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2020
Projets collectifs de recherche

Les Bouches de Bonifacio à l’époque romaine : approches archéologique et géoarchéologique 

Projet collectif de recherche (2020)
Responsable d’opération : Gaël Brkojewitsch
Notice rédigée avec Laurent Borel, Marie-Brigitte Carre, Franca Cibecchini, Sébastien Clerbois, Matthieu Ghilardi, Nadine Mattielli, Pascal Neaud et Maxime Seguin

Entrées d’index

Année de l'opération :

2020

Numéro d’opération :

081623

Nature de l'opération :

projet collectif de recherche
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : CNRS

Texte intégral

1Le projet intitulé « Les Bouches de Bonifacio à l’époque romaine : approches archéologique et géoarchéologique » propose d’étudier les vestiges antiques sur le littoral corse (villa de Piantarella, établissement de Cavallo, carrières de granite). Le cadre chronologique est compris entre la fin du ier s. av. J.-C. et le ive s. apr. J.-C. afin d’aborder la phase de stabilisation du territoire après la fondation des colonies de Mariana et d’Aléria. Fondé sur une approche pluridisciplinaire, ce programme rassemble des archéologues, des historiens, des géologues et des spécialistes en archéobotanique. Le projet collectif de recherche (PCR) vise à produire une synthèse qui rassemblera la donnée collectée anciennement (fouille 1980-1990, collections de céramique non étudiées, etc.), qui développera de nouvelles problématiques autour de la villa, des carrières et qui exploitera les résultats obtenus dans le cadre de recherches préventives (anse de la Carotola, Sant’Amanza, Sperone, Cavallo, Bonifacio).

2Le PCR a produit en 2020 des résultats selon trois axes de recherche. Trois équipes comptant un total de 25 personnes ont pris part aux travaux.

Fig. 1 – Plan d’ensemble des interventions 2017-2020

Fig. 1 – Plan d’ensemble des interventions 2017-2020

DAO: E. Berry (Drassm), L. Borel (CNRS-CCJ).

3Une équipe dirigée par G. Brkojewitsch poursuit des recherches sur le site de la villa de Piantarella (axe 1). L’enjeu principal est de procéder à une nouvelle approche de l’établissement romain en tenant compte de la documentation ancienne, des nouvelles données de terrain et des aménagements à proximité du site. Une deuxième équipe, dirigée par F. Cibecchini et M.-B. Carre, étudie les fonds marins en marge de la villa (axe 2). L’approche des carrières de granite est abordée à travers des prospections et une fouille terrestre, dirigées par S. Clerbois, et des recherches visant à caractériser et à dater la roche sont conduites par N. Mattielli. Une partie immergée des carrières est étudiée par une équipe dirigée par L. Borel. Au terme de cette campagne de fouille à Piantarella (axe 1), la découverte de maçonneries appartenant probablement à un monument antérieur constitue une avancée. Le dégagement exhaustif du corps de logis, notamment ses marges septentrionales, a mis en évidence une extension qui était inconnue ainsi que plusieurs contextes qui n’avaient pas été étudiés et qui ont fait l’objet d’une fouille stratigraphique. Le monument est intrinsèquement lié à la mer (axe 6). La structure linéaire qui vient barrer l’ouverture de l’étang de Piantarella (axe 2) a été sondée en plusieurs points. Cette « digue » possède un retour perpendiculaire en direction de la plage. L’expertise des géologues N. Mattielli et M. Vacchi a montré que cet aménagement est anthropique, car l’agencement des pierres ne respecte pas la gravité naturelle. Par ailleurs, un échantillonnage réalisé dans des sondages indique que les pierres sont de différentes natures et provenances (calcaire, granite rose de l’embarcadère de Piantarella et de Sperone, granite gris, rhyolite locale, etc.). Le mobilier mis au jour sous les pierres atteste très vraisemblablement la constitution de la structure immergée durant l’Antiquité. Établie parallèlement au rivage, il est tentant de penser qu’elle avait vocation à protéger l’étang situé à l’ouest.

4Depuis 2016, toutes les structures des carrières supposées romaines sur Cavallo-San Bainzu et Lavezzi ont été enregistrées (axe 5). Outre les carrières proprement dites, les faits archéologiques correspondant aux structures, aux grands groupes d’abandon de blocs, de rejet de taille ont été enregistrés. L’ouverture d’un sondage sur un plancher de carrière à San Bainzu a permis de caractériser finement les techniques d’extraction et a démontré que les perturbations modernes étaient minimes et très localisées. L’étude géologique (axe 5) permet d’ores et déjà d’établir que les exploitants cherchaient de manière préférentielle la granodiorite, présentant à la fois des qualités physiques (granulométrie moyenne centimétrique, apte au polissage, résistance) et une pureté chromatique, blanche pailletée de noir. Les carrières viennent toujours se positionner parallèlement aux diaclases, sur des structures massives, ne présentant aucun défaut, en particulier des enclaves basaltiques – enclaves qui expliquent probablement l’abandon des carrières de Lavezzi. L’analyse du lien entre la pierre de bâti et l’extractif doit être finalisée prochainement. Au stade actuel, elle semble confirmer que l’usage moderne de la pierre est purement local, et que la carrière de San Bainzu a été nettement moins perturbée que certaines sources anciennes ne le laissaient penser. Les fouilles menées en son sein font remonter les activités extractives les plus anciennes durant le dernier quart du ier s. apr. J.-C., ce que tendent à confirmer les fouilles subaquatiques.

5L’enquête montre que les carrières sont en partie submergées ; le front de taille repéré en 2018 sur l’île de Cavallo, immédiatement au sud de la structure A, a été nettoyé d’abord à la lance Galeazzi, puis à la brosse à poils doux. Une photogrammétrie a été réalisée. Des traces anthropiques très érodées par l’action du fort courant, et certainement liées à l’extraction, ont été aperçues.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Plan d’ensemble des interventions 2017-2020
Crédits DAO: E. Berry (Drassm), L. Borel (CNRS-CCJ).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/156137/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Gaël Brkojewitsch, Laurent Borel, Marie-Brigitte Carre, Franca Cibecchini, Sébastien Clerbois, Matthieu Ghilardi, Nadine Mattielli, Pascal Neaud et Maxime Seguin, « Les Bouches de Bonifacio à l’époque romaine : approches archéologique et géoarchéologique  » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Corse, mis en ligne le 18 mars 2024, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/156137

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Auteurs

Laurent Borel

CNRS, Centre Camille-Jullian (UMR 7299)

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Inrap

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Responsable d’opération

Gaël Brkojewitsch

Metz Métropole

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Droits d’auteur

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