Navigation – Plan du site

AccueilRégionsÎle-de-France199777 – Seine-et-MarneChâteau-Landon – Le Camp (opérati...

1997
77 – Seine-et-Marne

Château-Landon – Le Camp (opération archéologique A77)

Fouille préventive (1997)
Responsable d’opération : Anne Augereau

Entrées d’index

Année de l'opération :

1997

Nature de l'opération :

fouille préventive
Haut de page

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Association pour les fouilles archéologiques nationales

Texte intégral

1Le gisement archéologique de Château-Landon/le Camp (Seine-et-Marne) se caractérise principalement par une enceinte de bord de plateau constituée d’un fossé et d’une palissade datant du Néolithique récent ainsi que par une occupation de la transition Néolithique ancien/moyen à laquelle peut être rattaché au moins un foyer en creux et quelques éléments mobiliers. Il est localisé en marge d’une avancée du plateau formant une entité géographique d’environ 10 ha. Cette dernière domine d’environ 30 m la confluence du Loing et du Fusain et comporte au sommet une formation d’altération de la craie campanienne composée de galets de silex emballés dans une matrice d’argile maigre. Cette formation, sur laquelle est implantée l’enceinte, est qualifiée de poudingue à chailles sur la carte géologique au 1/50 000e (formation e7P) ; elle contenait par endroits des vestiges lithiques du Paléolithique moyen. Le site est inclus dans le tracé de l’autoroute A 77, au PK 9,27, à l’emplacement d’un bassin de rétention. Il a été étudié dans le cadre de l’opération de fouilles préventives du tracé de l’autoroute A 77 financée par la SAPRR (Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône).

2Cette enceinte se caractérise par 10 éléments de fossés doublés d’une palissade dont le développé atteint environ 200 m de long. La surface enclose est d’environ 8 000 m2, ce qui en fait un monument de petite envergure. Toutefois, si on considère que la structure se poursuit sur la pente boisée et se referme sur elle-même, la totalité de l’aire interne pourrait atteindre 1,6 ha. Il s’agit d’une structure simple, aucune trace de réparation ni de réfection n’ayant été mise en évidence, et de type classique. En effet, le système de retranchement se caractérise non seulement par un fossé interrompu et par une palissade mais également par la présence d’un talus interne renforçant la palissade. Celui-ci est visible sur le bord interne du remplissage de la plupart des fossés dans lesquels il s’est effondré après l’abandon du site. Par ailleurs, l’extraction d’argile semble avoir été pratiquée aux endroits où le tracé du fossé recoupait des poches d’argile (extrémité nord de FI, extrémité sud de FVI). Les résultats de l’étude pétrographique, s’ils demandent des compléments d’information et des vérifications, ne sont pas incompatibles avec l’hypothèse de témoins d’extraction d’argile pour la fabrication de la poterie (Convertini, Afan). L’extraction de silex pourrait peut-être expliquer les élargissements de fossé observés dans FII mais aucun élément ne vient à l’appui de cette hypothèse. Enfin, la fonction de dépotoir est attestée par la présence de matériel archéologique sur toute la hauteur du remplissage et par des concentrations d’artefacts dans certaines parties de fossé (concentration de restes de taille dans FIII).

3L’analyse de la palissade indique, non pas un creusement régulier avec un profil longitudinal constant, mais plutôt une succession de creusements dont l’unité de mesure se situe aux alentours de 3 m de long. Lapalissade est diversement conservée. Dans les parties basses, au sud, on a pu mettre en évidence des successions de poteaux marquées par des traces plus sombres ou par des pieux carbonisés. Les poteaux, en chêne à feuillage caduque essentiellement (déterminations : Pernaud, Afan) sont plantés avec une fréquence très serrée. Dans les parties les mieux conservées, les unités sont à touche-touche et on dénombre 4 bois au mètre linéaire. Le diamètre moyen des poteaux est de 0,17 m. La palissade est donc plutôt constituée de perches agencées de façon serrée, laissant peu d’ouvertures entre elles, sans place pour installer un clayonnage.

4Quatre interruptions de type passage montrent que l’enceinte était ouverte environ tous les 30 m. Les ouvertures sont peu complexes. Elles sont matérialisées par de simples interruptions à la fois dans le creusement de la tranchée de palissade, et dans celui du système de fossés. Parfois, une ou deux structures de type fosse ou trou de poteau semblent participer à un aménagement de l’entrée. Quant à l’aire interne, les indices d’une occupation structurée sont maigres, sans doute en raison de l’érosion : des présomptions d’un bâtiment au nord de la surface décapée existent. Mais seule une structure, au sud, a livré suffisamment d’éléments pour conclure qu’il s’agit d’une fosse s’apparentant à une structure domestique (tessons de céramique grossière rappelant certains éléments mobiliers découverts dans le fossé d’enceinte).

5La fourchette chronologique fournit par la datation radiocarbone d’un des poteaux de la palissade, entre 3339 et 3044 av. J.-C. (Ly-8140), date sans nul doute la construction de la palissade. Élément architectural fondateur du monument, on peut considérer que la palissade a été construite aux alentours 3200 av. J.-C., date qui marque par conséquent la création de l’enceinte.

6Compte tenu de la surface fouillée, le matériel archéologique est peu abondant et peu diversifié. La faune et l’industrie en matière dure animale sont complètement absentes, peut-être en raison de l’acidité du sol. La céramique se résume à 217 tessons et sa pauvreté est à mettre en partie sur le compte d’une mauvaise conservation. Seule l’industrie lithique est bien représentée avec 7 337 pièces.

7Les témoins mobiliers découverts dans le fossé d’enceinte appartiennent aux deux occupations : l’occupation de la transition du Néolithique ancien/moyen, bouleversée lors du creusement de l’enceinte, et l’occupation directement en relation avec l’enceinte, le Néolithique récent. Les éléments identifiés comme appartenant au Néolithique récent (armature à ailerons et à pédoncule, armatures losangiques, fonds plats, gobelet à profil galbé) sont conformes aux connaissances réunies pour cette période et existent notamment dans la culture de SOM. Mais la rareté des témoins typologiques ne permet pas une attribution culturelle assurée, précise et définitive. Pour le reste du matériel archéologique, en faisant abstraction d’un possible mélange des mobiliers en considérant les caractères par défaut des industries, on enregistre des absences notoires. On note ainsi l’absence totale de matériel de broyage et de matière première importée parmi l’industrie lithique. La rareté des outils retouchés en silex est également à mentionner. L’absence ou la rareté de certains objets signalent, peut-être, le défaut de certaines activités sur le site, comme celles liées à la mouture des céréales et au broyage de substances, ou encore, indiquent des activités peu diversifiées.

8Ces manques soulèvent la question de la nature de ces rejets. En effet, l’ensemble des activités liées à une vie quotidienne de type domestique ne semble pas représentées à travers les témoins mobiliers. Par extension, on s’interroge sur la fonction d’habitat de l’enceinte. Toutefois, l’industrie du silex n’est pas très différente, dans sa composition, de ce que l’on connaît dans les habitats attestés, comme les unités d’habitation du Néolithique : il s’agit de déchets de taille, d’outils usagés, etc. Mais, dans l’état actuel des connaissances, le matériel est trop pauvre pour formuler des hypothèses et seule l’étude tracéologique des objets en silex, prévue pour 1998 (Philibert, Afan), sera à même de donner des éléments de réponse à ces questions. Il est possible que le caractère partiel, mais néanmoins détritique, des vestiges mobiliers traduise un lieu d’habitation, peut-être saisonnier, à vocation spécialisée.

9L’ensemble de ces caractéristiques – petitesse de la structure, caractère incomplet du matériel archéologique, position en rebord de plateau, datation au Néolithique récent, occupation marginale d’un vaste espace naturel – fait de Château-Landon une enceinte originale constituant une référence, sans doute provisoire en l’attente de sites plus complets et mieux conservés, pour la connaissance du Néolithique du Bassin parisien. En effet, c’est actuellement le seul site du Néolithique récent fouillé sur une grande surface et présentant des structures tangibles. On enregistre donc une pérennité du phénomène de retranchement au Néolithique récent dans le Bassin parisien, comme c’est le cas dans le Centre-Ouest et sur la façade atlantique. Le système fossé-talus-palissade, vieux de plus d’un millénaire dans la région, est toujours en vigueur à la fin du Néolithique. Ce constat est peut-être un des résultats principaux de l’étude de Château-Landon.

Fig. 1 – Plan des structures fouillées

Fig. 1 – Plan des structures fouillées
Haut de page

Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Plan des structures fouillées
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/145608/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 576k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Anne Augereau, « Château-Landon – Le Camp (opération archéologique A77) » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 13 novembre 2023, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/145608

Haut de page

Auteur

Anne Augereau

Afan

Articles du même auteur

Haut de page

Responsable d’opération

Anne Augereau

Afan

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

Haut de page

Droits d’auteur

Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search