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AccueilRégionsCorse20202B – Haute-CorseVivario – Fortin de Pasciolu

2020
2B – Haute-Corse

Vivario – Fortin de Pasciolu

Opération préventive de diagnostic (2020)
Responsable d’opération : Astrid Huser

Entrées d’index

Année de l'opération :

2020

Numéro d’opération :

081581

Chronologie :

époque moderne

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Texte intégral

1Au cours du xviiie s., après la mainmise de la France sur la Corse, les objectifs du comte de Vaux sont de contrôler le territoire, de sécuriser les voies de communication mais aussi de surveiller la population et de pouvoir résister à une invasion ennemie. Il entreprend la construction de la citadelle de Corte en même temps qu’il lui adjoint deux fortifications auxiliaires plus réduites (d’où le terme de redoute), disposées en avant de l’ouvrage principal. Ainsi, en 1771, est construit le fortin de Pasciolu, fiché sur un piton rocheux à 792 m d’altitude pour surveiller la vallée du Vecchio et le cirque de montagnes qui l’environne. Il peut abriter une garnison ordinaire de 48 hommes, et 84 hommes pendant un an en cas de nécessité.

Fig. 1 – Plan de 1773 avec vue zénithale du fortin

Fig. 1 – Plan de 1773 avec vue zénithale du fortin

Service historique de la Défense.

2L’ouvrage défensif rejoint la ligne de fortins édifiés lors de l’occupation française afin de compléter le système de défense côtier de la Corse par des postes capables de protéger les communications de l’intérieur de l’île.

3Volontairement isolé, il est dissocié des villages environnants tel Vivario, enroulé dans un tournant sur la pente adoucie à l’est. S’il n’est pas non plus en relation visuelle avec le fort de Vaux, son alter ego, perché sur le col de Vizzavona (1 190 m), il en est voisin et doit pouvoir communiquer avec lui à partir de divers modes possibles (fumée, buggle, messager, etc.).

4Un diagnostic de bâti sur l’ensemble ruiné en sommet a permis de retracer l’ancien plan par photogrammétrie, qui se résume à trois lignes de force :

  • la plus extérieure est un quadrilatère de 38 m de long pour 34 m de large formé par le tracé de la contrescarpe du fossé plat périphérique ;
  • la deuxième est l’enceinte qui marque l’escarpe à l’intérieur du périmètre et qui dessine un rectangle de 22,50 m de long pour 18,50 m de large, prolongé aux quatre angles par un bastion pentagonal. L’accès à l’édifice se fait par un pont dormant (fixe) et un pont-levis (mobile) qui livre passage à travers la courtine sur la face longitudinale est. Son pilier de soutènement a été mis au jour lors du présent diagnostic ;
  • la troisième est centrale et se caractérise par une tour de 14 m sur 10 m qui s’élève sur quatre niveaux, dont un souterrain avec une citerne munie d’un puisard d’une capacité de 90 m3, le tout devant être au départ chapeauté par une terrasse sommitale avec guérite et bretèches. En extérieur, une courte plateforme périphérique distribue les différentes zones à desservir et couvre certaines pièces souterraines (four, poudrière, magasin et… latrines !) : rien ne se perd dans un espace fortifié.

5Le présent diagnostic a visé le dégagement du plan en surface du fortin, celui d’un bastion, en mettant au jour le fossé plat qui l’entoure, celui de l’escalier à vis intérieur à la tour conjointement à une petite poudrière. Il avait également pour objectif d’échantillonner le type de baies, meurtrières, cheminées et portes selon une organisation symétrique de l’habitat, ainsi que les mortiers et enduits, tous issus d’une même famille, indice de la contemporanéité de l’ensemble.

6On retiendra les très faibles traces d’occupation pour un fortin prévu pour 48 hommes à l’ordinaire : absence de céramique, tant dans la tour que dans le fossé, pas d’indice d’utilisation de la tour (non-combustion des cheminées et des conduits, pas d’encadrement de fenêtre), pas de signe de transformation en prison (absence de barreaux, de systèmes de fermeture, etc.).

7Il reste à rendre compte des vestiges des niveaux enfouis (citerne, bastions, latrines, fossé, etc.) comme sommitaux (détruits) ainsi que le dégagement des fossés pour appréhender ce qui peut l’être encore de l’état initial de ce fortin et de ses éventuelles transformations.

Fig. 2 – Photogrammétrie du fortin

Fig. 2 – Photogrammétrie du fortin

Cliché : M. Inisan (Inrap).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Plan de 1773 avec vue zénithale du fortin
Crédits Service historique de la Défense.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/156117/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Fig. 2 – Photogrammétrie du fortin
Crédits Cliché : M. Inisan (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/156117/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,9M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Astrid Huser, « Vivario – Fortin de Pasciolu » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Corse, mis en ligne le 18 mars 2024, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/156117

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Auteur

Astrid Huser

Inrap

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Responsable d’opération

Astrid Huser

Inrap

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Droits d’auteur

Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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