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Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
082099Nature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : CNRS
Texte intégral
1Depuis 2016, les fouilles programmées conduites sur le site de Basi ont pour objectif de documenter l’habitat et le mode de vie des premières populations agropastorales de l’île. Sondé à la fin des années 1960 et début 1970 par G. Bailloud suite à une destruction partielle par une carrière, il a révélé l’existence d’occupations du Néolithique et de l’âge du Bronze. Inexploité depuis, le gisement a fait l’objet d’un petit diagnostic préventif en 2011, en limite des occupations préhistoriques. C’est le démaquisage de cette partie nord du site en 2015 qui nous a conduit à y reprendre des fouilles programmées. La campagne 2021 constitue la seconde année de la deuxième triennale (2020-2022). Les conditions sanitaires et les mauvaises conditions météorologiques de la campagne 2020 nous avaient fait prendre un peu de retard par rapport au planning prévisionnel établi en début de triennale. Cette année, la conjonction d’une équipe plus nombreuse, de la présence, pendant toute la durée de l’opération, d’une responsable de secteur, et d’un temps idéal nous a permis de bien avancer les recherches de terrain dans tous les secteurs, sauf le 3, qui n’a pu être investi.
2Dans le secteur 4, les travaux ont confirmé l’existence d’une phase d’occupation antérieure à celle datée du Bronze moyen et postérieure au Basien. Elle s’organise autour d’au moins un probable bâtiment dont le mur à double parement délimite un espace interne aménagé par un sol de terre battue reconstruit au fil du temps et qui vient recouvrir une phase antérieure comportant des foyers à soles d’argile. Cette phase n’est pas encore datée, ce qui fera l’objet de prochaines analyses.
3Dans le secteur 1, le redressement des coupes sur toute la longueur du front de carrière nous a permis de bien documenter l’organisation stratigraphique de cette partie du gisement. Il a ainsi pu être montré que le Néolithique ancien y est présent sur quasiment toute la longueur, y compris au-dessus du point le plus haut des arènes granitiques. Des aménagements domestiques (dallage) y sont d’ores et déjà documentés ainsi que des vases cassés en place. L’installation de l’habitat basien semble être précédée par des aménagements massifs, des creusements ayant fortement amputé les occupations précédentes, en tout cas dans la partie nord du secteur. Cet habitat basien est construit en faisant appel à une grande diversité de solutions architecturales pour les murs, qui mobilisent cependant tous la terre crue comme matériau de construction pour les élévations, reposant sur des semelles de pierres. Ces occupations s’inscrivent dans la durée, avec des phases de réfection et de réaménagement. Ces niveaux sont globalement très riches en écofacts (graines, charbons) et en mobiliers archéologiques. Soulignons notamment la mise en évidence de probables pieds de statuette de type Ozieri ainsi que celle d’un fragment de tôle de cuivre, en conséquence l’un des tout premiers vestiges métallurgiques de Corse et de Sardaigne.
4Dans le secteur 2, l’enlèvement des poches de sédiments remaniés ou bioturbés ainsi que la poursuite de la fouille des niveaux en place montrent la présence de l’occupation du Néolithique ancien sous le Basien, se développant plus en profondeur dans l’abri de la Molaire. Dessous, une couche stérile d’une douzaine de centimètres d’épaisseur matérialise un hiatus d’occupation sur le gisement, qui fait lui-même suite à une occupation mésolithique. Celle-ci n’a pu être documentée que sur quelques décimètres carrés, mais elle semble se développer essentiellement sous l’abri. Sa puissance stratigraphique n’est pas connue pour le moment (au moins une dizaine de centimètres), de même que la nature de l’occupation concernée : domestique ou funéraire ? Le parallèle de cette séquence avec celle de Campu Stefanu, en face, ne peut en effet manquer d’être fait. Là aussi, la datation et la caractérisation de cette occupation jusque-là inconnue sur le site seront l’un des objectifs prioritaires des années prochaines.
5Enfin, la reprise du secteur 6 montre que nous sommes là sur la marge orientale de cette partie du gisement, le remplissage archéologique cédant la place à un gros rocher. En avant de ce rocher, des niveaux en place peuvent cependant être documentés, depuis l’âge du Bronze jusqu’au Basien. Les recherches des années à venir s’attacheront à descendre rapidement dans ce secteur afin de documenter si, là aussi, des occupations plus anciennes (Néolithique ancien, Mésolithique) sont ou non présentes.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Vue oblique du sol en terre battue 1484 venant s’adosser contre le parement interne du mur MR1465 |
| Crédits | Cliché : T. Perrin (CNRS). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/156232/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,2M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Thomas Perrin, « Serra-di-Ferro – Basi » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Corse, mis en ligne le 18 mars 2024, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/156232
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