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2017
Littoral de Saint-Pierre-et-Miquelon

Au large de Saint-Pierre et Miquelon-Langlade – Carte archéologique

Prospection diachronique (2017)
Responsable d’opération : Cécile Sauvage

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture

Texte intégral

1En septembre 2016, Michel L’Hour et Frédéric Leroy menaient la première mission du Drassm dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, laquelle permit de confirmer l’intérêt d’amorcer une campagne d’inventaire systématique des BCM, épaves ou aménagements portuaires, qui en ponctuent le littoral ou les eaux. Une mission de carte archéologique étalée sur trois ans fut ainsi confiée à Cécile Sauvage et débutera en 2018. Un déplacement dans l’archipel, réalisé en compagnie de Franca Cibecchini du 26 août au 9 septembre 2017, fut l’occasion de préciser les contours et objectifs de cette carte archéologique et de cerner les difficultés d’ordre logistique à surmonter.

2La mission 2017 a été l’occasion de rencontrer l’unique club de plongée de l’archipel, à Saint-Pierre, quelques anciens scaphandriers et certains des plongeurs professionnels de la DTAM. Les plongeurs loisir connaissent une vingtaine de sites, autour de l’île aux Marins et des îlots environnants, dans la portion sud de l’île de Saint-Pierre et au sud de l’île de Langlade. À quelques exceptions près, ces sites ne figurent pas sur la carte archéologique nationale. Il s’agit surtout d’épaves récentes, datées des xixe-xxe s. Quelques ancres ont également été repérées, notamment dans la zone du port de Saint-Pierre utilisée au xviiie s. comme zone de mouillage. Les plongeurs professionnels de la DTAM ont vraisemblablement connaissance d’autres sites, principalement dans l’enceinte du port de Saint-Pierre. Des épaves et structures portuaires en bois ont ainsi été mentionnées. Ces données semblent en partie au moins recouper les sites aperçus en plongée par Éric Rieth dans les années 1980 mais ces sites n’avaient à l’époque pas pu faire l’objet d’une documentation complète et d’une localisation précise. Ces sites devront être documentés au cours de la campagne 2018. Plusieurs rencontres sur place ont aussi permis de préciser les moyens nautiques susceptibles d’être utilisés au cours des campagnes à venir. S’il est possible d’acheminer sur place, moyennant un coût non négligeable, le Kerguelen, dont le Drassm s’est justement doté en 2016 pour l’Outre-mer, il a aussi été envisagé d’utiliser le baliseur Petit Saint-Pierre de la DTAM, à la fois en prospection et en plongée, ainsi que le navire du club de plongée de Saint-Pierre.

3Comme la mission 2016 l’avait montré, les archives évoquant des naufrages parvenus à la côte ou à proximité de l’archipel ainsi que les aménagements littoraux sont particulièrement riches et suggèrent la possible présence de nombreux gisements. Plusieurs ouvrages grand public ont été publiés sur les épaves de Saint-Pierre-et-Miquelon et ont alimenté la réalisation de cartes des épaves de l’archipel, plus ou moins fiables. Après avoir croisé les différentes sources publiées, et être revenue, lorsque cela était possible, aux éphémérides en partie diffusés en ligne, Élise Nectoux, élève conservateur à l’INP en stage au Drassm au mois d’avril 2017, a pu compléter la carte archéologique nationale qui inclut désormais 213 entités archéologiques et indices d’entités archéologiques (209 épaves et 4 aménagements portuaires) (fig. 1). Si cette cartographie n’a pas pu être achevée, elle permet de dégager des zones de concentration de naufrages sur lesquelles pourront se concentrer sur de prochaines prospections en plongée et à l’aide de matériel spécialisé. Une étude archivistique a également été menée par J.-L. Lahitte en 2017 au sein des fonds des archives nationales et en dépouillant les dossiers d’épaves constitués lors de la mission Rieth, Chapelot et Geistdoerfer. Elle a abouti à la constitution d’un index de 630 naufrages qu’il conviendra de recouper avec les indices de sites déjà répertoriés. Enfin, J. Anger, stagiaire à l’Arche (musée et archives de Saint-Pierre-et-Miquelon) en juillet 2017, a préparé un document de synthèse qui détaille les fonds de l’Arche exploitables en relation avec les naufrages. Ces fonds pourront vraisemblablement être exploités durant l’hiver 2017-2018 par T. Claireaux, historien amateur de Saint-Pierre qui s’est proposé de dépouiller et photographier ces documents. D’autres fonds archivistiques n’ont à ce jour pas été exploités. Il s’agit des fonds des Archives nationales de l’Outre-mer, qui devraient pouvoir l’être courant 2018, mais il conviendrait aussi, à moyen terme, d’exploiter quelques fonds privés d’armateurs et, surtout, les archives publiques anglaises, susceptibles de mentionner des sites antérieurs aux xixe-xxe s. Enfin, si les fonds de l’Arche relatifs aux aménagements du port de Saint-Pierre ont été en partie étudiés par T. Claireaux, il semble pertinent qu’une étude documentaire soit menée par V. Delmas sur les aménagements les plus anciens du barachois de Saint-Pierre. Afin de bénéficier d’une vision d’ensemble de ces différentes données, il conviendra de mettre en place dès 2018 un SIG dédié à la mission.

Fig. 1 – Localisation des sites documentés de la carte archéologique de Saint-Pierre-et-Miquelon 2017

Fig. 1 – Localisation des sites documentés de la carte archéologique de Saint-Pierre-et-Miquelon 2017

DAO : D. Dégez (Drassm).

4Un travail de dépouillement des fonds iconographiques devra également être mené. La mission 2017 a d’ores et déjà été l’occasion d’étudier le fonds de photographies du docteur Thomas, détenu par Y. Andrieux, et de sélectionner pour numérisation un total de 97 clichés relatifs à des naufrages ou à des aménagements littoraux. Un travail similaire devrait pouvoir être réalisé pour le fonds Briand courant 2018. Par ailleurs, le fonds de photographies du docteur Dhoste, numérisé par le musée ethnographique de Bordeaux constituera une autre source intéressante. Seuls quelques fonds plus anecdotiques resteraient ainsi à explorer.

5Un autre volet de la carte archéologique devra concerner les sites littoraux. Quelques sites avaient déjà pu être vus en 2016. La mission 2017 a précisé l’inventaire de certains de ces sites alors que d’autres épaves, dont les naufrages étaient connus d’après les sources, ont pu être localisées à l’issue de discussions avec les habitants de l’archipel. Certains sites côtiers devraient faire l’objet d’une expertise en plongée. C’est par exemple le cas des chenaux d’accostage en partie creusés dans le rocher sur la côte nord-ouest de l’île aux Marins. Un site inédit nous a par ailleurs été signalé par A. Orsiny, ancien représentant du préfet à Miquelon, au sud du Grand Barachois de Miquelon, au droit de l’ancienne ferme Larranaga (épave Larranaga, EA 5541). Plus au nord, à la pointe aux Alouettes (fig. 2), une épave a été malheureusement prélevée dans le courant de l’été par le baliseur de la DTAM. Déplacée jusqu’à Saint-Pierre puis rapportée à Miquelon, cette épave a pu rapidement être étudiée par le Drassm en bénéficiant des conseils d’É. Rieth. Son identification n’est pour l’instant pas confirmée. Sur l’isthme qui relie les deux îles de Miquelon et Langlade des épaves de navires sont régulièrement découvertes puis recouvertes au fil de la variation de la couverture sableuse (fig. 3). Une stratégie ad hoc, qui devra forcément reposer sur des relais locaux, devra être élaborée pour l’étude de ce secteur.

Fig. 2 – Épave prélevée à la pointe aux Alouettes par la DTAM, supposée Arc-en-Ciel

Fig. 2 – Épave prélevée à la pointe aux Alouettes par la DTAM, supposée Arc-en-Ciel

Cliché : C. Sauvage (Drassm).

Fig. 3 – Dégagement de surface des restes d’une épave signalée sur la côte est de l’isthme de Miquelon-Langlade, face à la ferme Larranaga

Fig. 3 – Dégagement de surface des restes d’une épave signalée sur la côte est de l’isthme de Miquelon-Langlade, face à la ferme Larranaga

Cliché : C. Sauvage (Drassm).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Localisation des sites documentés de la carte archéologique de Saint-Pierre-et-Miquelon 2017
Crédits DAO : D. Dégez (Drassm).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/158550/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Fig. 2 – Épave prélevée à la pointe aux Alouettes par la DTAM, supposée Arc-en-Ciel
Crédits Cliché : C. Sauvage (Drassm).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/158550/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,7M
Titre Fig. 3 – Dégagement de surface des restes d’une épave signalée sur la côte est de l’isthme de Miquelon-Langlade, face à la ferme Larranaga
Crédits Cliché : C. Sauvage (Drassm).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/158550/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Cécile Sauvage, « Au large de Saint-Pierre et Miquelon-Langlade – Carte archéologique » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 12 juin 2024, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/158550

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Auteur

Cécile Sauvage

Drassm

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CC-BY-SA-4.0

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