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AccueilRégionsÎle-de-France199595 – Val-d’OiseCourdimanche – Zac Sainte-Apolline

1995
95 – Val-d’Oise

Courdimanche – Zac Sainte-Apolline

Fouille d’évaluation archéologique et fouille préventive (1995)
Responsable d’opération : Catherine Marcille

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

1La construction de pavillons individuels, prévue par l’Établissement public d’aménagement de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, a donné lieu à une intervention archéologique sur la commune de Courdimanche. Précédée d’une prospection pédestre, réalisée par Serge Legras en janvier 1995, un diagnostic a ensuite été réalisé sur la parcelle menacée et ses abords immédiats, afin de définir l’assiette du site.

2Une fouille de sauvetage a alors été effectuée sur environ 4 500 m2 à 150 m du Fief à Cavan où furent fouillés en 1989, sous la direction de Patrick Jay, des vestiges du Bas-Empire et du haut Moyen Âge.

L’époque gallo-romaine

3L’occupation gallo-romaine, étudiée au cours de l’été 1995, est matérialisée par des fosses, des fossés, des calages de poteaux, ainsi que des bâtiments révélés uniquement par leurs assises de fondation. L’organisation de ces vestiges, découverts directement sous le niveau des labours, est suggérée par leur orientation, qui permet de penser à l’existence de trois bâtiments. Le premier, nord-sud, est implanté en même temps qu’un réseau de fossés parcellaires. Le second, est-ouest, semble protégé au sud par une palissade de planches. Le troisième enfin, postérieur aux deux premiers, est suggéré par trois murs disposés nord-ouest et sud-est.

4Deux structures de combustion ont été retrouvées, l’une dans le premier bâtiment, l’autre dans le troisième. Les superstructures de ces installations ont complètement disparu : seuls subsistent les canaux de chauffe. Le premier est rectangulaire, de 3 m de long et intérieurement large de 0,50 m. Délimité par deux murets, une petite fosse le prolonge au sud. La présence de graines de froment dans les remblais d’occupation permet d’évoquer un séchoir à grains. Le second, plus profond, est plus complexe : deux espaces excavés y sont associés au canal de chauffe, l’un au sud, l’autre au nord. Cette structure, préservée sur une profondeur de 1 m, n’a livré aucun indice qui permette d’en identifier la fonction. La forte rubéfaction du limon d’environ 0,70 m d’épaisseur dans lequel il est creusé donne des indications des températures élevées atteintes par l’installation, ce qui écarte l’hypothèse d’un four domestique. Il pourrait s’agir, comme la première, d’une structure destinée à sécher ou griller les céréales.

5La datation de ces vestiges gallo-romains est donnée par un corpus de céramiques assez pauvre, fragmentaire et hétérogène. Il témoigne d’une occupation de cette partie du site entre le gallo-romain précoce et le iiie s.

Le haut Moyen Âge

6De cette seconde période d’occupation des lieux ont été retrouvés avec certitude trois fonds de cabane, qui présentent entre eux des similitudes dans leur orientation est-ouest, ainsi que dans leur forme rectangulaire. Tous sont creusés dans le substrat limoneux. Deux d’entre eux entaillent le substrat calcaire sous-jacent. La superficie varie de 7 à 15 m2.

7Ces trois fonds de cabane appartiennent à un type de structure excavée bien connue, typique de l’Île-de-France et du nord de la France. Tous trois ont quatre poteaux corniers. L’un montre deux trous supplémentaires de poteau faîtier. Un autre possède deux trous de poteau sur deux côtés adjacents, peut-être associés à un muret formant division intérieure, construit au centre et sur le fond de la structure.

8Les fonds de cabane ne contenaient pas de trace de foyer, ni de couche d’occupation, mais uniquement des remblais de comblement. L’un d’entre eux a livré un fragment de creuset et des scories métalliques correspondant au travail du cuivre et/ou du bronze. Leur datation est homogène. Ils ont livré un matériel analogue, très fragmenté, parmi lequel on trouve, outre un matériel résiduel gallo-romain, des bols carénés et des céramiques fines. Certaines présentent des molettes déjà répertoriées en Île-de-France par R. Legoux. Au vu de l’ensemble du corpus céramique, ces fonds de cabane sont datés des vie-viiie s.

9Un grenier ou fond de cabane surélevé à six trous de poteau, une vingtaine de trous de poteau ne présentant pas d’organisation évidente, et enfin une fosse vierge en artefacts pourraient appartenir à cette même phase d’occupation, sans que cela soit assuré.

10L’alignement des fonds de cabane, et l’absence d’autres vestiges de cette époque plus à l’est, semble marquer la limite de l’extension orientale de cette occupation mérovingienne. Cette implantation est indépendante des limites gallo-romaines.

11Pendant la fouille, une parcelle située plus à l’ouest a également été diagnostiquée. Elle a permis de mettre en évidence la poursuite du site tant pour l’occupation gallo-romaine que du haut Moyen Âge : des murs, dont deux de belle facture, des calages de poteaux, probablement un fossé, deux fonds de cabane supplémentaires y ont en effet été mis au jour.

12Grâce à la fouille de 1995, il semble probable que la première implantation ait été réalisée au tournant de notre ère, puis qu’elle perdure jusqu’au iiie s. sans rupture apparente. La fouille de 1989 atteste, avec un fond de cabane et une zone rubéfiée datés des ive-ve s., une occupation du site pendant le Bas-Empire. Il semble qu’un léger glissement se soit effectué vers l’ouest, mais que le site n’ait pas été abandonné. Sur les deux fouilles enfin, comme sur la parcelle diagnostiquée, des fonds de cabane appartiennent à une occupation mérovingienne.

13L’emprise totale des vestiges connus permet d’évaluer le site à 3 ha au moins, mais l’étendue totale du site n’est pas encore connue. Si les limites est et sud sont cernées, les limites nord et ouest restent encore à définir.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Catherine Marcille, « Courdimanche – Zac Sainte-Apolline » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 18 juillet 2024, consulté le 16 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/168972

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Auteur

Catherine Marcille

Afan

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Responsable d’opération

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