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Année de l'opération :
1995Sujets :
site d'extraction, carrière (géologie), bâtiment militaire, fossé défensif, sépulture, tombe en pleine terre, habitat, espace funéraire, nécropole, contenant funéraire, coffre funéraire en boisChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité tardive, époque médiévale, Haut Moyen Âge, époque mérovingienne, époque carolingienne, époque moderneNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Afan
Texte intégral
1Au cours des mois de février et mars 1995, une fouille archéologique a été conduite au 15 de la rue du Temple, précédant la réalisation, sur cinq niveaux, d’un parc automobile souterrain. Cette opération a eu pour particularité de s’être déroulée sous une dalle en béton correspondant au rez-de-chaussée de l’immeuble.
2Quoique la superficie fouillée ait été des plus réduites (environ 55 m2), de nombreux vestiges archéologiques ont été mis au jour qui, par leur diversité et leur position stratigraphique respective, ont permis de se faire une idée assez précise de l’occupation du site depuis la fin de l’Antiquité tardive jusqu’à l’époque moderne.
3Au tout début du haut Moyen Âge et peut-être même à la fin du Bas-Empire, le site est exploité pour son substrat géologique. Un front de taille, vestige d’une carrière de sable, a pu être observé en différents points du site. Faute de temps, les niveaux correspondant à cette exploitation n’ont malheureusement pas pu être fouillés.
4Il semble qu’à l’époque mérovingienne, un habitat se soit développé sur ou à proximité du terrain désormais remblayé, et dont la physionomie portait les stigmates de l’activité évoquée plus haut. Un sol d’occupation a été mis au jour, auquel il faut associer deux creusements, interprétés comme des trous de poteau, ainsi qu’une dépression d’origine naturelle qui a servi de dépotoir et a accueilli les rejets (des os en grande majorité) liés, peut-être, à un artisanat de boucherie.
5À la fin de cette période, pensons-nous, le site est consacré à l’inhumation des morts. Douze sépultures ont été mises au jour durant la fouille, auxquelles il convient d’en ajouter trois autres, découvertes lors des sondages réalisés en 1994. À l’exception de l’une d’entre elles, orientée nord-sud, toutes ces sépultures étaient orientées est-ouest, tête à l’ouest. Aucun vestige mobilier datant n’a été découvert en association directe avec ces inhumations (réalisées en « pleine terre » ou en cercueil de bois), mais cette nécropole parait avoir été en activité essentiellement à l’époque carolingienne.
6La présence d’un fossé de largeur imposante (estimée à 7 m environ, pour une profondeur moyenne de 1,65 m) rencontré au sud de la fouille, et son rôle dans un tissu urbain en pleine mutation, sont plus problématiques. Orienté est-ouest et postérieur à l’établissement de la nécropole, ce fossé pourrait avoir eu un rôle défensif dont l’origine est peut-être à rechercher dans les différents sièges menés par les Vikings à l’encontre de Paris, vers la fin de l’époque carolingienne et le courant du xe s.
7L’époque médiévale se traduit par une succession de sols d’occupation et quelques structures excavées (un puits et une fosse), qui ne permettent cependant pas de déterminer la nature exacte du site. Le fossé continue à assumer son rôle, au début, tout du moins, de cette période.
8À l’époque moderne, enfin, le site accueille ses premiers bâtiments. Dorénavant la fonction du lieu ne variera plus, malgré des modifications sensibles du parcellaire.
9Cette succession s’inscrit assez bien dans ce que nous savons de l’évolution topographique et historique de la rive droite de Paris. Il demeure, néanmoins, que la surface fouillée est trop petite pour pouvoir tirer des conclusions définitives, et de nombreuses questions restent en suspens. Ainsi n’est-il toujours pas possible de lier avec certitude la présence de la nécropole à l’un des nombreux édifices religieux qui existent aux alentours et qui furent créés à la même époque ou à une époque antérieure. Si notre préférence va à l’hypothèse de son rattachement au cimetière des églises Saint-Merry et Saint-Bon, rien ne nous permet d’être catégorique à ce sujet. Dans le même esprit, s’il est tentant de considérer le fossé comme étant celui de l’enceinte primitive de la capitale, seule une fouille de plus grande envergure permettrait d’en apporter la confirmation. Enfin, les datations proposées pour l’ensemble des contextes archéologiques reposent essentiellement sur une analyse rapide de la céramique et sur leur position stratigraphique. La datation, en cours, de certaines sépultures par la méthode du 14C devrait, à cet égard, apporter un élément de réponse intéressant et apte à recaler plus précisément la chronologie des niveaux archéologiques reconnus.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Fouille sous dalle |
| Crédits | Cliché : R. Gosselin (Afan). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/167638/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 687k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Renaud Gosselin, « Paris (4e) – 15 rue du Temple » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 18 juillet 2024, consulté le 09 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/167638
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