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AccueilRégionsNormandie200727 – EureAlizay – Le Pré Rompu, Le Chêne, ...

2007
27 – Eure

Alizay – Le Pré Rompu, Le Chêne, Le Port au Chanvre, Le Postel

Diagnostic (2007)
Responsable d’opération : Bruno Aubry
Notice rédigée avec David Honoré et Valérie Santiago

Entrées d’index

Année de l'opération :

2007

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Texte intégral

1L’ouverture d’une nouvelle carrière de granulat sur la commune d’Alizay (27), située en fond de la basse vallée de la Seine, a permis de réaliser entre les mois de septembre et mi-novembre 2007 une campagne de diagnostics archéologiques. C’est sur une surface de près de 30 ha que les sociétés Cemex granulats et Lafarge exploiteront des matériaux.

2Le site se développe directement à l’est de la ville de Pont-de-l’Arche. Il s’agit des dernières grandes surfaces d’extraction d’alluvions grossières de la boucle du Vaudreuil et même du programme des carriers dans ce secteur clef de la Seine. Intensément exploité depuis plus d’un demi-siècle, le méandre que forme le fleuve à cet endroit fut le théâtre d’un grand nombre de découvertes archéologiques. Mais peu de sites ont révélé des vestiges équivalents à ceux mis au jour sur le site d’Alizay « Le Postel », « Le Pré Rompu », « Le Chêne » et « Le Port au Chanvre ».

3Les découvertes effectuées sur l’emprise couvrent une surface d’un peu plus de 20 ha., avec une densité plus ou moins importante d’indices archéologiques de toute nature ainsi que la présence d’un paléosol. Les témoins archéologiques s’illustrent par deux phases du Mésolithique, l’ensemble des cultures du Néolithique ainsi qu’une phase finale de l’âge du Bronze.

4Les éléments archéologiques s’étalent sur une bande est-ouest d’une largeur moyenne de 300 m. Des paléochenaux difficilement orientables sont comblés en partie par des tourbes argileuses et parfois boisées.

5Les ensembles archéologiques dégagés s’appréhendent à travers des sols plus ou moins anthropisés. Les unités stratigraphiques de la zone orientale s’individualisent en fonction de leur apparition dans les sondages. Ainsi, nous avons de bas en haut, une première unité stratigraphique qui contient du mobilier mésolithique, suivie d’une autre révélant une multitude de périodes chronoculturelles néolithiques. L’unité stratigraphique suivante appartient à un dépôt sédimentaire vierge de témoins archéologiques. Enfin, le dernier repère stratigraphique appartient à une phase du Bronze final et/ou premier âge du Fer. Les dépôts supérieurs sont des formations récentes qui ne recèlent que très rarement des témoins historiques.

6Le Mésolithique apparaît à 2,50 m de profondeur dans un paléosol beige et se concentre au sud de l’emprise, là où les occupations mises en évidence se singularisent par des regroupements plus ou moins denses de mobiliers archéologiques. Il s’agit principalement de lithique et de faune. Nous distinguons une industrie lithique recouverte d’un léger voile de patine beige bleuté et une série fraîche. Les éléments remarquables du corpus lithique sont des armatures, des micros burins et des pics en silex. Un pic en bois de cerf, découvert au sein de cette unité stratigraphique, constitue un élément remarquable pour cette période.

7Les différentes cultures néolithiques s’organisent variablement en fonction de leur localisation stratigraphique. Leur conservation est également graduelle selon des perturbations anthropiques, taphonomiques et sédimentaires. Les vestiges se définissent par des structures (foyers, fosses, bâtiments) et/ou par des niveaux d’occupations. Il arrive dans certains pôles du site, de rencontrer des vestiges « mélangés » où nous pouvons avoir du Néolithique moyen avec des témoins du Néolithique final.

8Plusieurs schémas d’organisation spatiale des vestiges apparaissent ; la vision en plan de « forêt » de chablis s’accompagne fréquemment de petites concentrations de taille de silex ou bien d’amas de façonnage. Dans ces ensembles structurés, peu de mobilier céramique est associé.

9Parmi les structures remarquables apparaissent les foyers néolithiques. Il s’agit d’aménagements appareillés en craie ou d’associations craie, silex et grès. L’environnement immédiat des structures est riche en vestiges osseux, lithiques et céramiques.

Fig. 1 – Foyer néolithique

Fig. 1 – Foyer néolithique

Tr. 13 bis, st. 9.

Cliché : B. Aubry (Inrap).

10L’ouverture de certaines tranchées de sondage fut l’occasion de traverser quelques bâtiments sur poteaux plantés, ainsi que des épandages de mobilier archéologique. Ces bâtiments semblent dessiner des plans de maison de tradition Danubienne. Quelques témoins mobiliers de cette culture (fragments d’anneaux de schiste, tranchets et céramiques sous la forme de bouteilles et autres) sont issus de structures en creux ou du paléosol qui enveloppe cet environnement.

11Un secteur a mis en évidence une combinaison de vestiges qui ne fait aucun doute quant à la fonction résidentielle des lieux. Le sédiment fortement anthropisé (chargé en matières organiques) contient des blocs de silex et de craie « agencés » au sein de vestiges mobiliers divers, comme un épandage d’os brûlés, des formes céramiques, de petits postes de débitage et de la faune. Il semble que dans ce cas-là, nous soyons en présence d’une aire de rejet attenant à une habitation.

Fig. 2 – Détail de l’amas de débitage

Fig. 2 – Détail de l’amas de débitage

Tr. 53.

Cliché : B. Aubry (Inrap).

12Parmi les découvertes majeures du site, nous retiendrons celle de deux céramiques de « La Hoguette », associées à quelques éléments de silex taillé et de faune. Dans le même environnement, trois négatifs de poteaux plantés sont à signaler.

13Des occupations du Chasséen, du Cerny et du Néolithique récent/final ainsi que du Campaniforme/Bronze ancien viennent enrichir les témoins archéologiques. Pour cette dernière phase, des fosses et probablement des foyers sont directement en contact avec des éléments céramiques.

14Mal calé culturellement, un ensemble de structures en creux s’organise sur les berges d’un paléochenal. Les contraintes techniques liées à ce diagnostic font qu’aucun plan de bâtiment n’a pu être identifié, dans la mesure où les aménagements apparaissent à une moyenne de 3 m de profondeur. Cependant, ils se révèlent être d’un grand intérêt pour le paléoenvironnement car les structures et les sols étant scellés par des argiles tourbeuses, ils livrent des éléments organiques inédits pour la région. Des vestiges de bois (copeaux, branchages, feuilles de chêne ? et surtout des insectes) sont découverts sur et dans le nuage de poteau. Quelques éléments céramiques, lithiques et de faune sont également présents et attribuables à une phase d’occupation du Néolithique moyen.

Fig. 3 – Détail du bâtiment néolithique dans la tourbe

Fig. 3 – Détail du bâtiment néolithique dans la tourbe

Tr. 136.

Cliché : B. Aubry (Inrap).

15Rencontré dans des zones bien délimitées, un horizon sédimentaire Bronze final/premier âge du Fer se distingue par des structures en creux (fossé ? trous de poteaux, incinérations ?). Un épandage de mobilier céramique, lithique et faunique parfois en abondance apparaît à une profondeur moyenne de 1,40 m. Le sol dont sont issus ces témoins, est un limon argileux gris beige plus ou moins lessivé. Il est à signaler la présence d’un fragment d’épingle en alliage cuivreux actuellement en restauration.

16Les seuls témoins historiques sont deux fragments de tegula. Malgré le soin apporté à l’ouverture des sondages, aucune limite cadastrale, parcellaire antique ou historique, n’a été rencontrée. Le potentiel archéologique et scientifique mis en évidence lors de cette opération apportera des informations de première importance sur les modes de vie, l’architecture et la gestion des espaces naturels selon les grandes périodes du Néolithique.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Foyer néolithique
Légende Tr. 13 bis, st. 9.
Crédits Cliché : B. Aubry (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/153744/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 922k
Titre Fig. 2 – Détail de l’amas de débitage
Légende Tr. 53.
Crédits Cliché : B. Aubry (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/153744/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 980k
Titre Fig. 3 – Détail du bâtiment néolithique dans la tourbe
Légende Tr. 136.
Crédits Cliché : B. Aubry (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/153744/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 929k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Bruno Aubry, David Honoré et Valérie Santiago, « Alizay – Le Pré Rompu, Le Chêne, Le Port au Chanvre, Le Postel » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 16 décembre 2023, consulté le 21 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/153744

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Auteurs

Bruno Aubry

Inrap

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Responsable d’opération

Bruno Aubry

Inrap

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