Rochefort – Zac Arsenal, espace 4 : hôtel de la Marine
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Année de l'opération :
2020Numéro d’opération :
207234Sujets :
habitat, château, bâtiment militaire, fossé défensif, bâtiment agricole, silo, tour, trou de poteauLieux :
France métropolitaine, Nouvelle-Aquitaine, Département de la Charente-Maritime, Rochefort (Charente-Maritime)Chronologie :
époque médiévaleNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département de Charente-Maritime
Texte intégral
1Un diagnostic a été prescrit sur une ultime zone destinée à être aménagée autour du cœur névralgique de l’arsenal de Rochefort. Il fait suite à l’exploration de trois autres secteurs, répartis autour des formes de radoub, explorés fin 2019.
2La superficie prescrite, dépassant 9 100 m2, était parsemée d’arbres et de réseaux d’arrosage, s’agissant de jardins depuis le xviie s. Les plans les plus anciens montrent, à proximité des restes de l’ancien château, une zone couverte de friche et commençant parfois d’être aménagés par des rangées d’arbres plantés, avant même la construction de la corderie royale.
3Vingt-cinq tranchées et sondages ont permis de mettre au jour des éléments se rattachant, d’après ce qu’il a été possible d’interpréter, à des systèmes de fossés notamment défensifs appartenant au château médiéval. Mais la presque totalité des secteurs a révélé la présence d’éléments témoignant d’une occupation dense, sous forme de soubassements en pierre, de silos à grains et de trous de poteau (fig. 1), entre autres fosses dépotoir et épandages détritiques.
Fig. 1 – Éléments liés à l’utilisation médiévale de la zone : trous de poteau, silo
Cliché : B. Gissinger (service d’archéologie départementale de Charente-Maritime).
4L’interprétation des vestiges, et leur rapprochement avec un plan daté de 1666 qui représente schématiquement la ville et notamment les restes des constructions féodales avec une grande liberté dans le respect des proportions, a permis d’aboutir à un plan d’un grand intérêt pour la compréhension générale de l’organisation du site castral et de ses abords.
5Le mobilier révèle une occupation entre les xie et xiiie s. pour l’essentiel, avec des phases d’occupations plus tardives (fin Moyen Âge), en ce qui concerne notamment une voirie, menant au château, et des bâtiments sur soubassements en pierre.
6Certains des fossés ont manifestement servi de chemins creux plutôt que de fossés défensifs et même si les données ont fait faire de grandes avancées à la connaissance du Rochefort médiéval, jusqu’alors presque méconnu, le détail du phasage nous échappe encore.
7À noter, en rapport avec les états modernes de jardin, un système de fontaine dont subsiste une partie du système hydraulique d’adduction, entre autres fosses de plantation d’arbres.
8Ce plan ne révèle qu’un état tardif de l’ensemble, parcouru d’aménagements dont il est bien malaisé de dire s’ils sont tous d’origine médiévale.
9On peut ainsi envisager un ensemble ceint d’environ 160 x 80 m, presque rectangulaire, marqué au sud-est et au sud-ouest par des tours rondes. La première fut mise au jour fin 2019 dans un diagnostic (espace 3, Gissinger 2019).
10La surface enceinte par les murs atteint ainsi près de 1,3 ha. Davantage si l’on comprend les fossés. L’ensemble est orienté nord-sud, le long de la Charente. Si l’habitat existe en cette zone au xie s., comme en témoignent les niveaux détritiques trouvés dans la tranchée 01, la zone ne semble fortifiée dans son état maximum qu’à partir de la seconde moitié du xiie s. ou au début du suivant. L’habitat se développe au sein des « remparts », et sur les comblements de fossés, peut-être appartenant à une première enceinte, sinon d’anciens chemins creux. Des constructions en pierre se développent, organisées et alignées, des zones d’ensilage sont réparties sur l’ensemble de la basse-cour. La zone comprenant probablement le logis seigneurial se trouve au sud, près de la grosse tour ronde dégagée fin 2019.
11L’habitat se développe même au-delà du vaste fossé (environ 20 m de large) qui limite la zone au nord et qui est traversée par une voie autour des xiv-xve s.
12La période moderne ne se caractérise que par des aménagements de jardin dans la zone du présent diagnostic, attenants à l’hôtel de la Marine (fontaine, fosses de plantation d’arbres, etc.).
13Des investigations complémentaires permettraient peut-être de compléter efficacement ce plan mais les données recueillies lors de cette opération, couplées à celle réalisée au sud en octobre 2019, nous permettent de réellement esquisser la chronologie et l’aspect général de cet ensemble castral, pas aussi indigent que l’imaginait la tradition jusqu’ici. La zone est vaste et bien construite, le mobilier abondant.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Éléments liés à l’utilisation médiévale de la zone : trous de poteau, silo |
| Crédits | Cliché : B. Gissinger (service d’archéologie départementale de Charente-Maritime). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/161597/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 576k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Bastien Gissinger, « Rochefort – Zac Arsenal, espace 4 : hôtel de la Marine » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 21 juin 2024, consulté le 18 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/161597
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