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AccueilRégionsÎle-de-France199594 – Val-de-MarneCréteil – Parvis Saint-Christophe

1995
94 – Val-de-Marne

Créteil – Parvis Saint-Christophe

Fouille nécessitée par l’urgence absolue (1995)
Responsable d’opération : Philippe Andrieux
Notice rédigée avec Laurence Fleury-Chassignol

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Département du Val-de-Marne

Texte intégral

1La construction de bureaux et de commerces au 6-8 rue du Général Leclerc, sur la place de l’église Saint-Christophe à Créteil, a entraîné la réalisation d’une fouille de sauvetage. À cette occasion, une partie de la nécropole médiévale a été mise au jour, ainsi que les traces d’occupations profanes, contemporaines et postérieures à l’occupation funéraire. Les 50 sépultures dégagées se caractérisent par l’absence quasi totale d’objets déposés avec le corps (pas de matériel céramique, à l’exception de quelques rares tessons dans le remplissage de la tombe, et peu de matériel métallique). De ce fait, il a été extrêmement délicat de dater les sépultures, mais les premières inhumations datent du ve s. et se poursuivent au moins jusqu’aux xie-xiie s.

2L’étude anthropologique effectuée par Lise Coupain a mis en évidence, en ce qui concerne l’âge des individus inhumés, d’une part le pourcentage élevé d’adultes jeunes et l’absence de sujets âgés, d’autre part le faible nombre de sujets immatures et l’absence d’enfants de moins de 4 ans. Cette deuxième constatation est relativement fréquente. Dans le cas présent, les conclusions ne peuvent être que très limitées : le site fouillé ne correspond qu’à une petite partie de l’emprise totale du cimetière et la quasi absence de matériel datant dans les sépultures interdit toute tentative d’analyse démographique.

3Les modes d’inhumation montrent une nette prédominance des fosses en pleine terre avec aménagement en matériau périssable, les fosses en pleine terre sans aménagement (avec décomposition du corps en espace colmaté) étant peu représentées.

4Les données paléopathologiques étudiées par Djillali Hadjouis ont permis d’esquisser la fiche des individus inhumés, connaissant des problèmes d’ordre nutritionnel, mais également un fort taux de consanguinité, indiquant un repli de la population sur elle-même.

5La vie quotidienne est également évoquée par les occupations profanes, qui semblent remonter au moins à la période des xie-xiie s. et, peut-être pendant très peu de temps, sont contemporaines des dernières inhumations. Ce phénomène n’a rien d’exceptionnel. À Créteil, les activités pratiquées dans la nécropole restent difficiles à préciser. Pratiquement toutes les fosses ont été par la suite réutilisées en dépotoirs. On est frappé par la quantité importante de scories livrées par ces fosses, mais également par le remplissage de certaines sépultures. La présence de deux culots de forge atteste de la pratique de la forge sur le terrain, même si les installations elles-mêmes n’ont guère laissé de traces.

6Cette première occupation du terrain cède la place à du bâti, probablement à partir des xiie-xiiie s. Il est impossible de préciser si, à ce moment-là, la nécropole était déjà abandonnée. Toutefois, la parcelle est mentionnée comme zone d’habitation dans les premiers textes, datés du xive s. La première phase de construction est abandonnée au xive s. et fait place à des constructions plus modestes. Rien dans les textes ne permet actuellement d’interpréter la fonction de ces bâtiments, ni pour la première phase, ni pour la suivante. Parmi ces constructions, il faut signaler une cave à vin creusée en sape sous la nécropole et datée du xve s. par M. Jurgens.

7Cette cave, encore en fonction récemment, sera conservée in situ à la demande du laboratoire départemental d’archéologie.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Philippe Andrieux, Laurence Fleury-Chassignol, « Créteil – Parvis Saint-Christophe » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 18 juillet 2024, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/168810

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Auteur

Laurence Fleury-Chassignol

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Responsable d’opération

Philippe Andrieux

Laboratoire départemental d’archéologie du Val-de-Marne

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

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Droits d’auteur

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