Perrot X. (dir.), Arnaud F., Demangeot C., Dieulafait F., Hallavant C., Larre F., Pedini C., Pedoussaut L., Tessariol M. 2018 : Lunesse, Angoulême, Charente, rapport de fouille préventive, Hadès.
Angoulême – 5 avenue Paul-Desfarges
Entrées d’index
Année de l'opération :
2020Numéro d’opération :
207230Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Faisant suite à une demande de permis de construire au 5 avenue Paul-Desfarges à Angoulême, reçue en août 2019 dans un secteur archéologiquement sensible, le service régional de l’archéologie de Nouvelle-Aquitaine a prescrit un diagnostic archéologique attribué à l’Inrap sur 2 148 m2, sur la parcelle AZ 269, redécoupée et cadastrée AZ 322. Cette prescription est motivée notamment par la découverte d’une villa antique mise au jour immédiatement à l’est du projet, en amont de la construction d’un centre commercial (Perrot 2018).
2Les terrains sur lesquels s’est déroulé ce diagnostic s’asseyent sur l’étage inférieur du Turonien, composé de calcaire blanc tendre, de calcaire argileux et de marne (C3a), si l’on se réfère à la carte géologique au 1/50 000e du BRGM (Carte géologique de la France, feuille d’Angoulême [no 709], Orléans, BRGM, 1970). La parcelle se trouve en contrebas du plateau découpé par le méandre de la Charente en interfluve avec la Touvre. Dans le bas coule le ruisseau de la Font Chauvin. Le terrain présente un pendage du sud vers le nord au niveau du tiers sud du terrain. Les deux tiers nord de l’emprise étaient totalement engorgés.
3Quatre tranchées ont été ouvertes et ont permis de mettre au jour un mur parcellaire. Au nord de celui-ci, trois fondations de murs enceignent un sol construit formant un bâtiment ou une pièce dont la surface totale peut être restituée à 14 m2 (fig. 1). L’extension maximale du site dans l’emprise de la prescription peut être estimée à 130 m2. Les premiers vestiges affleurent à 30 cm sous le sol actuel et les niveaux en place sont enfouis à 50 cm de profondeur sous un remblai de démolition.
4L’orientation du bâtiment et du mur parcellaire contre lequel il s’appuie, se superpose à celle des fondations de l’aile nord de la villa et du mur parcellaire 106, interprété comme la limite méridionale de la pars urbana (Perrot 2018) (fig. 2). Alors qu’on avait cru identifier la limite occidentale du domaine lors de la fouille de 2016, pensant que le site se développait vers l’est et le sud, il fut surprenant de découvrir de nouveaux vestiges d’occupation antiques.
Fig. 2 – Plan des vestiges mis au jour lors du diagnostic en 2020 et de la fouille de 2016 sur fond cadastral
Source cadastre : Direction générale des Finances publiques ; fouille 2016 : d’après Perrot 2018.
Relevé topographique : P. Texier ; SIG et DAO : B. Moutarde (Inrap).
5Peu d’éléments nous permettent d’assurer une interprétation sur la nature exacte du site, sa chronologie et ses différentes phases d’occupation. Il est encore moins évident d’établir la relation fonctionnelle et chronologique avec les bâtiments fouillés en 2016. Il n’y a pas de marqueur en place : l’essentiel du mobilier se trouve disséminé dans les remblais de démolition donnant sans doute un terminus ante quem à l’Antiquité tardive, voire au haut Moyen Âge. Il y a toutefois une forte proportion de céramiques du Haut-Empire, mais on ne peut négliger les autres éléments. Plutôt que de déplorer l’hétérogénéité de la céramique sortie du remblai de démolition, nous préférons y voir l’histoire longue du site, traversant différents remaniements, depuis la fin du ier s. avant notre ère jusqu’à l’Antiquité tardive, et sans doute au-delà, en dépit de l’arasement des vestiges et du bouleversement des niveaux d’occupation. Certes, le contexte de découverte de la céramique interdit la maîtrise d’une chronostratigraphie fine. On a de rares tessons roulés dans les colluvions sous-jacentes aux maçonneries chichement attribuables à la Protohistoire, sans plus de précision. Ceci donne un terminus post quem bien vague, mais nous alerte sur la proximité d’une occupation protohistorique. Même si les données réunies sont peu nombreuses et de piètre qualité, elles permettent toutefois d’émettre l’hypothèse d’une occupation plus longue et progressive que ce qu’avaient établi les conclusions de la fouille du site adjacent dont nous avons certainement l’une des extensions.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Vue vers l’est des vestiges antiques mis au jour |
| Crédits | Cliché : B. Moutarde (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/142340/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 582k |
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| Titre | Fig. 2 – Plan des vestiges mis au jour lors du diagnostic en 2020 et de la fouille de 2016 sur fond cadastral |
| Légende | Source cadastre : Direction générale des Finances publiques ; fouille 2016 : d’après Perrot 2018. |
| Crédits | Relevé topographique : P. Texier ; SIG et DAO : B. Moutarde (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/142340/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 276k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Bénédicte Moutarde, « Angoulême – 5 avenue Paul-Desfarges » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 09 octobre 2023, consulté le 10 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/142340
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