Vicard T. 2020 : Vienne, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes : 37 rue Vimaine, rapport de diagnostic, Bron, Inrap.
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Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
2214176Chronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, Bas-Empire romain, Antiquité tardiveNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Éveha
Argant T. 2023 : Vienne (38) 37 rue Vimaine : rapport final d’opération archéologique : fouille préventive, Limoges, Éveha, 2 vol.
Texte intégral
1Les fouilles menées sur le site du 37 rue Vimaine à Vienne (Isère) sont intervenues dans le cadre du projet de construction d’un ensemble immobilier, à l’emplacement d’un verger. Les investigations archéologiques ont essentiellement permis de mettre au jour un ensemble sépulcral diversifié datant de la fin du Haut-Empire dans la partie orientale, et une voirie bordée d’un mur dans la partie occidentale des trois fenêtres de fouille ouvertes (fig. 1), qui totalisent environ 530 m2.
2L’analyse de la séquence sédimentaire, depuis les graviers d’un lit actif du Rhône jusqu’aux derniers limons de débordement, révèle l’éloignement progressif du lit majeur du fleuve, remplacé par un espace de plus faible courant s’atterrissant jusqu’à devenir un espace d’expansion de crues, marqué par un épais niveau de limons de débordement. Au sommet de celui-ci, un sol végétal s’est développé, autorisant une installation anthropique pérenne dans la seconde moitié du ier s. apr. J.-C., avant qu’une nouvelle phase plus active du fleuve ne vienne reconquérir cet espace, avec un nouvel épisode de dépôts limoneux post antique. Localement, cette phase a perduré jusque dans les années 1960, avant la fin des travaux de régulation du régime fluvial.
3En tout, 21 structures archéologiques ont été observées. À l’ouest (fig. 2), un mur (fig. 3) de moellons de gneiss local liés par un mortier sableux beige traverse le terrain d’est en ouest depuis la rue Vimaine, qui reprend le tracé nord-sud de la via mediana antique. Il s’interrompt brusquement vers l’est au milieu de la parcelle et limite au sud un espace de circulation présentant plusieurs niveaux de recharges caillouteuses, initialement bordé par un fossé, que ce mur remplace en dernier lieu. Vers l’est, cet axe viaire se transforme en un chemin beaucoup plus fruste, largement perturbé par les racines des nombreux arbres du verger. Un second fossé, observé dans la fenêtre de fouille orientale, en marque vraisemblablement la limite nord. L’ensemble est datable de la fin du ier et du début du iie s. apr. J.-C.
4Au cours du iie s. apr. J.-C., une vaste carrière de prise de matériaux se développe dans la partie orientale du site, au sud de la ligne formée par l’axe viaire et ses fossés. Elle est par la suite comblée par des déversements successifs de déchets, qui forment autant de lentilles charbonneuses séparées par des couches de limon. Le mobilier associé comprend un peu de céramiques fines de présentation (notamment DRAG 33, 37), des conteneurs à liquide (cruches, amphores), des mortiers, des pots horticoles en grand nombre mais aussi des restes de faune liés au traitement des carcasses d’équidés ou de chiens en particulier, et encore des restes humains charognés. Tous ces éléments suggèrent des origines diverses (artisanats, équarrissage, activités funéraires...).
5Le comblement de cette carrière se trouve ensuite entamé par le creusement de deux fosses-bûcher, aux parois rubéfiées encore en place par endroit, et orientées nord-sud. Les niveaux cendreux sont, dans les deux cas, brassés, et les restes osseux, dont une partie a été prélevée, sont ramenés au centre de la fosse. Des systèmes de libations sont installés au-dessus des amas ainsi constitués, l’un en céramique et l’autre en matériau périssable. Les deux structures sont ensuite comblées.
6Plus au nord, deux inhumations est-ouest bordent l’espace viaire. La plus à l’est correspond à une inhumation orientée en contenant en bois cloué d’une femme de plus de 40 ans présentant de multiples pathologies. Elle occupe une fosse très largement surdimensionnée par rapport à son encombrement modeste.
7À l’ouest de celle-ci, une seconde fosse accueille un cercueil en plomb scellé (fig. 4 et 5), contenu dans un coffre en bois cloué posé sur un radier de pierres. Il renferme une femme âgée d’une vingtaine d’années. Au pied du cercueil, fichées dans le sédiment encaissant de la fosse d’installation, sont apparues en miroir des lettres constituées de petits clous de fer constituant la suite « E RE ». On suppose qu’il s’agit des restes d’un élément en cuir incrusté de clous formant une formule propitiatoire.
Fig. 4 – Différentes étapes de la fouille de F2003, et restitution du coffrage en bois
Les limites de la fosse ont été précisées au fur et à mesure de la fouille, faute de lisibilité.
Photogrammétrie : N. Saulière (Éveha).
Fig. 5 – Éléments de description du cercueil en plomb de F2003 (MET 303)
Clichés : Éveha ; DAO : D. Bazillou (Éveha).
8Les éléments de datation de l’ensemble des structures funéraires placent cette occupation entre la seconde moitié du iie et la première moitié du iiie s. Recoupant les creusements des deux inhumations et le comblement de la carrière, une vaste fosse occupe le centre d’une construction en pierre de 8,5 m par 6 m dans laquelle sont également inscrites les deux inhumations. Si les éléments de chronologie font défaut pour assurer de la contemporanéité de l’ensemble, l’hypothèse d’un enclos funéraire est avancée.
9Le secteur est ensuite retourné à une occupation rurale péri-urbaine jusqu’au milieu du xxe s. Ce coin de verdure, épargné jusque là par l’urbanisation de la plaine alluviale désormais à l’abri des crues, livre encore quelques indices de son exploitation en tant que verger et d’espace annexe de la propriété donnant sur l’avenue de Général Leclerc, en accueillant, en dernier lieu, la sépulture des chiens de la famille occupante.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan du diagnostic et zones de prescription |
| Légende | D’après Vicard 2020. |
| Crédits | DAO : Éveha. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/139459/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 599k |
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| Titre | Fig. 2 – Plan masse des vestiges de la zone 1 |
| Crédits | Cliché et DAO : T. Argant, J. Couchet (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/139459/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 360k |
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| Titre | Fig. 3 – Le mur F1001 vu du sud |
| Crédits | Cliché : T. Argant (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/139459/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 499k |
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| Titre | Fig. 4 – Différentes étapes de la fouille de F2003, et restitution du coffrage en bois |
| Légende | Les limites de la fosse ont été précisées au fur et à mesure de la fouille, faute de lisibilité. |
| Crédits | Photogrammétrie : N. Saulière (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/139459/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 781k |
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| Titre | Fig. 5 – Éléments de description du cercueil en plomb de F2003 (MET 303) |
| Crédits | Clichés : Éveha ; DAO : D. Bazillou (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/139459/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 789k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Thierry Argant, « Vienne – 37 rue Vimaine » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 13 mai 2023, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/139459
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