Tremblay-en-France – Chemin de la Pissotte
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Année de l'opération :
1993Sujets :
cours d'eau, ruisseau, parcellaire, dépotoir, fosse-dépotoir, habitation, maison, bâtiment sur poteaux, foyer, forgeChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, époque médiévale, Haut Moyen Âge, Moyen Âge classique, Bas Moyen Âge, époque moderneNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département de Seine-Saint-Denis
Texte intégral
1À proximité immédiate du village, une opération de diagnostic concernant une surface de 2 ha a révélé, outre quelques éléments de parcellaire datables de la fin de l’Antiquité et du haut Moyen Âge, les vestiges d’un habitat médiéval établi sur la berge d’un petit cours d’eau.
2Au xie-xiie s., se succèdent ainsi au moins deux bâtiments sur poteaux de bois au sein d’un enclos circonscrit par un fossé. L’absence de construction attribuable aux xiiie-xive s. – à l’exception d’un modeste édifice vraisemblablement identifiable à une remise – et la présence de fosses-dépotoirs témoignent de la profonde réorganisation de l’espace qui succède à cette première phase d’occupation.
3Dans la première moitié du xve s., un nouveau bâtiment est édifié, rendant nécessaire une rectification du tracé du cours d’eau. Cette construction, fondée sur un solin en moellons liés à la terre, est de toute évidence dotée d’une élévation à pan de bois et d’une toiture en tuiles. Longue de 13 m et large de 4 m, cette maison paysanne est constituée d’un corps de bâtiment unique juxtaposant deux volumes : une pièce d’habitation dotée d’une succession de foyers muraux ; un espace faisant fonction de grange, d’étable ou de remise.
4À la fin du xve s., une nouvelle pièce d’habitation, pourvue d’un foyer en briques soigneusement appareillées et peut-être identifiable à la base d’une cheminée, est accolée au logis originel dont le cloisonnement est complété de façon à définir cinq pièces. Cette maison est désormais précédée à l’est d’une cour empierrée dotée d’un puits, et est bordée à l’ouest par la rivière. Les couches d’occupation qui lui sont associées ont livré une abondante quantité de scories témoignant assurément de la présence d’une forge domestique, ainsi qu’un fragment de verre au plomb dont l’intérêt réside dans sa datation tardive.
5C’est vers le milieu du xvie s. que ce bâtiment est démoli. Le site est alors rapidement enseveli sous une épaisse couche de limons de plateau dont le dépôt, conséquence du lessivage des flancs de la vallée du ruisseau, est peut-être à mettre en relation avec une éventuelle modification des façons culturales.
6Le petit cours d’eau bordant le site a fait l’objet d’une attention particulière. Une tranchée perpendiculaire à son tracé a de fait révélé que ses lits médiévaux et modernes se superposaient à plusieurs mètres d’alluvions anciennes. Celles-ci témoignent de l’existence, au Pléistocène, d’un cours d’eau large de plus de 40 m confluant quelques kilomètres au sud-ouest avec le bras mort de la Marne qui traversait alors la Plaine de France.
7La présence, au-dessus des alluvions anciennes, d’alluvions holocènes apportées par les débordements du cours d’eau, mais l’absence sur le tracé de la coupe de tout vestige de lit autre que ceux datables de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne attestent le caractère fortement divaguant du ruisseau jusqu’à sa maîtrise définitive, à l’époque médiévale.
Pour citer cet article
Référence électronique
Claude Héron, « Tremblay-en-France – Chemin de la Pissotte » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 21 novembre 2024, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/170560
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