1Le site du Puy Saint-Romain à Saint-Maurice-ès-Allier, dans le Puy-de-Dôme, est un établissement de hauteur fortifié protohistorique, qui se trouve à 15 km au sud-est de Clermont-Ferrand et à 4 km à l’est de l’oppidum de Corent, en bordure de l’Allier. Il s’agit du plus haut sommet de la Limagne des buttes, culminant à 780 m d’altitude. S’il est fait mention, dans les années 1940, de découvertes de tessons et silex sur ce puy, ce n’est véritablement qu’en 2015, puis en 2021, que des occupations, ainsi qu’un rempart en pierres sèches, ont été documentés par notre équipe, se rapportant à l’ensemble de l’âge du Bronze, ainsi qu’au Hallstatt moyen.
2Au cours des campagnes de 2021 et 2022, un imposant rempart a été fouillé sur un linéaire de 6,5 m, révélant un ouvrage massif en basalte, formant une butte, surmonté d’une palissade et flanqué d’un glacis dans la pente du puy. Au total, en comptant la butte et le glacis, l’ouvrage mesure 6,8 m de large environ sur la partie fouillée, pour une hauteur conservée d’environ 1,2 m. Lors du démontage de ce rempart, un second ouvrage a été identifié, mais se présentant sous la forme d’une palissade simple flanquée d’un glacis externe plus modeste. La largeur de ce second ouvrage ne dépasse guère les 2 m de large. L’étude stratigraphique et du mobilier découvert permettent d’attribuer l’ouvrage le plus imposant au Hallstatt moyen, tandis que l’ouvrage se situant sous celui-ci se rapporterait au Bronze final 2b-3a/3b.
3Les ouvrages défensifs de ces périodes sont assez rares dans la région. Pour le Bronze final, nous connaissons principalement ceux de Jenzat, ainsi que celui du Puy de Mur (mal caractérisé). Pour le Hallstatt moyen, nous ne connaissons, pour l’heure, aucun parallèle, hormis le rempart de Gergovie, mais qui se rapporte plutôt au Hallstatt D3. L’étude topographique du Saint-Romain et les prospections ont permis d’identifier ce rempart comme une enceinte, qui parcourt près de 1 400 m le long de la rupture de pente du plateau et qui est visible sur le relevé Lidar de l’IGN réalisé en 2022, malgré une couverture durant l’été.
4En 2022, huit sondages ont été réalisés au centre du plateau, révélant, dans trois d’entre eux, des vestiges d’occupations se rapportant au Néolithique, à l’âge du Bronze, ainsi qu’au Hallstatt. Le sondage 1 a même livré des traces d’habitat se rapportant au Bronze final, caractérisé par des calages de poteau, ainsi qu’un foyer à pierres chauffées. Sur le sondage 6, un épandage dense de céramiques décorées du Bronze ancien 1 a été découvert, livrant le plus important lot de céramique épicampaniforme d’Auvergne sur seulement quelques mètres carrés. Dans les autres sondages, les niveaux archéologiques n’étaient plus conservés, compte tenu d’une érosion active sur ces zones du plateau, dans lesquelles le substrat basaltique est affleurant.
Fig. 1 – Vue au drone des deux secteurs de fouille
En arrière-plan, le Puy de Corent.
Cliché : équipe.
Fig. 2 – Localisation des zones fouillées en 2023, ainsi que des sondages réalisés en 2022
DAO : équipe.
Fig. 3 – Niveaux du Bronze final/Hallstatt D du secteur 1 avant la fouille des TP 23.012 à 23.015
Cliché : équipe.