Brillevast – Le Douëtti
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Année de l'opération :
2013Numéro d’opération :
163352Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Des sondages programmés ont été réalisés au Douëtti dans le but de rechercher des traces d’extraction d’une roche, la mylonite, utilisée au Néolithique ancien pour la confection de bracelets. À proximité immédiate des sondages, un site de production avait été découvert, en 2009, par L. Jeanne et son équipe, au niveau de la confluence de la Saire et de l’un de ses affluents, le Courray. Il a livré plusieurs centaines de pièces techniques et des outils dont la nature suggérait la proximité du lieu d’extraction du matériau.
2Des prospections pédestres ont donc été réalisées débouchant sur la découverte d’une zone potentielle d’affleurement de mylonite, en amont du site producteur, sur la rive est du Courray. À ce niveau, le lit du ruisseau se charge en fragments de mylonite lesquels disparaissent plus en amont et se raréfient en aval. Une recherche attentive sur le versant, au droit de la concentration établie dans le ruisseau, permet d’y retrouver de nombreux fragments de mylonite.
3Les six sondages ouverts (28 m2) n’ont pas permis d’atteindre l’affleurement de mylonite, peut-être pour des problèmes de positionnement mais aussi en raison du manque de temps et pour des raisons de sécurité. Cependant, il est fort probable qu’il se trouve entre les sondages 1, 2, 3, d’une part, et le 5, d’autre part. En effet, ces sondages ont livré énormément de blocs de mylonite en position remaniée, dont certains portent indubitablement des traces d’extraction. Ces rebuts semblent combler une dépression qui pourrait correspondre au négatif d’exploitation de la mylonite. Ils ont également glissé sur le versant soit naturellement, par érosion, soit par la volonté des carriers qui les auraient rejetés. Il s’en retrouve ainsi sur une épaisseur de 20 cm dans le sondage 6, réalisé en bas de pente. C’est au niveau du sondage 2 que l’accumulation de déchets est la plus imposante, 1,20 m d’épaisseur. Il s’agit d’un éboulis stratifié à dominante pierreuse avec dans sa partie supérieure un limon qui disparaît à sa base. Les blocs sont essentiellement en mylonite avec quelques-uns en schiste briovérien qui forme l’encaissant de la mylonite. Ils mesurent de quelques millimètres à plusieurs décimètres de longueur. Cette accumulation repose sur le schiste briovérien en place et sur ces altérites. Dans le sondage 3, le substrat remonte et l’accumulation de déchets se réduit à une trentaine de centimètres. L’accumulation n’occupe que la moitié sud du sondage 5, avec un épaississement dans cette direction pour atteindre au moins 50 cm d’épaisseur. La configuration est similaire dans le sondage 1, avec une densité de blocs qui augmente du sud vers le nord où elle atteint au moins 50 cm d’épaisseur. Dans les sondages 1 et 5, l’accumulation repose en partie sur des horizons limoneux qui la recouvrent. Ils ont pu être remaniés lors de l’extraction ou par la suite. Le sondage 4 est en dehors de la zone d’accumulation des déchets. Avec une petite carrière en pied de versant, il permet d’observer le schiste briovérien en place et ses altérites. D’un point de vue géologique, la mylonite constitue des filons dans le schiste qui suivent sa fracturation. Ainsi celui exploité a probablement une direction est/ouest et un pendage vers le sud.
4Une sélection de déchets (1,6 tonnes) a été lavée et observée. Les éléments en mylonite dominants sont des déchets : blocs bruts – ou avec de rares enlèvements – esquilles, blocs débités, éclats et blocs encochés. Une soixantaine de disques irréguliers, premier stade de la transformation du support en anneaux, sont reconnus avec plus ou moins de certitudes. S’y ajoutent des percuteurs, également réalisés à partir de galets, ainsi qu’un fragment de lame en silex du Cinglais.
5Même si aucun front de taille de la mylonite n’a été retrouvé, il s’agit d’une zone d’extraction destinée à alimenter le site de production découvert à 200 m. Ce matériau se retrouve sous forme d’anneaux jusque sur des sites de la vallée de la Seine, c’est dire l’importance des productions qui ont dû être réalisées par les sites tels celui du Douëtti. De nouvelles investigations sur la carrière devront néanmoins être menées pour mieux en comprendre le fonctionnement.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Brillevast, la Douëtti |
| Crédits | Clichés et plan : N. Fromont (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/16709/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,2M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Nicolas Fromont, Catherine Dodeman, « Brillevast – Le Douëtti » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 17 février 2016, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/16709 ; DOI : https://doi.org/10.4000/adlfi.16709
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