à disposition qu’un jour de travail par site, nous avons dû choisir entre une orientation favorable à la réalisation de l’orthophotographie et plus défavorable à la restitution 3D, car nous ne pouvions pas changer l’orientation du caisson sans sortir le ROV de l’eau.
7Le ROV disposait d’un système de positionnement qui a permis de suivre sa trajectoire avec une précision d’environ 1 m.
8Cependant ce positionnement a été plusieurs fois perturbé lors des acquisitions photogrammétriques. C’est la couverture de l’épave Aléria 1 qui a le plus souffert de ce problème lié aux perturbations de la perche induites par les jets d’eau provoqués par le positionnement dynamique du navire support. Le problème a été ensuite résolu en rallongeant la perche.
9Le protocole de prise de vue était similaire au protocole standard de prise de vue aérienne. L’acquisition devait s’effectuer par bandes parallèles, orientées selon la plus grande longueur de l’épave, avec un recouvrement inter-bande de 80 % et un recouvrement intra-bande de 20 % des photos. Deux bandes complémentaires devaient être réalisées aux extrémités du site et perpendiculaires aux autres afin de contraindre le calcul d’aérotriangulation. Ces contraintes se sont avérées particulièrement difficiles à respecter, principalement en raison de la faible vitesse d’avancement du ROV et la perte fréquente du positionnement dans le cas d’Aléria 1.
10Des couvertures ont été effectuées sur chaque épave, à environ 4 et 2 m du fond sur Cap Corse 2 et Capo Sagro 2. Sur Aléria 1, nous avons fait une couverture à 2 m et une couverture à 1 m du fond dans la zone centrale avec les lampes encore in situ. La qualité radiométrique et géométrique des images ainsi que la configuration parfois désordonnée de la prise de vue ont conduit à utiliser le logiciel PhotoScan. Malgré ces défauts et la qualité de l’éclairage, cela nous a presque toujours permis d’utiliser a minima la zone centrale des images. Cette zone présente peu de flou et une grande qualité visuelle.
11Pour la réalisation des orthophotographies, le nombre d’images utilisé est le suivant : Aléria 1 : 684 (sur plus de 1 300 clichés) ; Capo Sagro 2 : 654 (sur plus de 1 000 clichés) ; Cap Corse 2 : 563 (sur plus de 1 000 clichés).
12Sur les trois épaves, les orthophotographies réalisées ont clairement montré les limites de la seule exploration avec la vidéo du ROV, même avec l’aide d’un système de positionnement, comme nous l’avions fait en 2013 et 2014. De fait, nous avons pu préciser les dimensions de trois sites et surtout avoir une vision d’ensemble exacte qui a changé toute notre interprétation des épaves. Nous disposons désormais d’une reconstitution 3D par nuages de points des trois épaves plus un détail de la zone centrale d’Aléria 1 avec les lampes encore empilées. Pour chaque épave nous avons pu réaliser des coupes transversales et longitudinales.
13En plus, nous avons demandé à Maxime Seguin de réaliser un système de géoréférencement des images utilisées par chaque orthophoto, de manière à pouvoir localiser facilement un objet et retrouver rapidement la série des clichés où il apparaît.
14Nous n’avons, en revanche, pas pu atteindre le second objectif de cette opération. Nous avions en effet besoin d’effectuer des prélèvements de mobilier sur au moins deux de ces épaves, Cap Corse 2 et Aléria 1, pour éclaircir diverses problématiques (caractéristique de la cargaison, origine du navire, route suivie) et pouvoir préciser la datation de ces épaves.
15La masse de données recueillies lors de cette courte mission a été importante et nous avons choisi de procéder à leur analyse et étude épave par épave, en donnant la priorité à Aléria 1. Encore une fois il s’agit de l’épave la plus complexe, avec une cargaison très variée et les nouvelles images ont permis de progresser d’une manière remarquable dans son analyse.
Cap Corse 2 (ex EA 3419)
16Nous avons effectué la première couverture photogrammétrique de la mission sur cette épave que l’on pensait, comme son découvreur Guido Gay, être dans les eaux territoriales françaises.
17Au vu de l’accord signé le 21 mars 2015 entre la France et l’Italie pour fixer plus précisément la ligne de séparation entre les eaux françaises et italiennes, il apparaît nettement que l’épave Cap Corse 2 est désormais inscrite dans les eaux italiennes. Nous avons par conséquent déclaré le site aux autorités italiennes en proposant notre pleine collaboration pour d’éventuelles futures recherches. L’intérêt scientifique de cette épave étant remarquable, nous avons décidé d’en publier l’étude préliminaire réalisée immédiatement après la mission de terrain.
18Les dimensions globales du tumulus sont de 21-22 m de longueur pour environ 9 m maximum de largeur. La cargaison de blocs de verre brut n’est pas concentrée en un seul amas, comme nous l’avions pensé après l’expertise de 2013. Il s’agit de deux amas qui sont séparés par une bande d’environ 3,5 m dans laquelle il n’y pas, ou presque pas de verre. L’amas le plus petit (tumulus 1), mesure environ 5 m par 3 m, le plus grand (tumulus 2) mesure environ 6,20 m par 8,50 m. Entre les deux amas se trouvent toutefois la plupart des amphores orientales visibles qui n’appartiennent pas au type carrots amphoras. Ces dernières se trouvent soit sur le petit tumulus soit en dehors de la cargaison de verre. Un col d’une probable amphore Gauloise 4 est visible en correspondance du petit tumulus. Une autre amphore entière, apparemment différente des autres, se trouve en dehors du tumulus. À quelques mètres, un col d’une possible amphore gauloise sort du fond presque à la verticale et pourrait signaler la présence d’une amphore entière, ensevelie. Une des extrémités de l’épave est occupée par de la vaisselle en verre, qui semble, en majeure partie, être encore empilée. Cette vaisselle semble occuper une surface d’environ 4,5 m par 9 m. Toutefois, les contours de cette partie de la cargaison ne sont pas faciles à cerner, car la vaisselle en verre presque transparente, est couverte par une légère couche de vase qui rend la lecture du site difficile (fig. 1).
Fig. 1 – Orthophotographie de l’épave Cap Corse 2
Cliché : Drassm ; restitution : M. Seguin (Inrap).
19La section longitudinale centrale nous montre bien le profil de l’épave, qui présente sa hauteur maximale sur l’amas de blocs no 2 (env. 50-55 cm) pour redescendre à 38-40 cm en correspondance de la vaisselle et à 27-30 à l’ouest, en correspondance de l’amas no 1.
20Nous n’avons pas d’explication sur l’origine de la bande apparemment vide entre les deux tumuli. Il ne s’agit certainement pas d’un trait de chalut. Il pourrait indiquer une zone de fracture du navire, mais ce point de rupture à proximité d’une extrémité est étonnant. Il pourrait également indiquer la présence d’une partie de cargaison périssable qui aurait disparu avec le temps, mais on a du mal à comprendre pourquoi elle aurait été entreposée au milieu du verre brut. Certes, la présence majoritaire des amphores ovoïdes-cannelées dans cette zone pourrait conforter cette hypothèse. Des études plus poussées sont nécessaires pour répondre à cette question. Dans l’idéal, il faudrait y effectuer un sondage.
21Au moins deux autres types d’amphores ont été détectés sur le site en plus de la petite dizaine d’amphores carottes, dont trois ou quatre sont entières et pour lesquelles nous avons pu préciser les dimensions (60 cm de longueur par 10 cm de largeur environ). Nous avons individualisé au moins six exemplaires (trois entiers et trois cols) d’un type de petite amphore en forme « de sac » (dimensions mesurées sur un exemplaire entier et bien visible : env. 50 cm de longueur par 35-38 cm de largeur max.), à panse et col côtelés et anse nervurée, pour lequel nous n’avons pas trouvé de comparaisons précises. Ces amphores présentent des caractéristiques proches du type Célestins 1A mais le col est différent, au niveau de la lèvre et du raccord des anses qui ne rejoint pas la lèvre, comme le montre bien le col qui a été prélevé. Cette partie est plus proche du type August 47. Le fond aussi ne semble pas annulaire comme pour les Célestins 1A mais cette partie est mal visible. Un col, peut être deux, pourrait appartenir à la forme AM 72. Tous ces types, y compris les amphores carottes, sont produits au Liban actuel, probablement dans une zone côtière aux alentours de Beyrouth et sont attestés en Gaule, notamment à Lyon, dans des contextes de seconde moitié/fin du iie s. – première moitié du iiie s. apr. J.-C.
22Les amphores carottes se datent entre l’époque augustéenne (10 av. J.-C.) et la période tardo antoninienne, même si la plupart des exemplaires connus est d’époque flavienne.
23Enfin un col d’amphore Gauloise 4 est bien reconnaissable sur l’amas de verre dans la zone sud et un autre col pourrait appartenir à ce type mais il est peu visible. Le fond d’amphore prélevé appartient à une amphore de type Gauloise, très probablement une Gauloise 4.
24L’ensemble de ces amphores permet de circonscrire la datation de l’épave à la seconde moitié du iie s. apr. J.-C., bien plus tardive que la première datation proposée pour l’épave en 2013 (Fontaine, Cibecchini 2014).
Aléria 1 (EA 3197)
25La couverture photogrammétrique de cette épave a souffert d’importants problèmes de perturbation du positionnement du ROV et de la présence d’un nombre élevé de crevettes qui ont provoqué des zones de flou dans la bande longitudinale, presque au centre de la cargaison et dans la bande sud – sud-est par exemple. Visuellement ces zones se caractérisent comme une bande plus sombre et des zones de flou.
26Avant tout, l’orthophotographie de l’épave nous a permis de préciser la dispersion du mobilier et, par conséquent, les dimensions du tumulus, qui fait environ 15 m de long pour 6-7 m de large. Elles sont donc un peu plus réduites que l’estimation de 2013. L’orthophotographie nous a également permis de voir qu’un large trait de chalut a lourdement endommagé le gisement, en le tranchant transversalement du sud-est vers le nord-ouest. De fait, le site est beaucoup moins dispersé que ce qu’on pouvait estimer en regardant les images des vidéos en 2013. L’épave présente une unité substantielle sous la forme du tumulus.
27Nous avons également réussi à mieux cerner la distribution de la cargaison. La cargaison d’amphores, la mieux conservée se trouve concentrée dans la moitié ouest du tumulus. Dans la bande nord – nord-ouest se localisent la plupart des amphores rhodiennes récentes et les Cnossos 19, les Dr. 20, les Dr. 2-4 de Tarraconaise et une série de pelves. Un autre lot d’amphores du bassin égéen, une dizaine au total, se trouve à l’extrémité est du tumulus, avec un lot de pelves et de nombreuses pièces de céramiques de cuisine. Dans cette même zone, plus au nord, deux grandes tuiles (60 x 60 cm environ) sont bien visibles. Quatre-cinq amphores africaines précoces et le même nombre d’amphores Beltran IIB et des Dr. 14 complètent la cargaison d’amphores visibles.
28L’orthophotographie a permis de mesurer un certain nombre de ces amphores, au moins toutes celles qui ont leur axe parallèle, ou presque parallèle au fond (fig. 3).
29Toute la partie centrale du navire semble occupée par une cargaison considérée d’habitude comme complémentaire aux amphores : les lampes, les céramiques à parois fines, les céramiques communes, quelques rares pièces en plombifère, des bouteilles et de la vaisselle en verre, souvent minoritaire, bref, toutes ces productions fines déjà individualisées en 2013 (Bilan scientifique du Drassm 2013, p. 104-105 ; Cibecchini 2015, p. 10-15). Nous nous sommes concentrés sur cette zone centrale que nous avons également pu mieux cerner, dans laquelle se trouvent aussi plusieurs lignes bien visibles de lampes encore empilées. Sur une zone d’environ 2 m x 2 m, les restes de dix rangées de lampes, dans la partie plus au nord, et de huit rangées de lampes, mieux conservées plus au centre, sont encore visibles. Il est plus compliqué de dire si elles sont aussi disposées sur plusieurs niveaux. Aucune trace ou indice clair d’un conditionnement initial dans des caisses n’est visible.
30De plus, la haute qualité des nouveaux clichés a permis d’observer de nombreux détails sur les objets visibles en surface et en particulier les lampes.
31L’orthophotographie a permis également de mesurer de nombreux objets, dont certaines lampes, posés à plat et bien visibles en surface du gisement. Nous avons pu ainsi détecter deux groupes de dimensions moyennes pour les lampes à disque. Nous avons pu observer (Cibecchini 2016) quelques formes différentes et, surtout, la présence de diverses décorations du disque, même si la prédominance et la grande homogénéité des lampes à disque et à bec arrondi (Deneauve VIIa/Bailey Pi) a été confirmée. Un engobe variant du rouge brique au brun-rouge, parfois très bien conservé, est bien visible sur plusieurs exemplaires. Nous avons même pu lire avec certitude les timbres, ou une partie significative du timbre, visibles sur trois lampes renversées. Ils sont tous associés au même personnage, avec la même signature de Lucius Munatius Phile (), dans les trois cas très similaires à celle de l’exemplaire récupéré en 2013. Pour les seules lampes à disque lisse, les plus visibles sinon les plus attestées sur l’épave, nous avons repéré plusieurs individus et plusieurs variantes morphologiques. La « monotonie » des lampes à disque n’est, de fait, rompue que par quelques rares exemplaires de lampe à deux bec en ogive à volutes doubles et à anse plastique, ou à réflecteur, en forme de triangle, forme Loeschcke III, Bailey D ou Bussiere BII2 (fig. 4).
32Nous avons pu différencier, avec une faible marge d’erreur, au moins cinq types différents de décoration du disque, observés, pour le moment, sur un seul exemplaire par type de décoration : lampe à médaillon orné de rosace ; lampe à médaillon orné de palmes verticales, courbes ; lampe à médaillon avec aurige poupin fouettant ses chevaux ; lampe à médaillon orné d’un croissant de lune sur un globe ; lampe à médaillon décoré avec un masque d’acteur de théâtre.
33L’analyse en lame mince de l’exemplaire fragmentaire de lampe prélevée sur Aléria 1 en 2013, effectuée par C. Capelli, s’accorde avec l’hypothèse d’une provenance de Rome. De plus, la découverte à Rome, plus précisément au Gianicolo, d’un déchet de cuisson avec le timbre LMVNPHILE démontre que ce lucernarius était actif à Rome jusqu’à l’époque des Antonioniens (Puppu 2008, p. 183-187). En conclusion, bien que très courte et sans avoir pu prélever du mobilier, cette campagne de documentation sur l’épave Aléria 1 nous a apporté une quantité inespérée de données archéologiques, en particulier sur la catégorie commerciale auquel appartenait le navire naufragé et sur sa route. Les dimensions modestes du navire, la présence à bord d’une cargaison d’amphores provenant de toute la Méditerranée orientale et occidentale et, principalement, un complément de cargaison de lampes et de céramiques fines et de cuisine de production romaine nous indiquent clairement que nous sommes en présence d’un commerce de redistribution qui a son origine à Rome.
34L’épave Aléria 1 permet aujourd’hui de réévaluer des contextes qui semblaient des cas isolés, comme l’épave Grand Bassin C (Gruissan), en le réinsérant dans des routes de distribution, ou mieux de redistribution, bien établies, des productions artisanales de Rome et tout particulièrement de lampes. Même l’interprétation du gisement Sainte Marguerite 2 (Cannes), encore mal connu, semble acquérir un nouveau sens, en s’insérant dans ce courant commercial de redistribution de Rome, dont l’épave Dramont D (Saint-Raphaël) représente probablement un des premiers témoignages pour ce qui concerne l’opus doliare.
Capo Sagro 2 (EA 3784)
35La seconde couverture photogrammétrique réalisée au cours de cette mission est sans aucun doute la meilleure des trois. Les excellentes conditions de visibilité du site, malgré la grande profondeur (-500 m), et l’absence de problèmes techniques ont largement contribué à cette réussite.
36Pratiquement intacte, l’épave est orientée sud-est – nord-ouest et se compose d’un tumulus central plus petit que ce que l’on avait estimé en 2014 (fig. 5). La zone occupée par le tumulus et le groupe le plus compact d’amphores qui l’entoure ne dépasse pas les 11 m de longueur. À environ 5 m, vers le sud-est, selon l’axe de l’épave, sont visibles deux ou trois amphores avec un lot de céramiques de table et quatre jas d’ancre en plomb, en deux groupes. Cette zone devrait correspondre à l’avant du bateau, mais l’espace entre elle et le tumulus des lingots avec le groupe d’amphores semble complètement stérile. Même si cette configuration n’est pas facilement explicable, il est évident que les ancres se trouvent à l’extrémité avant d’un navire qui devait atteindre une vingtaine de mètres de long par 6-7 m de large. Il serait nécessaire d’effectuer un petit sondage au centre de cette zone, apparemment vide, pour comprendre cette disposition très étonnante. Dans la partie nord, un tuyau est clairement visible, apparemment en plomb ; il sort de part et d’autre du tumulus. Il s’agit sûrement d’un élément de la pompe de sentine, qui était habituellement localisée à l’arrière.
Fig. 5 – Orthophotographie de l’épave Capo Sagro 2
Cliché : Drassm ; restitution : M. Seguin (Inrap).
37Le tumulus central est composé essentiellement par des grands lingots rectangulaires ou ellipsoïdaux allongés, plano-convexes, vraisemblablement tous en étain, comme l’atteste le fragment récupéré en 2014. L’analyse à fluorescence X portable effectuée sur cet échantillon par Cécile le Carlier (Archéoscience-CNRS Rennes) a confirmé qu’il s’agit d’étain presque pur, à 98 %. Ces lingots, probablement moulés directement dans le sol, sont assez longs, plus que ceux de même morphologie de l’épave Bagaud 2 (Long 1987, p. 150 et 162), dont la longueur est de 30 et 37 cm pour une largeur de 15-16 cm. Le tumulus est entouré par une trentaine d’amphores, pour la plupart éparses ou en petits groupes. Dans la zone des jas d’ancres se trouvait un petit lot de céramiques (un pelvis, une cruche avec filtre et bec verseur, un grand bol en céramique commune et une assiette fragmentaire en céramique sigillée) qui a été prélevé en 2014. Dans cette même zone, nous avons récupéré la moitié supérieure d’une amphore. Nous pouvons aujourd’hui confirmer qu’il s’agit d’une Oberaden 74 (fig. 6), qui est le type le plus attesté sur l’épave (22 exemplaires) avec quatre Tarraconaise 1 et quatre Lamboglia 2.
38Une analyse en lame mince a été confiée à Claudio Capelli (Distav-UniGe). Les amphores Oberaden 74, Tarraconaise 1 et les autres céramiques récupérées nous fournissent une datation de l’épave aux toutes dernières décennies du ier s. av. J.-C.
- 7 Entre la rédaction du texte et sa publication l’étude de ces données sur l’épave Capo Sagro 2 a été (...)
39Comme cela a été déjà avancé en 2014, la cargaison et son lieu de naufrage nous incitent à penser que le navire se dirigeait plutôt vers Rome que vers la Corse. L’origine du navire est probablement le port de Narbonne, plaque tournante du commerce des métaux à cette époque. L’étude de cette épave et de sa cargaison est en cours, en collaboration avec Christian Rico (Trace-UMR 5608) pour la cargaison d’étain et Pierre Poveda (CCJ-UMR 7299) pour la reconstruction du navire et l’évaluation de son tonnage7.
Expertise de nouvelles épaves à grande profondeur
- 8 Équipage de l’André-Malraux : D. Metzger, commandant ; C. Péron, second ; F. Bonnet, COH ; P. Cario (...)
- 9 Pour la plupart de ces sites nous n’avions reçu que quelques photos et dans certains cas même pas u (...)
40L’objectif de la seconde partie de la carte archéologique8 était d’expertiser une série d’épaves entre 300 et 500 m, déclarées pour la plupart par Guido Gay entre 2011 et 2015. Nous voulions effectuer une documentation vidéo et photographique de ces sites pour avoir une vision plus claire de leur nature, de leur datation, de leur potentiel scientifique, leurs dimensions, leur état de conservation, etc.9 Par conséquent, nous n’avons effectué que des images de reconnaissance, de manière à pouvoir procéder assez rapidement à une première expertise, vu le nombre très élevé et la grande profondeur des sites. Nous n’avons pas prélevé de mobilier sauf dans le cas des épaves antiques, sur lesquelles nous avons prélevé un échantillon significatif par épave.
Une épave très récente : le Jim Morgan, au large de Bastia
41Ce navire qu’on pourrait qualifier de vieux gréement se trouve en fait dans les eaux italiennes, à une profondeur de 570 m et à près de 600 à 700 m à l’est de la nouvelle frontière maritime dessinée entre l’Italie et la France.
42Il s’agit d’un très beau voilier à deux mâts remarquablement conservé (fig. 7). L’un des mâts, l’artimon, à l’arrière de la timonerie, s’est affaissé mais l’autre est encore dressé. Le dernier nom du bateau est bien lisible sur le tableau arrière : Jim Morgan. La plaque qui porte le nom du port d’attache s’est partiellement détachée mais elle demeure lisible : Jersey. On peut également facilement lire un lieu d’immatriculation antérieur, Manheim (fig. 8). Le temps semble ici simplement figé et même l’annexe du navire est encore amarrée sur le pont. Une rapide recherche sur Internet a révélé qu’il s’agissait d’un ketch de luxe anglais de 32 m de long, construit en 1885 à Lowestoft, dans le Suffolk, en chêne avec pont en teck, sur un plan d’Henry Reynolds. Voué depuis quelques années à la location depuis le port de La Napoule, pour 18 000 dollars la semaine, ce navire, curieusement, est aujourd’hui encore proposé à l’affrètement sur divers sites Internet alors même qu’il repose par 600 m de fond... Par ailleurs, nulle administration française ou italienne n’a jamais eu à connaître du naufrage de ce navire, devenu de ce fait une sorte de Hollandais Volant des abysses. Il y a là un mystère à résoudre qui ne peut qu’intriguer les archéologues du Drassm. On ne peut donc qu’espérer que le voile sera tôt ou tard levé sur les circonstances qui ont conduit à la disparition de ce bâtiment…
Les épaves contemporaines
Le paquebot Francesco Crispi, au large de Bastia (EA 4232)
43L’histoire du Francesco Crispi est étroitement liée à celle du submersible britannique HMS Saracen qui l’a torpillé le 19 avril 1943, vers 14h30. Réquisitionné par les autorités italiennes pour transporter des troupes, ce paquebot faisait route de Livourne à Bastia lorsqu’il a été intercepté par le Saracen à près de 18 milles au large de Punta Nera (île d’Elbe). Touché par trois torpilles, selon les archives historiques de la Marine italienne, le Francesco Crispi a sombré en moins de 16 mn, entraînant dans son naufrage 943 des 1 300 passagers embarqués, la plupart soldats du corps de Granatieri di Sardegna destinés à renforcer les troupes italiennes de Corse (fig. 9 et 10).
44Initialement destiné au transport de passagers, le Francesco Crispi a été livré le 28 décembre 1926 par le chantier Ansaldo San Giorgio del Muggiano de La Spezia à la Compagnia italiana transatlantica (Citra) de Gênes. Doté d’un tonnage de 7 600 tonnes pour 136 m de longueur et 16 m de large, il était propulsé par six turbines à vapeur. Avant la guerre, le Francesco Crispi a principalement servi sur la route maritime qui relie l’Italie à l’Afrique Orientale Italienne (AOI).
45Le Drassm avait une première fois recherché l’épave de ce paquebot, une demi-journée en 2013, sur la base de données d’archive. En vain ! Une seconde tentative avait été menée en 2014 depuis le navire Octopus de Paul Allen. À cette occasion, une vaste zone maritime avait été prospectée par un AUV muni d’un sonar à balayage latéral. Ces investigations avaient permis la découverte de l’épave romaine Capo Sagro 2 et celle du Jim Morgan, évoqué plus haut, mais pas celle du Francesco Cripsi. De fait, la zone étudiée est située un peu au nord du point où Guido Gay a finalement découvert l’épave le 1er juin 2015 (OA 2817).
46Le paquebot repose par 500 m de fond. Il semble avoir violemment heurté le fond. Sur l’avant, la proue est profondément enfoncée dans la vase (fig. 9) et la zone d’étrave est couverte de sédiments. La partie arrière est peut-être demeurée un moment en légère élévation avant que le navire ne se rompe à mi-distance de ses extrémités. Au demeurant, il est tout aussi possible que la rupture de la carène soit une conséquence directe de l’explosion des torpilles qui l’ont envoyé par le fond. En dépit de la violence de ces événements, l’épave est globalement très bien préservée. On peut aisément observer les grands salons, dont les vitres sont conservées, et suivre les coursives extérieures qui les contournent (fig. 10). De nombreux hublots demeurent intacts sur toute la carène. Des toilettes sont visibles dans la zone de rupture.
47Pendant l’expertise, le Drassm a reçu à bord du Malraux divers représentants des autorités italiennes, dont un membre du ministère des Biens culturels italiens, Pamela Gambogi (responsable pour l’archéologie sous-marine de la surintendance archéologique de Toscane), et Alessandro Pareti (photographe de la surintendance de Toscane). Guido Gay, inventeur de l’épave les accompagnait. Une médaille a symboliquement été déposée à cette occasion sur le massif d’étrave du paquebot.
Furiani 2 au large de Furiani (EA 4308)
48Ce site, à plus de 340 m de profondeur, a été rapidement expertisé car le navire est complètement enrobé par des filets de pêche et il est, par conséquent, très dangereux de s’en approcher avec le ROV. Il s’agit d’un navire de pêche armé d’un petit canon à l’avant. Il a probablement coulé dans un des nombreux combats en mer qui ont eu lieu dans les alentours de Bastia pendant la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement en 1943.
Porticciolo 2, Cap Corse (EA 4310)
49Guido Gay nous avait signalé cette épave en nous décrivant un navire en fer en plusieurs morceaux épars, datant probablement de la Seconde Guerre mondiale. L’expertise du site nous a permis d’y reconnaître, à plus de 420 m de fond, un navire d’environ 70 m de long, à propulsion mixte, à voile et à vapeur, avec une proue très étroite et effilée, datant probablement du xixe s. Nous y avons reconnu une seule chaudière et des éléments en bois qui semblent correspondre à des mâts. Le pont, dont il reste des traces bien visibles, était en bois. Le navire semble avoir explosé au centre, qui est complètement bouleversé, mais l’épave est encore un ensemble unique. Nous n’avons pu effectuer pour le moment qu’une rapide recherche, en consultant surtout les bases des données sur le web. Nous avons l’impression qu’il s’agit d’une épave relativement ancienne, proche des vapeurs du xixe s. Nous envisageons de reprendre l’analyse des vestiges de ce navire avec Michel Huet, expert des navires à vapeur.
Les épaves antiques
Capo Sagro 3 (EA 4233)
50Il s’agit de la seule épave expertisée lors de cette opération qui soit encore intacte. Le tumulus, à environ 500 m de fond, est imposant et il n’a pas encore été endommagé par le passage des chalutiers. Il a une longueur d’environ 17-18 m pour une largeur de 9 m, une hauteur d’environ 2 m et une orientation sud-ouest – nord-est. Les amphores visibles sont toutes des gréco-italiques que l’on peut vraisemblablement dater autour de 180-160 av. J.-C. La cargaison était composée d’aux moins deux couches d’amphores (fig. 11).
51Le seul élément étranger à l’extrême homogénéité de cette épave est une amphore qui gît à environ 2 m au nord du tumulus. Il s’agit, sans l’ombre d’un doute, d’une Beltran IIB, une forme originaire de Bétique qui apparaît incontestablement vers la moitié du ier s. apr. J.-C. et dont la diffusion perdure jusqu’à la seconde moitié du iie s. apr. J.-C. Nous ne pouvons pas trouver d’autre explication pour sa présence à coté de cette épave que celle du fruit du hasard. Comme pour les bouteilles en verre d’époque contemporaine que nous retrouvons presque sur toutes les épaves antiques, avec souvent de nombreux autres déchets, cette amphore semble avoir été jetée en mer par un navire qui suivait la même route ou de toute façon naviguait dans les mêmes eaux à presque deux siècles de distance. Il pouvait s’agir d’une amphore de la dotation de bord qui, une fois vide ou cassée, a été jetée par-dessus bord par les marins. Nous avons essayé de prélever la moitié supérieure d’une des amphores gréco-italiques, pour avoir plus de détails sur leur morphologie et surtout sur la pâte. Après quelques tentatives, nous nous sommes repliés sur un fragment de col plus petit.
52Nous avons fait un test avec Daniela Peloso (Ipso Facto) pour essayer de restituer au moins un nuage de points en 3D en partant d’une série de vidéos non géoréférencées et qui n’avaient pas été effectuées avec la volonté de réaliser une restitution 3D. Les résultats sont intéressants, bien que largement inférieurs à ceux qu’on peut obtenir avec des véritables couvertures photogrammétriques.
53Le site étant intact, la réalisation d’une couverture photogrammétrique nous semble prioritaire et urgente. Ensuite, il serait intéressant, si possible, de prélever quelques exemplaires en différentes zones du tumulus, par exemple une ou deux amphores aux extrémités et deux-trois exemplaires au centre. Des analyses pétrographiques des pâtes céramiques permettraient de rattacher ces amphores à une zone productive plus précise, sinon d’en déterminer le centre de production, et par conséquent de préciser la route suivie par ce navire.
Furiani 1 (EA 4309)
54Cette épave, à presque 400 m de profondeur, a été victime de plusieurs passages de chaluts, dont au moins un assez récemment. Un de ces passages, celui le plus impactant pour l’épave, a coupé en deux le tumulus aux deux tiers de sa longueur, dans le sens transversal. La forme du tumulus reste toutefois encore lisible et nous permet d’en apercevoir aussi ses dimensions : environ 12-13 m de long pour 6 m de large. La cargaison est composée majoritairement par des amphores Dr. 1C (fig. 12), mais probablement aussi quelques Dr. 1A, accompagnées par un lot de plus d’une douzaine d’amphores puniques de forme Ramon T.7.5 (fig. 13). Ces dernières semblent concentrées dans la partie sud – sud-est du tumulus, zone qui semble correspondre à une de ses extrémités, orienté sud-est – nord-ouest. Elles semblent refléter leur position d’origine, encore partiellement alignées sur un des flancs du tumulus. La disposition des amphores Dr. 1 et des amphores puniques et la hauteur du tumulus dans les zones épargnées par le chalutage nous amènent à penser qu’il y avait au moins deux couches d’amphores dans la cargaison d’origine.
Fig. 13 – Les tumuli de l’épave Furiani 1 : détail du tumulus de Dressel 1C et amphores néo-puniques
Cliché : Drassm.
55Dans la zone des amphores puniques, un fond à anneau d’un bol ou assiette à vernis noir est bien visible. D’autres fragments de céramiques à vernis noir sont visibles à proximité. Un fragment de col d’amphore punique a été prélevé. Une datation à la fin du iie – début du ier s. av. J.-C. semble la plus vraisemblable en raison du mobilier présent.
56De cette épave proviennent, avec peu de doutes, deux amphores Dr. 1C et trois punique Maña C2C pêchées à plus de 400 m de profondeur au sud de Bastia par un pêcheur très connu de Bastia en 1998 (déclaration G. Romiti, AM 12/98 ; Drassm 54/98). Comme pour l’épave précédente, une couverture photogrammétrique serait indispensable et assez urgente, avant que de nouveaux passages de chalut ne dispersent encore un peu plus la cargaison. Il serait également intéressant de réussir à récupérer une amphore punique et au moins un col de Dr. 1C ainsi que quelques pièces à vernis noir, pour préciser la datation et l’origine du mobilier, dans l’espoir de pouvoir formuler des hypothèses sur la provenance du navire.
Punta ai Giunchi est (EA 3790)
57Cette épave gisant à plus de 400 m de fond, a été lourdement endommagée et dispersée par le passage de chaluts. Il est aujourd’hui impossible d’avoir une idée de la forme d’origine de l’épave. La plupart des amphores, des Gauloises 5, sont cassées, il ne reste qu’une douzaine d’amphores entières bien visibles (fig. 14). Deux concentrations d’amphores, d’une surface d’environ 5 x 5 m chacune et à environ 5 m de distance entres elles, sont visibles mais il est difficile de dire si elles sont un écho du tumulus d’origine ou des concentrations crées par les chalutages mêmes. La dispersion du mobilier occupe une surface d’environ 13-14 m par 7-8 m, avec une orientation vaguement ouest-est. Aucun autre type d’amphore n’a été aperçu. Nous y avons prélevé un col (fig. 15). Ces amphores se datent entre la moitié du ier s. et la moitié du iie s. apr. J.-C. Malgré les dommages subis, il est évident qu’il s’agissait d’un tout petit navire, qui ne devait pas dépasser 10-12 m de longueur.
Fig. 14 – Détail d’une des concentrations d’amphores Gauloises 5 et de fragments de l’épave Punta ai Giunchi est
Cliché : Drassm.
Fig. 15 – Col d’amphore Gauloise 5 prélevé sur l’épave Punta ai Giunchi est
No 29977
Dessin : M.-N. Baudrand.
Cap Corse 1 (EA 3420)
58C’est la dernière épave expertisée, par -300 m de fond, sur la route de retour à Marseille. Endommagée comme la précédente, si ce n’est encore plus endommagée, cette épave a été complètement dispersée et détruite par plusieurs traits de chaluts. La zone de dispersion du mobilier est de 19 m par 8 m, avec très peu d’amphores encore entières et avec une orientation est-sud-est – ouest-nord-ouest. Deux petites concentrations de fragments d’environ 5 m x 5 m chacune, une formée en majorité par des cols (fig. 16) et l’autre avec plus de fonds et de panses, semblent dues au travail des chaluts.
Fig. 16 – Détail d’une des concentrations d’amphore G5 et de fragments après chalutage de l’épave de Cap Corse 1
Cliché : Drassm.
59Comme le précédent, ce petit navire transportait des Gauloises 5, dont un exemplaire entier a été prélevé (fig. 17). À l’extrémité nord-ouest, une probable amphore Dressel 2-4 et une probable Forlimpopoli D sont visibles, avec des fragments d’autres amphores, à moitié envasées dans le sédiment. La datation est la même que Punta ai Giunchi est.
60Ces deux épaves, malgré leur état avancé de destruction, sont très importantes car elles sont un témoignage clair d’un commerce du vin gaulois, probablement des côtes provençales, qui emprunte des routes partiellement de haute mer, probablement vers Rome, même avec des petits navires. Il serait intéressant de récupérer la possible amphore Forlimpopoli D.
61Ces deux dernières épaves on fait ensuite l’objet d’une étude plus approfondie dans le cadre d’un travail sur le commerce du vin de Narbonnaise (Cibecchini 2017).
Notes
6 Phase I : du 14 au 18 avril, un jour et une nuit de transit, trois jours opérationnels. Phase II : du 30 novembre au 5 décembre, un jour et une nuit de transit, quatre jours opérationnels.
7 Entre la rédaction du texte et sa publication l’étude de ces données sur l’épave Capo Sagro 2 a été effectuée et publiée (Cibecchini, Rico, Poveda 2018).
8 Équipage de l’André-Malraux : D. Metzger, commandant ; C. Péron, second ; F. Bonnet, COH ; P. Cariou, chef machine ; N. Steiner, cuisinier. Équipe scientifique (archéologues) : M. L’Hour, F. Cibecchini, D. Degez (Drassm) ; Photographes : S. Cavillon (Drassm) ; F. Osada. Équipe technique (ROV) : J. Sialelli et A. Verza (Copetech). Gedeon programme : P. Allante (réalisateur), M. Verdell (cameramen). Étudiante en stage : J. Rouvière.
9 Pour la plupart de ces sites nous n’avions reçu que quelques photos et dans certains cas même pas une seule image (Punta ai Giunchi Est, Porticciolo 2, Furiani 2, PLM).
Haut de pageTable des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Orthophotographie de l’épave Cap Corse 2 |
| Crédits | Cliché : Drassm ; restitution : M. Seguin (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 865k |
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| Titre | Fig. 2 – Col d’amphore levantine |
| Légende | Cap Corse 2. 29118. |
| Crédits | Cliché : S. Cavillon (Drassm). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 944k |
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| Titre | Fig. 3 – Orthophotographie de l’épave Aléria 1 |
| Crédits | Cliché : Drassm ; restitution : M. Seguin (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 849k |
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| Titre | Fig. 4 – Une des zones avec des rangées de lampes encore place |
| Crédits | Cliché : Drassm. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,0M |
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| Titre | Fig. 5 – Orthophotographie de l’épave Capo Sagro 2 |
| Crédits | Cliché : Drassm ; restitution : M. Seguin (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1017k |
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| Titre | Fig. 6 – Partie supérieure d’une Oberaden 74 |
| Crédits | Dessin : M.-N. Baudrand. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-6.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 82k |
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| Titre | Fig. 7 – L’épave du Jim Morgan : flanc bâbord |
| Crédits | Cliché : F. Osada (Drassm). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-7.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 563k |
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| Titre | Fig. 8 – L’épave du Jim Morgan : tableau arrière |
| Crédits | Cliché : F. Osada (Drassm). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-8.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 484k |
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| Titre | Fig. 9 – Le paquebot Francesco Crispi : avant du navire |
| Crédits | Cliché : Drassm. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-9.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 541k |
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| Titre | Fig. 10 – Le paquebot Francesco Crispi : galerie latérale |
| Crédits | Cliché : Drassm. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-10.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 568k |
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| Titre | Fig. 11 – Le tumulus d’amphores gréco-italiques de l’épave Capo Sagro 3 |
| Crédits | Cliché : Drassm. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-11.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 976k |
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| Titre | Fig. 12 – Les tumuli de l’épave Furiani 1 : détail du tumulus de Dressel 1C |
| Crédits | Cliché : Drassm. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-12.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 937k |
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| Titre | Fig. 13 – Les tumuli de l’épave Furiani 1 : détail du tumulus de Dressel 1C et amphores néo-puniques |
| Crédits | Cliché : Drassm. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-13.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 717k |
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| Titre | Fig. 14 – Détail d’une des concentrations d’amphores Gauloises 5 et de fragments de l’épave Punta ai Giunchi est |
| Crédits | Cliché : Drassm. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-14.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 438k |
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| Titre | Fig. 15 – Col d’amphore Gauloise 5 prélevé sur l’épave Punta ai Giunchi est |
| Légende | No 29977 |
| Crédits | Dessin : M.-N. Baudrand. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-15.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 84k |
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| Titre | Fig. 16 – Détail d’une des concentrations d’amphore G5 et de fragments après chalutage de l’épave de Cap Corse 1 |
| Crédits | Cliché : Drassm. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-16.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1018k |
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| Titre | Fig. 17 – Amphore G5 prélevée sur l’épave |
| Légende | No 29976 |
| Crédits | Dessin : M.-N. Baudrand. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/135150/img-17.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 71k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Franca Cibecchini, Michel L’Hour, « Épaves à grande profondeur de la Corse » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 04 mars 2023, consulté le 11 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/135150
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Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
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