1Ce diagnostic, réalisé sur des terrains communaux au centre du chef-lieu, répond à une demande anticipée de diagnostic, déposée préalablement à l’acquisition foncière. Le futur aménageur projette de construire deux immeubles d’habitation et une maison médicale. Les terrains se situent à la croisée de deux routes, dans un environnement de découvertes récentes (diagnostic en 2016, fouille en 2017) d’un site antique fait de petites constructions alignées le long de la route de Lanovaz. En bordure immédiate de ce site, sont apparues, dans la continuité, la suite des constructions, toujours alignées le long de la route. Des bases de murs se retrouvent également alignées le long de la route de Bonneville, mais un peu plus en retrait de la chaussée actuelle.
2Le matériel céramique récupéré montre une occupation du Haut-Empire, entre 150 et 250 apr. J.-C., donc contemporaine des installations fouillées en 2017. Ces mêmes installations se composaient essentiellement de bases de murs appareillés en gros galets non cimentés, qui enserraient parfois des sols en gravier pris dans un mortier de chaux. Les espaces intérieurs, de petites tailles, abritaient des ateliers de métallurgie et de tissage, d’après le mobilier recueilli. À l’approche du secteur de 2023, de nouvelles maçonneries apparaissaient en appareil de calcaires taillés, cimentés dans un mortier de chaux.
3Ce même type de maçonnerie compose l’essentiel des murs retrouvés durant ce présent diagnostic. Les pierres calcaires sont toutes taillées dans un module de 20 cm, collées dans un mortier de chaux sableux. Certains murs, parfois chaînés, cernent des sols de gravier dans un mortier en petits galets, ou d’une simple dalle coiffant une chape de grosses pierres.
4Aucun mobilier pouvant témoigner d’une activité artisanale n’a été retrouvé. Ces différences de constructions et de mobilier, entre le secteur fouillé en 2017 et celui diagnostiqué ici, semblent traduire une différence fonctionnelle et de statut social.
5Comme en 2016 et 2017, la zone interne de l’emprise, éloignée des deux routes, ne montre aucune construction mais des aménagements hydrauliques, principalement liés à la circulation des eaux (drainage, rejet, apport), l’ensemble étant recouvert de terres de jardin. La stratification est inférieure à 2 m le long de la route de Lanovaz, et supérieure à 2,30 m à l’intérieur, dans l’ancienne zone de jardins. En revanche, le long de la route de Bonneville, la stratification ne semble pas dépasser 1 m.
Fig. 1 – Plan du diagnostic
Sur fond cadastral au 1/500.
Topographie : S. Couteau ; DAO : F. Notier (Inrap).
Fig. 2 – Plan de détail de la zone sud
Échelles : vignette 1/2 500, plan 1/250.
Topographie : S. Couteau ; DAO : F. Notier (Inrap).
Fig. 3 – Tranchée 4 : murs F9 et F11 et US 19 (E3)
Depuis le nord-ouest.
Cliché : F. Notier (Inrap).