1Le site du Hameau du Grand Grenoux a fait l’objet d’une opération de fouille préventive préalablement à la construction d’un lotissement sur la commune de Laval. Cette prescription fait suite à un diagnostic positif mené en 2020 par le Service Archéologie et Inventaire Général de la Ville de Laval (Queru 2020). La fouille a été réalisée sur une surface de 13 700 m2, du 15 février au 2 avril 2021. Elle a révélé la présence de vestiges sur l’ensemble de l’emprise. Deux grandes périodes chronologiques se dégagent, la Protohistoire et l’Antiquité.
Fig. 1 – Plan général des opérations archéologiques conduites au Hameau du Grand Grenoux et dans ses environs proches
DAO : M.-A. Dalmont (Archeodunum).
2La partie sud-ouest du site est marquée par une occupation protohistorique organisée autour d’un système d’enclos curvilignes emboités. Les quelques phases d’aménagement se concentrent sur le iie s. av. J.-C. L’emprise de fouille ne concerne malheureusement qu’une partie de cet établissement, ce dernier se développant à l’ouest de la zone prescrite. Deux diagnostics archéologiques réalisés en 2014 et 2015 dans les parcelles en question permettent néanmoins d’en appréhender les dimensions (Allamelou 2014 ; Queru 2016). Le mobilier est caractérisé par un corpus restreint mais classique pour ce genre d’exploitation, largement dominé par la céramique.
Fig. 2 – Plan des vestiges de l’établissement gaulois
DAO : M.-A. Dalmont (Archeodunum).
3Les vestiges de l’époque romaine se concentrent quant à eux sur la moitié nord-est de l’emprise de fouille. La ferme protohistorique laisse place à un réseau dense de fossés orthonormés antiques, datés pour la plupart de la fin du ier s. apr. J.-C. Ces derniers forment plusieurs enclos quadrangulaires contemporains ou se succédant dans le temps. Un axe de circulation est pressenti au nord-est des enclos. Le diagnostic avait mis en évidence un lot mobilier intéressant pour cette phase d’occupation, pouvant témoigner de la présence d’un habitat rural au statut relativement aisé (Queru 2020). Cette relative richesse a également été perçue lors de la fouille. Le caractère domestique de l’occupation est néanmoins sujet à caution et tout porte à croire que la zone d’étude n’a touché que la périphérie d’un vaste établissement se développant au sud-est. La profusion du mobilier serait potentiellement liée à des rites funéraires.
Fig. 3 – Plan cumulé des vestiges de l’époque romaine
DAO : M.-A. Dalmont (Archeodunum).
4Après un hiatus couvrant tout le Moyen Âge, un réseau de drainage moderne du sol est aménagé sur le site. Enfin, un unique fossé semble appartenir au système parcellaire figurant sur le cadastre dit napoléonien.