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Année de l'opération :
1994Chronologie :
époque moderneNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture
Texte intégral
1Aucune fouille ne s’était jusqu’alors déroulée, en Limousin, sur les rebuts de fabrication d’un porcelainier, de surcroît bien connu, et dont la production a fait, et fait encore, l’objet de nombreux ouvrages et articles.
2La quasi-totalité des parcelles 20 et 21 de la section OK contenait des déchets provenant de l’ancienne manufacture J. Pouyat (1835-1912) à l’époque de sa transformation en société anonyme, la SA La Céramique. La datation, outre par la forme de l’estampille ou le style des décors, est rendue aisée par la présence, sur plusieurs moules, de leur date de fabrication (1882-1883). Leur période d’utilisation étant particulièrement courte, il paraît logique de placer ce dépotoir à cette époque. Sur toute la superficie des parcelles, trois zones de dépôt ont été remarquées : deux proviennent de la manufacture Pouyat et sont de la même époque, le dernier dépotoir, plus récent, est issu de l’entreprise W. Guérin, localisée à la pointe nord de la rue du Petit-Tour.
3La manufacture Pouyat était installée au 2 de la place des Carmes, depuis 1835, à environ 200 m au sud du site fouillé. Cette entreprise est surtout connue pour ses « blancs », qui ont fait la réputation de l’usine. Toutefois, cette production, luxueuse et surtout destinée aux expositions, ne devait pas faire vivre l’entreprise : les objets d’usage courant ne sont cependant que rarement décrits. En outre, il paraît certain que la manufacture ne commercialisait plus, ou presque, de blancs après son changement de raison sociale.
4Un seul des dépotoirs a pu être fouillé : il a restitué plusieurs centaines de moules, des porcelaines brisées, blanches ou décorées, des objets non cuits, quelques instruments liés au travail de la porcelaine, mais aussi quelques objets en grès émaillé, en faïence ou en céramique commune.
5Les moules sont tous en plâtre et beaucoup d’entre eux portent, en cursive, des inscriptions de natures diverses. Celles-ci nous renseignent sur les noms des services, des objets, leurs dimensions, leur série, parfois le nom de leur créateur (?). Ainsi, en plus des noms de services connus, comme Mousseline, Mauresque ou Écaille, nous avons recensé des noms jamais cités, comme Cygne, Saxe, Atila, etc. Trois noms de créateurs ont été retrouvés : Debord, Cédrat, et Genteux-Turcot. Parmi les objets fabriqués, nous avons trouvé des moules de bains d’yeux, de porte-violettes, de cuiller à moutarde et bien évidemment d’assiettes, plats, tasses, etc.
6La porcelaine est rejetée suite à des défauts majeurs : déformations importantes, décor qui ne tient pas à la cuisson, alors que certains objets paraissent brisés pendant la décoration, voire avant (certains sont à l’état de dégourdi ou de biscuit). De nombreuses formes sont ainsi recensées, depuis les objets de toilette (cuvettes, aiguières, boites diverses, crachoirs, etc.) jusqu’aux cache-pots, sans oublier la vaisselle de table (assiettes, plats, tasses, soucoupes).
7Les décors peuvent être simples, formés de bandes de couleur plus ou moins larges, de filets et de cheveux. Ils sont parfois figuratifs, en chromolithographie rehaussée de peinture, ou entièrement à la main. Enfin, les couleurs de grand four sont courantes (bleu surtout), avec toute une série de carreaux de frise, mais aussi des assiettes, des vases, parfois décorés à l’or (en « peinture » ou en incrustation).
8Un certain nombre d’objets portent, outre l’estampille de l’entreprise, un tampon rouge où figure le magasin de vente : ainsi, si les marchands français sont bien représentés (Rouen, Le Havre, Bordeaux, Le Mans...), ceux de l’étranger le sont aussi (Genève, Rio de Janeiro).
9Les objets liés à la fabrication sont de deux natures : ce sont des pots à peinture, portant une bande de couleur et un chiffre (référence), divers récipients destinés aux mélanges, mais aussi de nombreux fragments de meules en grès, de scies en laiton ou en bronze, de limes en fer, des pinceaux et des crayons usagés. Deux creusets portent encore les traces d’émail coloré, en bleu et en blanc laiteux.
10La production de porcelaine, bien qu’essentielle, ne paraît pas être la seule activité de La Céramique : la fouille a en effet montré la présence de grès émaillé, de faïence blanchâtre, mais aussi de piles de pots de fleurs en terre rouge sombre, qui n’avaient subi qu’une seule cuisson, et tous déformés.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Valve de moule à porcelaine |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/143478/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 295k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Dominique Dussot, « Limoges – 7 rue de la Mauvendière » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 10 novembre 2023, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/143478
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