Clermont-Ferrand – Projet InspiRe (secteur 10), Vercingétorix
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Année de l'opération :
2022Numéro d’opération :
039129Chronologie :
Protohistoire, âge du Bronze, Bronze moyen, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, époque médiévale, Moyen Âge classique, Bas Moyen Âge, époque moderne, époque contemporaineNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Alfonso G. 2022 : Clermont-Ferrand : Puy-de-Dôme, Auvergne-Rhône-Alpes : projet InspiRe, Secteur X, Vercingétorix : rapport de diagnostic, Clermont-Ferrand, Inrap.
Texte intégral
1Les trois tranchées réalisées dans la rue Ballainvilliers et l’avenue Vercingétorix (secteur 10 du projet InspiRe) ont mis au jour des vestiges archéologiques de l’âge du Bronze, de l’Antiquité, du Moyen Âge et des périodes moderne et contemporaine (fig. 1).
2Les vestiges les plus anciens proviennent de la partie nord du sondage 21, qui a révélé quelques tessons de poterie épars et une petite fosse de l’âge du Bronze, localisés au sein des colluvions limoneuses qui recouvrent le tuf volcanique. Ils attestent de l’extension du site de l’âge du Bronze moyen reconnu à une vingtaine de mètres à l’ouest sur le site de l’Hôtel Dieu.
3Pour la période antique, les sondages 20 et 21 apportent des informations sur l’occupation de la bordure orientale du cardo maximus, qui viennent compléter les données acquises pour la zone située à l’ouest de cette voie dans le cadre des opérations archéologiques menées sur le site de l’Hôtel Dieu. Ils fournissent également, par défaut, un jalon permettant d’estimer que, dans ce secteur de la ville au moins, le cardo maximus n’excédait pas une vingtaine de mètres de largeur si l’on restitue un trottoir symétrique de celui qui longe le côté ouest de la rue.
4Dans le sondage 20, les substructions d’un grand bâtiment moderne nous prive d’une approche spatiale extensive des niveaux gallo-romains, situés vers 1,20 m de profondeur. Néanmoins, les séquences préservées aux deux extrémités de la tranchée révèlent plusieurs phases d’occupation, étagées sur une hauteur de 1,50 m environ, matérialisées, au sud notamment par des sols de béton, de terre et de mortier de chaux et une couche de démolition de peintures murales. Le mobilier céramique associé à ces niveaux se rapporte au ier s. ou au début du iie s. apr. J.-C.
5Dans le sondage 21, vers -1,10 m, a été dégagée la partie sud d’une rue est-ouest qui constitue le prolongement du decumanus J reconnu à l’ouest du cardo maximus sur le site de l’Hôtel Dieu, et qui était bordée par un collecteur dont il subsiste la tranchée de récupération (fig. 2). La rue était longée par un trottoir sur lequel ouvrait, sans doute par un portique, un local de 3 m de largeur nord-sud, pourvu d’un sol de terre et de murs peints (fig. 3), d’après les vestiges présents dans la couche de démolition. Il est intéressant de noter que l’abondant mobilier céramique retiré de ces niveaux, associé à de nombreux restes fauniques et à quelques petits objets en os et en métal, se rattache majoritairement à la première moitié du iiie s. apr. J.-C. Il semble que l’espace situé au sud de ces constructions n’était pas bâti. Seuls une fosse (d’extraction ?), dépourvue de mobilier, un probable aqueduc nord-sud et un drain est-ouest aménagés dans le tuf volcanique et les colluvions sus-jacentes, y ont été mis au jour.
Fig. 2 – Plan du sondage 21 et des vestiges antiques proches fouillés sur le site de l’Hôtel-Dieu sur fond cadastral, avec localisation approximative du cardo maximus et du decumanus J
Échelle : 1/500.
DAO : G. Alfonso, S. Dohr (Inrap) ; C. Driard (Éveha) pour le plan des vestiges de l’Hôtel-Dieu.
Fig. 3 – Enduits peints provenant de la couche de démolition 2114
Sondage 21.
Clichés : G. Alfonso (Inrap).
6Les niveaux antérieurs à la période contemporaine ne sont pas conservés dans le sondage 19 dans lequel le tuf volcanique affleure à 0,90 m de profondeur. Un ensemble de structures en creux documentent, en revanche, l’occupation du secteur aux périodes médiévale et peut-être moderne. Sur toute la longueur de la tranchée, a été mise en évidence la bordure orientale du fossé défensif associé à l’enceinte médiévale érigée au xve s. (fig. 4), qui se situait à l’emplacement du bâti (xixe s.) présent sur la bordure ouest de la rue Ballainvilliers. La céramique contenue dans le remplissage du fossé, observé sur une hauteur de 1,40 m du côté nord, indique qu’il s’agit d’une phase tardive du colmatage de la structure, intervenue au xvie s.
Fig. 4 – Vue du fossé F1901 en cours de dégagement, vers le sud
Sondage 19.
Cliché : S. Soufi (Inrap).
7En bordure est du fossé se trouve un ensemble de fondations soigneusement bâties et régulièrement espacées, qui s’étendent à l’est du sondage. Leurs tranchées de construction ont livré quelques tessons de poterie des xie-xiiie s. (terminus post quem) mais ces maigres vestiges pourraient être largement résiduels. C’est ce que suggère la position des maçonneries, qui semble indiquer que le fossé existait lors de leur construction, plaçant celle-ci au plus tôt au xve s. et, au plus tard, au xviiie s. Diverses hypothèses peuvent ainsi être évoquées : contreforts d’un aménagement associé à l’ouvrage défensif du xve s. ou maçonneries d’un édifice de la période moderne, à l’instar de ceux qui sont représentés par exemple sur le plan de Fuzier de 1574.
8À la période contemporaine se rattache un grand bâtiment dont les fondations et les caves sont conservées dans l’emprise du sondage 20. Le recalage sur le cadastre de 1831 montre qu’il s’agit d’un édifice lié au jardin botanique attenant, devenu le jardin Lecoq, ce que confirme la découverte de nombreux pots à plantes et d’étiquettes botaniques en faïence dans les remblais comblant les caves. Bâti au moins dès la toute fin du xviiie s., comme l’atteste un plan de cette période, l’édifice a été détruit dans le milieu du xixe s. lorsque l’ancienne rue Saint-Jacques a été élargie et rehaussée, préfigurant l’actuelle avenue Vercingétorix.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Localisation des sondages sur fond cadastral |
| Crédits | DAO : S. Dohr, G. Alfonso (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/140284/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 930k |
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| Titre | Fig. 2 – Plan du sondage 21 et des vestiges antiques proches fouillés sur le site de l’Hôtel-Dieu sur fond cadastral, avec localisation approximative du cardo maximus et du decumanus J |
| Légende | Échelle : 1/500. |
| Crédits | DAO : G. Alfonso, S. Dohr (Inrap) ; C. Driard (Éveha) pour le plan des vestiges de l’Hôtel-Dieu. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/140284/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 481k |
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| Titre | Fig. 3 – Enduits peints provenant de la couche de démolition 2114 |
| Légende | Sondage 21. |
| Crédits | Clichés : G. Alfonso (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/140284/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 698k |
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| Titre | Fig. 4 – Vue du fossé F1901 en cours de dégagement, vers le sud |
| Légende | Sondage 19. |
| Crédits | Cliché : S. Soufi (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/140284/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 511k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Guy Alfonso, « Clermont-Ferrand – Projet InspiRe (secteur 10), Vercingétorix » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 01 juillet 2023, consulté le 05 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/140284
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