Yvon T. 2012 : Les îlets du Petit et du Grand Cul-de-Sac-Marin à la Guadeloupe, attrait économique et occupations coloniales aux xviiie et xixe s., Bulletin de la société d’Histoire de la Guadeloupe, 163, Gourbeyre, p. 17-44.
Au large de Terre-de-Haut (Les Saintes) – Baie des Saintes
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Année de l'opération :
2015Numéro d’opération :
302616Chronologie :
époque contemporaineNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Adramar
Texte intégral
1Le 18 janvier 2013 deux tumuli localisés en plongée à une dizaine de mètres du rivage de la plage de l’anse du Bourg ont chacun fait l’objet d’une déclaration de découverte auprès des Affaires maritimes par Bernard Vicens, président de l’association Prépa Sub Antilles.
2En 2013, Bernard Vicens, suite à une demande d’autorisation adressée au Drassm, a mené une première étude du site des tumuli durant deux jours. La mission consistait à faire un prélèvement de galets observés au pied d’un des tumuli, d’établir une carte topographique détaillée de l’ensemble du site et de procéder à l’analyse minéralogique de ces galets.
- 1 BnF, catalogue général : Division 9 du portefeuille 155 du service hydrographique de la Marine cons (...)
3En avril 2015, une seconde mission d’étude se met en place du 23 mars au 3 avril, sous la direction d’Anne Hoyau-Berry en collaboration avec Bernard Vicens, afin de découvrir si les deux tumuli de l’anse du Bourg pouvaient correspondre aux vestiges laissés par le naufrage de deux frégates françaises perdues durant l’ouragan de 1666. Cette hypothèse repose sur l’étude d’une carte conservée à la bibliothèque nationale de France1 au registre des Cartes et Plans du service hydraulique de la Marine annotée de la mention « Mouillage ou les navires se sont perdus pendant l’ouragan de 1666 ».
4Le tumulus 1 (Th1.1), le plus au sud, mesure 9 m de largeur, 11 de longueur et 1,40 m de hauteur. Il se situe à 3,80 m sous la surface. Le tumulus 2 (Th1.2), établi à une distance de 19 m au nord-est du premier, présente quant à lui une longueur de 18 m, une largeur de 17 m et une hauteur de 4 m. Son sommet culmine 4 m sous la surface. La mission de 2015 a permis de découvrir un troisième tumulus, de taille plus faible, 5,50 m de longueur, 4,50 m de largeur et 1,50 m de hauteur. Ce dernier se situe à 12 m au nord-est du tumulus 1 et à 5,20 m de profondeur ; il ne présente pas de caractère archéologique.
5Après une étude des cartes anciennes comparativement à la topographique actuelle, la zone de naufrage, distante de quelques mètres du rivage, décrite par la carte de 1667-1668, ne correspond pas précisément à la localisation des tumuli Th1.1 et Th1.2 qui sont situés au nord-est du Fort aux Anglais, un promontoire de forme quadrangulaire remarquable, et non au sud-ouest comme cela est indiqué par la carte. Pour autant la baie entière présente des conditions de mouillage favorables ; il est donc probable que plusieurs zones puissent accueillir les vestiges de navires en perdition venus s’y abriter.
6L’ouverture de deux sondages de 3 m de côté, l’un sur le flanc nord et l’autre sur le flanc nord-est du tumulus 1, avec une profondeur de 1,90 m pour le premier et 1,60 m pour le second, s’est avérée stérile. Ce tumulus est constitué d’un amas de branches de corail mort coupées, emmêlées les unes aux autres et liées par des sédiments très fins et volatils. Le corail peut se fixer sur le bois d’une épave puis se développer et former ainsi un agglomérat calcaire important qui piège les vestiges archéologiques. Mais ce tumulus ne présente pas un développement naturel du corail mais plutôt un amas de branches coupées. Celui-ci pourrait correspondre à un stockage de matière première, abandonné proche de la côte en vue d’une exploitation à venir ou à un déchargement de fortune. La production de chaux à partir de madrépores de coraux qui sont séchés puis brûlés est une industrie courante en Guadeloupe et dans les Petites Antilles au xixe s. L’exploitation du corail dans la rade de Point-à-Pitre (Yvon 2012), dans le Petit-Cul-de-Sac Marin (sud de la rade) et autour des îlets est réalisée à faible profondeur par des esclaves qui le coupent à l’aide de pinces de fer. La chaux sert de matériau de construction mais elle entre également dans le processus industriel de la production du sucre afin de le purifier. Un cyclone pourrait, en dernière hypothèse, expliquer le cahot qui règne dans cet amas corallien.
7Les deux sondages sont stériles, ce qui ne permet pas de conclure à l’absence de vestiges archéologiques. Pourtant la stratigraphie mise au jour, sur pratiquement 2 m de hauteur, ne présente aucune variation entre la surface et le fond du gisement. Par ailleurs le secteur de la zone de galets observée en 2013 au pied du tumulus 1 n’a pas été retrouvé durant la campagne 2015. La réalisation d’une couverture géophysique de la zone au magnétomètre et au pénétrateur de sédiments pourrait, au même titre qu’un carottage, donner l’épaisseur de la couche de corail mort ainsi que des informations sur l’unité stratigraphique suivante. Mais il est pour l’heure prématuré de conclure sur la présence ou l’absence de vestiges archéologiques sous les tumuli 1 et 2 de l’anse du Bourg de la baie des Saintes.
Notes
1 BnF, catalogue général : Division 9 du portefeuille 155 du service hydrographique de la Marine consacrée aux îles des Saintes et à leurs ports ; document cartographique imprimé et manuscrit, 1667-1798, société d’Histoire de la Guadeloupe, cote GE SH 18 PF 155 DIV 9.
Haut de pagePour citer cet article
Référence électronique
Anne Hoyau-Berry, Bernard Vicens, « Au large de Terre-de-Haut (Les Saintes) – Baie des Saintes » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 04 mars 2023, consulté le 11 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/135171
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